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Animateur de radio bénévole depuis 7 ans sur Radio Judaïca STRASBOURG de deux émissions de jazz et musiques traditionnelles où je présente les concerts en région, après des études de lettres menées jusqu'à un DEA, je n'ai cependant jamais trouvé d'emploi correspondant à ma culture tant littéraire que musicale et à mes capacités rédactionnelles pourtant polyvalentes car souvent considéré comme sur diplômé et sous expérimenté. Par ce blog, je désirerais échanger avec d'autres dans le même cas nos expériences personnelles de sorte à nous enrichir mutuellement d'idées auxquelles nous n'aurions pas pensé nous-mêmes.

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MUSIQUES TRADITIONNELLES

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mardi, janvier 31 2012

NOËMI WAYSFELD & BLIK: KALYMA: ALBUM ET CONCERT A L'EUROPEEN

L’album « Kalyma » de Noëmi Waysfeld & Blik sort aujourd’hui Sonia Wieder Atherton* (violoncelle) et *David Krakauer * (le plus grand clarinettiste klezmer, et celui qui a modernisé le klezmer façon Rock, Funk, Electro) le 30 janvier 2012!

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Dès Shimrele Perele, la voix de Noëmi Wayseld qui n'a que 25 ans est extraordinaire de force et de grain, tzigane sur les mêmes notes/mots (un peu comme Etta James dans « Feeeling Uneasy » dans un autre genre Blues Soul) soutenue par une guitare indianisante et l’accordéon, puis ça devient de plus en plus klezmer avec David Krakauer quand les ces paroles en yiddish commencent, sans perdre de sa force. ça repart, se libère en free klezmatics sur la clarinette, instrumentalement libéré, presque Sclavisien sur l’accordéon, la guitare!

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Plus lent, le titre éponyme Kalyma est basé sur une guitare plus manouche ou balalaïka russe comme « Le Vieux Tzigane » , et est d’ailleurs, si je ne me trompe, en russe pour des chansons Sibériennes) (elle est d'origine russe polonaise mais la langue ne lui fut pas transmise à l'origine, elle dut la réapprendre) où la voix est plus mélancolique me fait penser à « Toumbalaïka », avant que l’accordéon ne s’envole quelque peu sur le tempo, suivi de la voix dans le final..

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Enfin, « Le Costume Neuf » est à nouveau plus gai, mais à nouveau très libre dans les improvisations qui n’hésitent pas à accélérer sur l’accordéon pour ralentir ensuite puis repartir sur la guitare.

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Le groupe Blik ajoute à la voix extraordinaire de Noëmi Waysfeld un klezmer empruntant sa liberté au Jazz et aux musiques Tziganes, en quelque sorte ! Si le Jazz, ou la musique Tzigane sont SOIT GAIS, SOIT TRISTES, seul le klezmer est à la fois, ou successivement Gai puis triste ou l’inverse dans LA MEME CHANSON, assumant à la fois le côté festif et tragique de l’existence, ce que je trouve magnifique, car permettant des surprises dans les climats, et plus proches des sentiments librement fluctuants de l’humain entre rire et larmes, tendresse et rage, acceptation et révolte!

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Noëmi Waysfeld & Blik seront le 5 & 6 février à l’Européen pour la sortie de leur disque.

Jean Daniel BURKHARDT

DERNIERE MINUTE:

Ce soir Mardi 30 janvier, la slammeuse U-bic sera en concert à la Médiathèque du Centre Ville Rue Kuhn à Strasbourg. GRATUIT! Électron libre ayant tendance à vouloir être dans plusieurs dimensions en même temps, cette petite chose n’attaque que la nuit, munie d’un stylo Bic plastique. Après avoir écumé les scènes et tournois de slam de France et d’Europe francophone, puis monté le spectacle « Mange et tais- toi » avec le groupe Planète U-Bic, elle se lance dans un nouveau projet donnant autant d’importance au texte qu’à la musique, avec la volonté de se démarquer d’un spoken word « grand public » lorgnant du côté de l’œuvre d’un Saul Williams.

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Pour offrir le meilleur écrin à ses textes à la fois incisifs et tendres, entre surréalisme et performance linguistique, poésie engagée et élucubrations sonores, elle s’entoure d’un gang de musiciens reconnus de la scène strasbourgeoise. Le groupe voit le jour en Juin 2010 et travaille durant les mois suivants textes et compositions. Ces quatre fantastiques opèrent alors une parfaite alchimie entre texte et musique, dans un univers sonore où se croisent trip-hop et dub lourd, envolées jazzy et rock seventies, valse éthylique et riffs de guitare funk/fusion, le tout formant un ensemble diversifié, homogène et contrasté. Une résidence de 10 jours au Point d’Eau d’Ostwald (67) permet à U-Bic de parfaire ses morceaux sur scène, de travailler sa mise en son ainsi qu’une création lumières. Tous les éléments sont réunis pour offrir un set de grande qualité, énergique, déluré, original et intense.

mercredi, août 10 2011

WANG LI & YOM EN CONCERT A L’ESPACE CULTUREL DJANGO REINHARDT

Wang Li est né à Shandong en 1980 de parents Communistes fervents a grandi chez ses grands-parents dans un complexe résidentiel de l’Armée Populaire jusqu’à 7 ans, une enfance qui l’inspire tant par les joies des jeux des autres enfants, que par ses propres terreurs en voyant bouger les feuilles sous le vent et croyant y voir des armées de fantômes, sans aucune éducation musicale.

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Le joueur de guimbardes Chinois Wang Li joue « sans effet aucun » précise le directeur de la salle de concert, précision qui n’est pas inutile tant la musique poussée presque jusqu’aux limites de l’électronique est impensable produite par les seuls moyens acoustiques et rudimentaires de guimbardes comme des poissons d'argent aux écailles aiguisées entre ses doigts de "CHINE Guimbarde", son premier disque et de flûtes.

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Wang Li commence par quelques pièces courtes à la guimbarde à bouche, en forme de fer à cheval, la plus commune en Europe, puis passe à la flûte à calebasse dont il joue sur « Rêves De Sang », son second album, sur quelques pièces, et dans l'émission Jean-François Zygel "La Boîte a Musique".

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Il continue avec « La Plus belle Des Yi », une des minorités Chinoise, rencontrée dans un village où il cherchait de l’eau lors d’un périple. Sa vie en Chine ne devait donc pas être aussi recluse et immobile que le livret de son premier album le laissait entendre, réduite à un complexe communiste et à la compagnie de ses seuls grands-parents. Peut-être a-t-il un peu vagabondé, voyagé sur la fin. La tige de métal de la guimbarde tremble dans sa bouche, cavité dont on ne sait comment il parvient à changer les sons, la résonances de passionnantes modulations, proche de l’idée fantasmée qu’on pourrait se faire de la Chine puis de façon plus personnelle, passant d’un tempo très lent à un galop rapide avec le naturel changeant du vent sur les steppes.

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Il continue avec le monde aquatique et minimaliste de la vie sous-marines illustrée de gravures naturaliste digne d’un entomologiste à l’ancienne du second album. Il utilise comme en plongée, en apnée, une étrange guimbarde à coulisse et sa voix peut-être dans la cavité buccale, modulée avec le souffle du trou d’eau au tourbillon, au cri étouffé.

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Wang Li est un de ces artistes énigmatiques dont les disques, sibyllins, interrogent les arcanes du faire et de la manière, mais à le voir face à soi opérer, le mystère s’éclaircit uniquement sur le plan technique, finalement assez accessoire, au sens propre du terme, de l’INSTRUMENT utilisé, plusieurs types de guimbardes aux formes étranges et insoupçonnées, inconnues sous nos latitudes, mais le JEU en lui-même, qu’on pourrait qualifier d’INTERIEUR à la bouche physiquement, à l’être intérieur au terme ou à cet état de son évolution spirituellement, à l’esprit pour l’originalité de cet univers si personnel qui semble ne rien devoir à aucune tradition du monde, mais tout à ce seul imaginaire inouï, garde son insondable mystère, sa magie. Ce n’en est que plus fort quand l’Art garde ses secrets.

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A la flûte à calebasse, on retrouve peut-être ce jeu tremblé des khènes, ces orgues à bouche du Laos, sur un instrument d’aspect techniquement très différent, comme vermoulu par le temps et un séjour aquatique prolongé, comme une épave retrouvée, une amphore pour la forme, mais avec ce naturel toujours où l’instrumentiste ne semble être que le TRUCHEMENT de forces de la nature qui le dépassent, ou qu’il recrée, dont il serait le jouet autant qu’il les joue lui-même. Un khène oiseleur, qui soudain prendrait son envol avec les sonneurs des cornemuses Bretonnes ou Ecossaises....

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi, avril 6 2011

ARAT KILO : A NIGHT IN ABYSSINIA

Dans “Jazzology”, ce soir 7 avril à 21 h vous pourrez entendre de larges extraits de "A Night In Abyssinia », deuxième album du groupe Ethio Jazz Français ARAT KILO sorti il y a quelques jours sur le label Only Music, avec le concours de Socalled, Rokia Traoré et Mulatu Astatké en guests et présenté hier soir par un Concert au New Morning avec David Neeman et Rocé en guest!

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Le groupe Arat Kilo est composé de Camille Floriot (trompette, bugle, flûte , trombone à pistons et percussions), Michaël Havard (saxophones baryton, alto droit et sopranino, flûte traversière, percussions), Fabien Girard (guitare électrique, balafon, percussions), Samuel Hirsh (basse électrique, kalimba, percussions) et Arnold Turpin (batterie mélodie, percussions).

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Ces musiciens Parisiens se sont découverts en 2008 une passion commune pour le répertoire de la collection Ethiopiques réédité par Francis Falsetto (Ethio Jazz, Funk, Groove 1967-1974, pendant les dernières années du règne du Négus Haïlé Sélassié qui lâchait du leste entre deux coups d’état).

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Après un premier disque artisanal en 2008, voilà « A Night In Abyssinia »

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Dès le premier titre, Aykèdashem Lebè, un classique Ethiopique de Tlalhoun Gèssèssé, on retrouve le groove Afro Funky et la guitare saturée d’effets 70ies si caractéristiques de l’original mais se termine avec une basse funky dub.

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Mais Arat Kilo ne se contente pas d’être une copie, fût-elle fidèlement conforme à s'y méprendre comme les bretons Ethiopiques du Badume’s Band, des originaux, sans pour autant non plus s’en éloigner trop comme « Cannibales Et Vahinées » ou « Les Tigres Des Platanes ». Ils ont trouvé, comme leur nom l’indique « Arat Kilo » (nom d’un faubourg à 4 kilomètres d’Addis Abeba) la bonne distance, la bonne focale: assez loin pour ne pas se confondre avec les originaux, mais proches de cette tradition dans leurs compositions.

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Ainsi, dans l’intro de Babur part 1, ils ont invité le rappeur juif Canadien Socalled à poser son flow universels sur les dictateurs, la pluie, les tigres et les lions sur leur musique dramatique rappelant Tézèta de Mulatu Astaké, puis ils ont ajouté des influences non Ethiopiques, des Tablas indiennes à leurs guitares hypnotiques.

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Mais on retrouve dans la lenteur des cuivres de Lelit le groove obsessionnel des originaux Ethiopiques comme "Yekermo Sew » de Mulatu Astatké qui vous font vous croire poursuivi dans un taxi à Addis Abeba (dixit un ami de retour d’Ethiopie).

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Autre featuring d’Arat Kilo sur cet album, celui de la chanteuse Malienne Rokia Traoré, qu’on avait jamais entendue dans ce contexte sur « Get A Chew » jeu de mots sur "mâche un bout" de feuille de kat (feuille de cactus hallucinogène ethiopienne) en anglais et le prénom du grand saxophoniste de Free Jazz Ethiopien Guetatchew Mekurya.

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Si l’on retrouve aussi le côté funky « Mulatu » du tempo de la guitare et des cuivres dans « Fit Le Fit », l’originalité vient là aussi de la rythmique de percussions Gnawas Marocaines d’un solo de saxophone plus Balkanique à la Julien Lourau et du final Electro Dub comme un mirage désertique de l’Ethiopie rappelant son « Ene Alantchie Alnoren » de Mulatu Astatké rythmé par les vents du désert.

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Mulatu Astatké n’est pas qu’une référence obligée dans l’album, mais a posé les lames scintillantes de son vibraphone sur « Dewel » (Cloche), le plus Free de ses classiques, où Arat Kilo joue le rôle des Heliocentrics autour de lui, amenant des dissonances free jazz et bouleversant l’original de ralentissements dub autour de lui, lors de l’émission Musiques Du Mondes au studio 136 de Radio France Internationale le 2 avril 2010.

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On retrouve ensuite le bon groove funky dans « Addis Polis, les bons riffs de cuivres à la « Yekatit » avec là encore une fin modernisée par une rythmique drum’n’bass.

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Dans Enje Konjo, après une intro tintinnabulante à la flûte Indienne sur un mélodica rappelant les harmonium portatifs du Pakistan, le balafon étale ses lames clapotante autour d’une guitare psyché tremblotante comme le mirage d’un oasis sur la bonne basse groove avec une mise en place des cuivres à l’unisson jusqu’à un final dub, comme si le mirage Ethiopique était tenu à distance ou vu à travers ses vapeurs de percussions Kapaci Suling d'Indonésie.

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Celui que les Rastas Jamaïcains adorent sous le nom de Jah Rastafari n’est autre qu’Haillé Sélassié, Négus Empereur d’Ethiopie répondant à la prophétie de Marcus Garvey, après l’échec de sa tentative d’un retour des afro-américains en afrique au Liberia, d’un Roi Noir devant lequel s’inclineraient les rois blancs de l’Occident, et qui donna la région de Sahashamani aux rastas jamaïcains. Cela valait bien une version Reggae Fanfare Dub d’un classique Ethiopien par Arat Kilo, à savoir cet Ewnètègna Feqer deTesfaye Abbèbè/ Negussié Dagné Hirut Bèqèlè, Orchestre de la Police Militaire du Negus.

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Enfin, Arat Kilo joue encore la carte de l’originalité rythmique avec Wanz, un dernier Ethio Blues longue durée aux percussions Balinaise....

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A la semaine prochaine avec pour invité dans Jazzology Tribuman de Jazzomatix, le nouveau trompettiste et chanteur ragga d’Enneri Blaka qui viendra nous parler de ses projets.

Au Mudd Club ce week end:



-jeu 7 avr 2011 / 22h00 MICKA

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-ven 8 avr 2011 / 22h00 Jeff Lieb

Arat_Kilo_Jeff.jpg -sam 9 avr 2011 / 22h00SAN SODA (Bel/We Play House Rec.) JUSQU'A 4 HEURES

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Et les Artefacts ci dessous....

                             Jean Daniel BURKHARDT

mardi, mars 1 2011

MULATU ASTATKE, PERE DE L’ETHIO JAZZ, A LA SALAMANDRE LE 4 MARS !

Mulatu Astatké est un vibraphoniste, pianiste et percussionniste Ethiopien et le père de l’Ethio Jazz. Vous avez peut-être découvert sa musique dans le volume 4 de la Collectrion Ethiopique ou sur le label Strut, ou dans le film « Broken Flowers » de Jim Jarmush, et il sera en concert Vendredi prochain 4 mars à la Salamandre!

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Mulatu Astatké est né dans la ville de Jimma en Ethiopie en 1943, mais à l’âge de 16 ans, il eut l’occasion de partir étudier en Angleterre au Pays De Galles dans une école privée, et y révèla un rare don pour la musique, dont il étudie harmonie et théorie, puis découvre le Londres du Swinging London des années 60s et la culture Caribéenne avec des musiciens trinidadiens, jamaïcains ou africains du Ghana et joue au Club Ronnie Scott.

Il lui en restera un goût pour les musiques latines qu’il exploitera dans ses premiers disques au début de sa carrière aux Etats-Unis. Mais sa passion pour le Jazz amène Mulatu Astatké à gagner la Côte Est des Etats-Unis pour étudier au Berklee College of Music à Boston comme le premier étudiant Africain, puis à New York.

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C’est alors qu’il eut l’idée de l’Ethio Jazz : combinaison de la gamme pentatonique Ethiopienne à cinq tons et les harmonies à 12 notes de l’instrumentation occidentale.

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Son premier groupe est l’Ethiopian Quartet, puis Quintet, avec des latinos portoricains, étant le seul Ethiopien aux Etats-Unis. Pour Gil Schnapper et son label Wiorthy Records, il enregistre deux disques« Afro-Latin Soul Records », faisant chanter aux portoricains un son sur le montuno de son piano en espagnol et amharique (langue d’Ethiopien) sur ce « I Faram Gami I Faram » en 1966.

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A son retour en Ethiopie en 1969, Mulatu Astaké trouve son pays un peu plus libre et pas si loin de la créativité anglo-saxonne. Le Négus Hailé Sélassié a échappé de justesse à un coup d’état et se voit forcé de lâcher du leste, au moins sur la musique, en fermant les yeux sur la création d’Ama Records qui enregistra les chefs d’œuvres réédités par Ethiopiques, dérogeant à la seule musique militaire autorisée. Mulatu Astaké peut donc faire du traditionnel Ethiopien Tezeta (Nostalgie) ce "Yegella Tezeta" (Souvenir Personnel) en 1969 repris par Jim Jarmush dans son film « Broken Flowers » en « Musique Ethiopienne Musique Ethiopienne bonne pour le cœur » d’Andy Murray en 2005..

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Autre titre de Mulkatu Atatké utilisé dans « Broken Flowers », ce « Yekermo Sew» (Un Homme d’Expérience et de Sagesse ») également extrait d’Ethiopian Modern Instrumental Hits », premier disque d’Ethio Jazz en 1969, où saxophones et trompettes remplacent le chant traditionnel. Et le solo de guitare/claviers n’a rien à envier au Rock en fait de distorsion !

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En 1972, Mulatu Astatké sort l’éponyme « Mulatu » dans « Mulatu Of Ethiopia » qui pose son style : wurlitzer électrique, vibraphone, guitare funky sinueuse et hantés par le saxophone et la flûte.

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Hélas, en février 1974, le Négus Haîlé Sélassié est renversé par une junte militaire marxiste. Ce « Yekatit » (Février) est l’acte d’allégeance de Mulatu Astatké à ce nouveau pouvoir, extrait de son disque Yekatit Ethio Jazz au groove irrésistible.

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Grâce au film de Jim Jarmush, Mulatu Astatké est revenu à la mode à plus de soixante ans , et a sorti tout d’abord en 2008un disque avec les Heliocentrics (jeune groupe d’afro beat anglais) dans la collectio Inspiration Information du label Strut. Ecoutons-le tout d’abord au vibraphone dans la reprise de son morceau éponyme « Mulatu », et n’a rien perdu de son groove. Preuve en est ce Chik Chikka toujours avec les Heliocentrics où il joue du wurlitzer, du piano et des percussions avec en fond sonore le krar (luth éthiopien).

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Enfin, en 2010, Mulatu Astatké a sorti « Mulatu Steps Ahead », un album magnifique, à la fois son plus Jazz (la clarinette de « The Way To Nice », sur le rythme du générique d’un James Bond in Ethiopia imaginaire) et son plus Africain, enregistré avec le groupe américain Either Orchestra et quelques Africains (la vièle n’goni et les likembé dans « Green Africa » derrière les cuivres Jazzy), mais où l’on retrouve aussi son groove irrésistible, et même un côté Afro Beat dans « Mulattu’s Mood » qui nous rappelle que Mulatu Astatké travailla avec Duke Ellington dans les années 70s, tout en apportant la touche Africaine avec la kora, et s’essayant même au Blues lent et majestueux dans « Ethio Blues », toujours avec des cuivres et un n’goni et une flûte entourant son vibraphone légendaire... Mulatu reprend aussi ces premiers succès, comme son « I Faram I Garam »de 1969 sur un rythme salsa et avec un chant arabisant plus présent. Quittons-le avec un dernier Boogaloo (la Panthère) extrait de son album « Mulatu Steps Ahead ».

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Mulatu Astatké sera en concert ce soir 4 mars à la Salamandre. Venez Nombreux.

OU DANSER CE WEEK-END? TOUT GRATUIT!!!!!!!!!!!

L'Elastic, , rouvre ce Week-end avec DJ Slimpickens (Dubstep) de 20 à 23 h. GRATUIT!

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Au Mudd Club, 7 rue de l'Arc En Ciel, il y aura aussi cette semaine Micka (DJ Rock Pop Indie) vendredi jusqu' à 1 heure du matin!

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et Jeff Lieb samedi,

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Et à l’Entrepôt il y aura DJ Miss Tricky & Nice Nico Vendredi

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et Da Club House Colmar samedi avec Don lorenzo, Jayffe, Lil ghost et en invité spécial dj Mom's ( FLMK REC ) figure emblématique de la scène house et techno de la ville de Colmar pour la 1er fois à l'Entrepôt!!!!

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi, février 4 2011

LURA EN CONCERT A LA SALLE DU CERCLE... ET OU SORTIR CE WEEK-END

Jeudi dernier, la chanteuse Capverdienne Lura était en concert à La Salle Du Cercle de Bischheim. Lura est née à Lisbonne de parents capverdiens. A l'adolescence, elle entame des études en section sportive mais se tourne ensuite vers la danse et devient choriste pour le chanteur de zouk Juka. Après ses duos avec Tito Paris, Paulino Vieira et Bonga, Lura signe sous le label Lusafrica. Ses premiers albums encore très zouk, Nha Vida et In Love en 2002, gagnent un succès d'estime, mais la chanteuse trouve son style dans le suivant Di Korpu ku Alma en 2004, puis le plébiscité M'Bem di Fora (Je viens de loin), enfin trois ans plus tard en 2009 arrive Eclipse, dernier album en date, qui devrait étendre la popularité de Lura hors des cercles world grâce à une production plus moderne.

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Lura revendique sa musique des «110 îles du Cap Vert ». Si elle est émouvante sur les ballades chaloupées et dans les vocalises en chœur dont elle émaille ses refrains, c’est surtout les tempos plus rapides de la coladeira Cap Verdienne qui font d’elle la grande sœur de la nouvelle génération CapVerdienne de Mayra Andrade et ont sorti cette musique des seules mornas mélancoliques de Cesaria Evora.

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En effet, par son répertoire, on découvre tout un pan méconnu de la musique du Cap Vert, comme dans le titre éponyme de son deuxième album « M’Bem Di Fora » (Je viens de loin), un zouk bien funky du Capverdien Carlos Martins, alias Katchas, de l’île de Santiago, fondateur du groupe Capverdien Bulimundo qui décèdera en 1988 dans un accident de voiture, chanson chantée sur l’album avec Zeca Di Nha Reinalda, l’autre chanteur du groupe qui créera ensuite Finaçon aux chœurs.

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Elle continue d’ailleurs avec «Vazulina », une chanson au tempo rapide un peu zouk d’Orlando Pantèra, compositeur né en Angola et arrivé au Cap Vert à l’indépendance et mort en 2001, et celui qu’elle a le plus repris, « histoire d’immigration » sur un jeune homme, Zoy qui pour plaire aux filles, défrise ses cheveux avec de la vaseline, n’assumant ses origines Africaines, et fait participer le public.

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Elle enchaîne avec « Tabanka », autre chanson de Pantera, qui a bénéficié sur le dernier album « Eclipse » d’un traitement très moderne, et avec« Quebrod Nem Djosa » de Valdemiro Ferreira, où elle est accompagnée de cuivres et scatte sur l’album.

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Ses propres compositions ne furent pas en reste avec « Oh Naïa » bien chaloupée.

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Bref, c’est sur scène qu’il faut voir Lura danser la taille ceinte d’un foulard, rugir telle une lionne devant un feu de brousse ou de plage et finir en diva aux pieds nus telle Césaria Evora sous les "Hourrah Lura" du public Capverdien et alsacien conquis.

Jean Daniel BURKHARDT

OU SORTIR CE WEEK-END A STRASBOURG?

Le pianiste de Jazz Grégory Ott se produit ce soir en trio à l'Artichaut, Grand Rue, et c'est GRATUIT!

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A Pôle Sud, également ce soir, vous pourrez assister au spectacle de Danse "Sho-Bo-Gen-Zo" kôans chorégraphiques pour deux danseurs du CCN d'Orléans Josef Nadj et Cécile Loyer d'après l'oeuvre du maître Japonais Dôgen qui introduisit au XVIIIème siècle l'école soto du bouddhisme Zen au Japon, sur la musique Live de la violoncelliste Joelle Léandre et du saxophoniste Akosh S!

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Plus tard, au Mudd Club, venez danser sur la musique des DJ Nu Forms et P'Jayz de 22h00 à 1 heure du matin, et Samedi Dj P(turntableast/lyon)

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Enfin Samedi, la Salamandre réouverte Rue Paul Janet accueillera pour une soirée "Burnin'" le Baile Funk de Kassiano:

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Fondateur du label NOSSA, le Brésilien KASSIANO est un savant, un mélangeur de sonorités et surtout la tête de proue du « baile funk », mouvement musical éclectique initié sur ses terres. Son groundbreaking mix intitulé "I Love Baile Funk" sorti sur NOSSA en 2005 est d'ailleurs considéré comme la première apparition à l'échelle internationale de ce courant typiquement brésilien. Le succès est fulgurant et les gigs se multiplient à l'image des fameuses "Favela Clash Parties". A New York, ces soirées font un tabac et la critique est dithyrambique.

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Des magazines tels que BPM ou Fader ont consacré de nombreux articles aux productions, remixes et re-edits du Brésilien. En 2010, KASSIANO produit le track "Machuka" pour l’album « Crunk rock »de Lil Jon. Une collaboration pour le prochain album de Pitbull, un projet intitulé Tropikill bientôt disponible sur Nossa... Pour sa première date dans l’Est de la France, il répond présent à l’appel de l’équipe Souldancer et se produira à la salamandre devant vos yeux ébahis.

Jean Daniel BURKHARDT

lundi, décembre 13 2010

AKEÏKOI : SENOUFO (SECOND ALBUM)

Huit ans après le premier album d’ Akeïkoi From Connexion « Binkafo » sorti en 2002 (chroniqué en Commentaire ci-après), la coalition généreuse assumée Afro-Rock de musiciens Africains menés par Lassina Coulibaly d’Akeïkoi, des frères Livenais aux guitare, voix, basse et claviers, punks français de Caline Georgette de leur sœur Cécile et du percussionniste de Tam Tam remettent le couvert avec un second album, « Senoufo », sorti le 5 mars 2010.

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Ça commence très fort des deux côtés avec « Soumalé » : sur le groove des guitares Afro-Rock occidentales, on retrouve le frottement du n’goni africain, les cymbales en qarqabou gnawas, la flûte soufflée/ criée à la Cheick Tidiane Seck, les voix d’Afrique mieux harmonisées encore que dans le premier disque avec les françaises (auxquelles s’est ajoutée Evelyne Mambo) et les claviers vintage pour lier la sauce gumbo dans le final.

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« Yebin » prend des couleurs de Groove Ethiopique déjà annoncées dans « Mariam » mais en ajoutant des cuivres (Frédéric Renard : Sax, Laurent Lair : Trombone et Pierre-Marie Humeau : Trompette), absents du premier album, qui rajoutent leur pêche et leurs fonds sonores et une bonne guitare 70ies, et le chanteur Africain sonne aussi vraiment Ethiopien.

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« Sorties Des Initiés » fait entendre un chanteur plus âgé, mystique en transe gnawa sur une guitare plus grasse et punk dans ses riffs qui débouchent sur un afro groove Ethiopique prolongées de résonances de claviers électros inquiétants. Les initiés sont dans les deux camps : chez les punks qui ont adouci leur rage d’un côté plus Jazz Rock Vintage et appris les rythmes Africains, et chez les Africains qui ont appris à jouer cette musique plus Jazz Rock que la leur.

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Un coq chante et le jour de « Gopolo » s’éveille sur la flûte ethnique et les claviers tremblants de chaleur, puis la voix Africaine s’élève sur une guitare Rock Touarègue à la Tinariwen ou Toumast, qui a ajouté un groove plus moderne au Blues Rock des pionniers du genre. La batterie reste Rock quand elle entre en jeu sur les claviers aux couleurs psychédéliques, créant un mélange inédit, celui du Rock Occidental et des musiques Africaines à égalité parfaite.

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Dans « Técoubé » aussi, après quelques premières secondes très traditionnelles entre voix et percussions, la guitare ajoute son riff Afro Rock aigre et ravageur, puis les claviers conversant avec la voix. La guitare part même dans des riffs Rock/New Wave, suivis de chœurs aux labiales pygmées dans le final. Et que tout cela aille ensemble rend cette généreuse entreprise précieuse et magnifique.

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Dans « Nèquésso », c’est la guitare touarègue qui mène et dirige la transe Africaine des voix sur une mélodie purement africaine, preuve que la fusion entre ces deux cultures n'en fait plus qu’une.

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Dans la courte clameur de transe entourée de youyous « Tiegba », la guitare s’efface devant l’Afrique pour ne devenir qu’un clapotement rythmique de plus parmi les percussions.

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« Pé-poro » retrouve les cuivres et le groove Ethiopique, avec la voix de Jean-Louis Livenais des Calines Georgettes en français, avec un texte magnifique par sa poésie et son engagement contre toutes les « palabres presque à tue tête ». C’est aussi agréable de comprendre et goûter sur ce titre le sens des mots, puis méditer ces sages paroles sur le clavier 70ies Doorsien à la « Riders From The Storm », et se mettre en colère parce qu’il y a lieu sur les cuivres dans le final. Le « poro » est un rite initiatique se déroulant en trois phases de sept ans chacune. Ils ont passé le deuxième stade avec succès.

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« Koloye » est un petit chef d’œuvre d’innocence harmonique et vocale et guitaristique roots, acoustique, puis à peine touarègue avec des échos psychédéliques tout en finesse, apaisement, sensibilité et émotion pure sur une très belle mélodie.

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« Piguéléa » termine l’album sur un petit groove où la guitare 70ies joue entre deux percussions, puis pare en solo sur le clavier reggae soutenu par des castagnettes qarqabou.

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Sur ses flyers, le groupe s’affirme comme « la première fusion afro rock complètement équilibrée et aboutie », et c’est vrai que ce ne sont plus sur ce second disque des punks français qui jouent avec des Africains, mais les deux cultures qui se confondent en un langage commun, beau pied de nez à toutes les identités nationales vers ce que Billy Bragg puis Hasse Poulsen ont appelé «patriotes progressifs », citoyens du monde! Si seulement ce généreux exemple pouvait inspirer les politiques en haut lieu!

Jean Daniel BURKHARDT

samedi, décembre 4 2010

LA CARAVANE PASSE...HIER PAR LE NEUHOF... AUJOURD’HUI PAR LE TELETHON...

Hier soir, La Caravane Passe, combo Electro-Trad menée par le guitariste et chanteur Toma Feterman et le tromboniste Olivier Llugany (trombone, hélicon, percus, électro, deuxième voix), basse, batterie et « Zin Zin Moretto » aux saxophones, qui après le voyage géographico-linguistique « Velkom Plèchti » de Plèchti (village folklorique imaginaire près de Paris) vient de sortir « Ahora In Da Futur » dans l’Espace-Temps, était au Concert au Centre Django Reinhardt du Neuhof, et se produira aujourd’hui pour le Téléthon, avec à Strasbourg des manifestations Place Kléber de 9 à 19 h.

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Ils atterrissent sur scène en provenance de l’Espace Temps au son electro-spatial de « CyberMarkovic » au son de « Ahora In Da Futur » pour « passer du temps ensemble, c'est-à-dire aller du Passé au Présent vers l’Avenir », habillés de costumes de rutilants rastaquouères d’un outer space muticulturel indéfini : double ceinture Desperado/Torero sur chemise tsigane flashy à paillette, chapka de fourrure ou d’astrakan, lunettes de soleil étoilées et soleil d’ailleurs dans l’accent et voix de crooner à la Arthur H ou plus rugueuse entre Tom Waits et Arno, dignes de leur héroïne vestimentaire de Bulèria Sibèrienne Bulèriane « Babakool Babushka ». On sait déjà que ce n’est pas un groupe Traditionnel ordinaire.

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En effet s’ils utilisent des éléments de musiques traditionnelles, c’est avec un traitement très mutant, XXIème siècle, poussant du « Misirlou », rébètiko traditionnel Grec en version Surf de Dick Dale & The Deltones comme dans Pulp Fiction jusqu’à un Ragga electro Balkanique « Bouge Bush» enfiévré à la manière du «Pitbull Terrier » de « Chat Noir Chat Blanc » de Kusturica.

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Ils ne manquent pas d’humour dans les textes, convoquant les «Moustache On The Stage » collage surréaliste d’hommes (Charlie Chaplin, Joseph Staline), femmes (Frida Kahlo) ou œuvres (La Joconde LHOOQ pour Marcel Duchamp en 1919) moustachues ayant marqué l’histoire ne manquant pas de références amusantes citées en seconde voix par Olivier Llugany (Charlie Chaplin (Herr Dictator), Joseph Staline (Matador), Sergent Garcia (De La Véga), Frank Zappa (Zapata) et cætera...).

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Ils appellent tous les exilés, les étrangers victimes du racisme à devenir des « Zin Zin Moretto » nomades et fiers de l’être (comme le saxo en sombrero et manteau de ragondin) sur un air de Western spaghetti à la Sergio Leone et à ne pas perdre leur langue, chanté en arabe par Rachid Taha, culture ou accent, spécificité culturelle.

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Evidemment, il y a dans cette auberge Espagnole de Plèchti à l’ Espéranto Mondial à boire raki , vodka et rakia à l’open bar du « Balkanski Bal » et à manger des sandwiches du « kébab-Uni » anti Mc Dos assaisonnés car « faut qu’ça ‘harrache et tu comprends mieux la musique » « Salade Tomate Oignons », du Flamenco maquillé en « Makilla » en gouape du Tango Argentin, nous appelant sur un Dub Balkanique à un "Cocooning In Da BivouaK Style" et dans ce Plèchti local transporté avec eux au Neuhof avec eux par contamination positive par le sourire et le chant d’un traditionnel Tsigane Russe, toutes les filles deviennent « Sacha Mona » de ce vrai-faux mariage, des « Gypsy Magic Woman » (tiens, ils avaient oublié Carlos Santana dans les grands Moustachus) et les hommes « Like A Sex Toy » entre leurs mains et terminent par une farandole rétro-futuriste sur leur reprise de « One Step Beyond » de Madness devenu « One Kolo Beyond » dans cette musique de transe urbaine collective où toutes les cultures se retrouvent et toutes les langues se lient pour se délier, un peu à l’image du public généreusement bigarré d’âge et de cultures différentes.

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Et finalement, en Bis, ils jouèrent « without electricity » en mode fanfare (Feterman à la trompette, le bassiste à la vent, le batteur au tapan quelques titres dans le public, passant là aussi d’un thème arabisant à un balkanique et même une Romance judéo Hispanique, La Rosa Enflorense ».



Jean Daniel BURKHARDT



DANS VOS SALLES LA SEMAINE PROCHAINE :

Ce soir Samedi 4 décembre, Martin Eble et Sir Jarvis seront à l'Entrepôt pour leur "Bahgwan Disco 3"

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Le trompettiste Electro Oriental Libanais Ibrahim Maalouf (neveu d'Amin Maalouf) sera à la Salle Des Fêtes de Schiltigheim ce Mardi 7 décembre à 20 h 30. Après "Diasporas" en 2007, il a sorti cette année "Diachronism" plus porté sur les voix.

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L’Espace Django Reinhardt du Neuhof célèbre le Centenaire de Django Reinhardt avec ses plus dignes successeurs : -Jeudi 9 Décembre à 20 h 30 : Ringo Hoffmann et le guitariste Jazz manouche Bossa Groove Rotts (Groots) Dino Mehrstein.

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-Vendredi 10 décembre à 20 h 30 : la Loeffler Connection avec Di Mauro Swing et l’accordéoniste Marcel Loeffler, qui vient de dédier un album à Gus Viseur, "Around Gus".

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-Samedi 11 décembre à 20 h 30 : et last but not least le petit-fils de Django (fils de Babik) David Reinhardt et Alberto Weiss.

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Ecoutez-les tous dans mon émission Jazzology du 9 décembre prochain à 21 h sur Radio Judaïca.

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Enfin, Dimanche 12 Décembre Salle Mozart, Rue Des Serruriers, entre 11 et 19 h, Venez fêter la sortie (Entrée Libre) du nouveau CD « BalsiKa » des Papyros’N enregistré avec des musicien de tulsa (Bosnie Herzégovine), à écouter en exclusivité avec une interview de Jean Claude Chojcan dans mon émission « Terres Tribales » le lundi 6 décembre à 11 h sur Radio Judaïca..

jeudi, novembre 18 2010

CHUCHO VALDES & HIS AFROCUBAN MESSENGERS : CHUCHO’S STEPS: ALBUM...ET CONCERT

Chucho_Mayra.bmpChucho Valdès est un des plus grands pianistes de Jazz Afro-Cubains. Né en le 9 octobre 1941, fils de Bebo Valdès, grand pianiste Cubain né le même jour en 1918 et toujours en activité.

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Après ses années de formation au sein du Sabor De Cuba paternel, Chucho Valdès entre dans l’Orchestre Cubain de Musique Moderne créé par Fidel Castro pour exprimer ses idées musicalement, puis fond le plus grand groupe de fusion Jazz-Rock-Funk Fusion Cubain : Irakere, avec Paquito D Rivera au saxophone et Arturo Sandoval à la trompette qui quitteront le groupe lors de sa première tournée en Espagne, et auquel il consacre vingt ans de sa carrière, dont cet « Aguanile Bonko » et « Chekere Son », à l’origine de la passion du World DJ Gilles Peterson pour les musiques Cubaines.

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Depuis les années 90s, Chucho Valdès s’est tourné vers des projets plus acoustiques et proches du Jazz Afro-Cubain avec New Conceptions et Biyumba Palo Congo, et continue avec Chucho’s Steps, son dernier album qui vient de sortir accompagné par une petite formation Latine Hard Bop : les Afro Cuban Messengers au nom hérité des Jazz Messengers d’Art Blakey et des Afro-Cubans de Machito, premier groupe de Latin Jazz.

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Il se détache aussi du Jazz seulement latin en se rapprochant du Jazz au sens plus large par des références à La Nouvelle Orléans de ses origines dans « New Orleans » ( hommage à la famille Marsalis). On y trouve la touche latine que Jelly Roll Morton fut le premier à professer, mais aussi un côté Baby Dodds dans la batterie et une citation de « Softly As A Morning Sunrise » dans la collective. .

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Avec une grande liberté, Chucho Valdès joue aussi avec le répertoire du Jazz et les standards dans ce nouvel album comme dans « Begin To Be Good », où il s’amuse à mélanger deux standards : « Begin The Beguine » de Cole Porter et « Lady Be Good » de Guershwin, et joue de l’histoire des genres Cubains dans « Danzon » , en citant le Cha Cha Cha « Almendra » de l’Orquestra Aragon.

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L’inventeur du Cha Cha Cha était le violoniste Enrique Jorrin (qui avait remarqué que les chaussures des danseurs faisaient ce bruit en glissant), compositeur de « La Engañadora », que son pianiste Ruben Gonzalès engagea pour son dernier disque (qui fut aussi celui de Chappotin) dans ses « Estrellas de Areito » (ainsi nommées en riposte aux « Estrellas De Fania » des exilés Sud-Américains aux Etats-Unis de la Salsa), puis reprit ce titre sur son album « Chanchullo » après le film « Buena Vista Social Club » de Wim Wenders.

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On trouve aussi « Yansa », un Guaguanco dédié à la déesse de la mer Yemaya (qui donnait déjà son nom au titre d'un album d'Irakere) poussé jusqu’au Free Jazz dans la liberté mélodique chanté par les chœurs Afro-Cubains de Dreiser Duruthy Bombalé.

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Le titre éponyme « Chucho’s Steps » est aussi une référence assumée de Chucho Valdès au « Giant Steps » de John Coltrane sans en être servile, car se l'appropriant en citant son propre « Mambo Influenciado » enregistré avec les Tumbao All Stars en 1997.

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Dans « Zawinul’s Mambo », dédié au grand pianiste et claviériste Jazz Rock de Weather Report Joe Zawinul, Chucho Valdès introduit son thème fétiche « Birdland », latinisé, introduit par une petite phrase des cuivres empruntée au final de la version d’ »All The Things You Are » de Dizzy Gillespie et Charlie Parker, altiste Bop en l’hommage duquel avait été créé ce club de son vivant, ce qui va finalement de soi, puis retrouve « Birdland » retrouve la basse de Jaco Pastorius.

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Enfin, dans « Las Dos Caras » (Both Sides » (les deux côtés), Chucho Valdès réunit les rythmes afro latins Cubains et Brésiliens : les deux musiques reines des Caraïbes qui ne se sont que rarement mêlées.

Vous pourrez entendre ces titres de l’album dans mon émission « Jazzology » demain soir 18 novembre à 21 h-22 h sur Radio Judaïca Strasbourg et voir Chucho Valdès & ses Afro-Cuban Messengers demain soir 19 novembre à 20 h 30 à la Salle Des Fêtes de Schiltigheim avec Dreiser Duruthy Bombalé et sa sœur Mayra Caridad Valdès, ancienne chanteuse d’Irakere et doyenne des découvertes du « Havana Cultura » de Gilles Peterson!

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi, septembre 29 2010

SELIM SESLER et MORY KANTE inaugurent l’Epace Django Reinhardt du Neuhof

Samedi 11 septembre s’inaugurait le nouvel Espace Culturel Django Reinhardt voué aux concerts et à l’apprentissage des musiques traditionnelles par des concerts gratuits.

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Après les locaux Grand Ensemble de La Méditerranée et Mandino Reinhardt, on pouvait entendre en soirée le clarinettiste Turc né en Thrace Selim Sesler, appelé par un journaliste du Guardian « le Coltrane de la clarinette Turc » et qui a déjà participé au film « Crossing The Bridge » de Fatih Hakin sur la nouvelle scène Turque et invitait ici Fabien Guyot (percussionniste du Grand Ensemble de La Méditerranée) à ce joindre à son groupe (violon, qanun, darbouka).

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Quel est le rapport de ce clarinettiste Turc avec le saxophoniste de Jazz John Coltrane ? Aucun culturellement, mais on pourrait en trouver dans la voracité du jeu, les longues phrases sans reprendre son souffle, la transe sur tempo rapide provoquée sur le public.

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Le Jazz est une culture afro-américaine dont Coltrane était le représentant le plus mystique de l’accomplissement libertaire du Free Jazz, la musique Turque une autre tradition, où Selim Sesler, né en Thrace, s’est fait le spécialiste autant des musiques classiques turques « Fasil » (qui ne le sont pas tant que cela) que du rébètiko grec d’Izmir et des danses montagnardes Anatoliennes et même des musiques tsiganes des Balkans ou les csardas Roumaines, bref de toutes celles de l’empire Ottoman au sens le plus large au faîte de sa gloire, avec pourrait-on dire la même liberté de jeu, la même ferveur, le même souffle épique, faisant de Sesler LE clarinettiste Turc emblématique comme Coltrane est LE saxophoniste de Free mystique pour ses adeptes, ou peut-être simplement ceux dont la ferveur et la passion de jouer ont pu porter le Jazz ou la Musique Turque à une effervescence émotionnelle, universelle y attirer un nouveau public, car tous deux capables de virtuosité sur les tempos rapides et d’émotion à fendre l’âme sur les tempos plus lents.

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D’ailleurs la partie Turque du public danse à son répertoire en rond en se tenant le petit doigt comme à un «Anatolian Wedding» (« Mariage Anatolien », mais aussi parfois des rythmes de différentes régions de la Turquie) qui donne son nom à son album. Pour le reste des personnes assises sur le sol, la petite salle de concert (150 places assises quand on y met les chaises) prend l’ambiance intime et la chaleur boisée avec ces murs de bois clair d’un salon de musique oriental.

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En Bis, son joueur de darbouka fit entendre une belle voix de basse dans les graves sur une chanson Turque, et Selim Sesler ouvrit encore son répertoire Oriental en improvisant en final sur le thème hébreu « Hava Naguila » écrit pour célébrer la victoire anglaise en Palestine en 1918.

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Après une pause et avoir pris connaissance de la programmation de cette première saison, la soirée se poursuivait avec le griot Guinéen Mory Kanté qui électrifia la kora et les dancefloors du monde avec son célèbre « Yéké Yéké », d’abord sur son disque « Mory Kanté à Paris » en 1984, repris ensuite dans son album Akwaba Beach, puis sur les scènes du monde entier dans le monde entier jusque dans son album acoustique Sabou en 2008 et en bis de ce concert.

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Son percussionniste transporta le public dans l’univers des initiations de griot et des mariages, et le public Africain, même très jeune, du Neuhof monta sur la scène, dansant à la mode africaine ou plus urbaine du Hip Hop, ajoutant la joie et l'authenticité de la participation locale à cette fête d’inauguration.

Jean Daniel BURKHARDT

lundi, août 9 2010

BLICK BASSY : LEMAN, UN PREMIER ALBUM PROMETTEUR

Le Camerounais Blick Bassy, arrivé en France en 2005, a déjà à son actif des featurings impressionnants : Manu di Bango, auteur du célèbre « Soul Makossa », Cheick Tidiane Seck, grand griot du groove afro mandingue de l’album avec Hank Jones « Sarala » et toujours en activité, Keziah jones dont on a pu apprécier les débuts Blu Funk, Etienne Mbappé, bassiste de Michel Jonasz, Lokua Kanza qui vit maintenant au Brésil. Finaliste des Découvertes RFI 2007, il a sorti en 2009 son album Léman.en 2009 dont on peut entendre quatre chansons prometteuses sur son myspace:

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« Nial » commence par un tempo néo bossa nova à la Marcio Faraco à la guitare arrosée de kora sur laquelle Blick Bassy pose sa voix haut perchée à l’innocence harmonique magnifique alternant africain, portugais et quelques mots en français émouvante puis de plus en plus forte entourée de chœurs originaux.

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« Niela » est plus dans le genre groove mandingue léger pratiqué par Cheick Tidiane Seck, avec sa guitare funky entre coupée d’une solide kora soutenant la voix poussée jusqu’au cris avant les chœurs sur un clavier discret qui termine en écho électro.

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« Masse » commence sur deux accords de flamenco ou de Son cubain, puis s’envole avec la voix entre africain et trois mots de français vers un unisson guitare voix sur un clavier obsédant soutenant les cordes funkys et traditionnelles à la fois et termine en talk-over sur les derniers accords.

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« Maria », décrivant une fille, commence aussi par des arpèges de kora rappelant ceux de Cheick Tidiane Seck, puis part en mode Reggae funky avec les chœurs sur les cordes acoustiques doublées d’autres électriques dans les échos de slide en fond sonore. Quand elle s’énerve ou se prend de passion, sa voix fait penser aux rages de Féla Kuti dans son intensité.

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On sait déjà qu’on a affaire à un compositeur original et bon arrangeur aux influences pas seulement Africaines avec le début de cet album rappelant d’autres réussites récentes en musique Africaine mais à l’émotion universelle comme par exemple Daby Touré, qui font du bien en faisant danser les pieds, consolant le cœur, tout en faisant s’envoler l’âme et l’esprit jusqu’aux étoiles.

Jean Daniel BURKHARDT

lundi, juin 14 2010

Le groupe Coréen SOREA au Maillon d’Hautepierre pour le festival Champs Libres

Le jeudi 10 juin se produisait au Maillon Wacken pour le festival Champs Libres dédié aux Musiques Contemporaines et actuelles avec cette année un focus sur la Corée le groupe de Rock/Pop/Funk féminin Soréa (abréviation de Sound Of Koréa).

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Ces quatre filles jouent des instruments traditionnels Coréens amplifiés : flûte, haegeum (violon à deux cordes frottées sur un archet pris, et c’est là l’originalité, ENTRE les deux cordes) par Eun-sung, Changgo (tambour coréen en forme de sablier) et deux cithares Daegum et Gaegum proche du Kayageum, l’une à cordes jouée avec les doigts et les mains en rythmique, l’autre à fils plus fins à l’aide d’un plectre, la chanteuse Jini et un peu de musique samplée jouée off.

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Les musiciennes arrivent et c’est déjà un festival de couleurs et de costumes : étoffe comme une aile plissée en corolle sur l’épaule verte émeraude pour la violoniste, robe blanche pour la chanteuse, haut blanc et short argent pour la cithariste et percussionniste, robe grise pour la flûtiste, et verte pour la seconde cithariste, comme des libellules fées fraîchement atterries d’un manga de Science-fiction, impression que confirme le micro/casque de la chanteuse, tenant au sol par des chaussures variées et élégantes, sandales étoilées, spartiates montantes ballerines, ou à nœuds offrant un dépaysement garanti.

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Le concert commence comme leur album Monsterious Story par le halètement et la sirène de l’instrumental In Panic et des claviers inquiétants Trip Hop et percussions broken beat off sur lesquels se greffe la grande flûte traversière de bambou avec un effet rappelant un peu la modernisation des musiques traditionnelles de Peter Gabriel pour le label Real World. Ce titre montre les qualités dramatiques et la modernité de leur démarche, qui pourraient être exploitées au Cinéma.

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«It’s time to carry aboard » dit la chanteuse invitant à la danse (“Move your feet/ Make your head flow in the air”). Elles ont prouvé être aussi un bon groupe funk. Elles improvisent vraiment sur la bande off, le solo de cithare sur le scratch, puis le violon haegeum (dont sortent des sons originaux et inouïs en toutes circonstances) puis la flûte. Il leur arrive d’ailleurs de se produire avec des B Boys danseurs de Hip Hop.

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Our Passage continue In Panic sur un beat electro, mais avec une utilisation plus traditionnelle asiatique, japonisante du violon et de la cithare rappelant un peu certaines musiques d’Eric Serra pour Luc Besson et un contre chant constant de la flûte.

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Une partie de leur répertoire chanté est plus sentimentale comme Eternal Love (), duo presque sirupeux sur le disque de Gon & Jini rappelant un peu l’Eurovision, sur une mélodie Japonisante, où le violon se fait chinois, mais prend toute sa valeur en live, où la chanteuse ménage une progression de l’intensité invisible au disque.

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Après Unknown Conflict, plus inquiétant avec des samples voix Hip Hop dans une langue indéfinie, un autre instrumental folk rock Moyenâgeux, une chanson traditionnelle Coréenne, et avant le bis, elles furent applaudies si longtemps qu’elles manquèrent de rater le départ de l’instru off, ce qui est un accident d’une spontanéité touchante...

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Le Festival Champs Libres se poursuit cette semaine avec jeudi 17 juin et vendredi 18 juin l'ensemble TIMF et l'ensemble Contemporain Linea à 20 h 30 et un concert de musiques traditionnelle portrait de Nam Kuk-KIm, et se terminera samedi 19 juin avec l'ensemble de percussions fracassantes qui mettent en transe les villages Coréens Samulnori de Kim Duk Soo et un Seoul Clubbing final des DJ Flamenco et Unjin à l'Ecole d'Architecture.

Jean Daniel BURKHARDT

lundi, mai 31 2010

ETHIOSONICS : Réunion Ethiopienne pour la fin de saison de La Salle Du Cercle

Vendredi soir 27 mai, la Salle du Cercle de Bischheim invitait pour sa clôture de saison, du très rare sous nous latitudes : accompagnés par les brethiopiques du Badume’s Band, deux stars de la musiques Ethiopienne des années 60s/70s : le crooner Mahmoud Ahmed et l’Elvis, le James Brown Ethiopien, Alèmayehu Eshèté, réédités par le label Ethiopiques!

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Après un jus de bissap (hibiscus), baobab ou gingembre (qui arrache le plus des trois), arrive le Badume’s Band et son chanteur Eric Menneteau, qui, quoique Bretons, sont l’un des meilleurs groupes Ethiopiques, et ont d’ailleurs eu l’aval de Francis Falcetto (éditeur du label Ethiopiques qui réédite les disques des années 60s/70s de Jazz, Funk, Rock , Groove, Trad Ethiopiens) et remportèrent un concours à Addis Abèba (). Cet âge d’or de la musique Ethiopienne se déroula entre 1968 et 1978, fin de règne du Négus Hailé Sélassié, avant la dictature stalinienne de la junte militaire.

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Certes le son est un peu plus froid et Rock, mais on ne pourrait rêver meilleur backing band, et en fermant les yeux, on s’y croirait, même vocalement. Francis Falcetto a eu à propos de ces petits groupes d’Ethiopiques Européens une jolie formule : ils sonnent comme « ce qu’aurait pu devenir la musique Ethiopienne haute époque, si elle n’avait pas été flinguée par la dictature ».

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Une chanson et un instru plus tard débarque le premier des invités Ethiopiens : Alèmayehu Eshèté, qui n’a pas volé son titre d'Elvis, de James Brown Ethiopien. Natif de la région rurale du Godjam en 1941 et d’un milieu modeste, son père le traquait dans les mauvais lieux où il suivait l’Orchestre de La Police (seuls cuivres et seuls musiciens autorisés avec l’Armée, la Garde Impériale), et pour se faire pardonner, il multiplia les ballades sur la piété filiale, mais son attitude restait Rock dès 1969, puis Funk dans les années 70s. Il a encore aujourd’hui, quarante ans après, un faux air de Little Richard dans son col roulé noir. Certes sur les tempos les plus rapides, il est moins survolté dans sa danse de mariage Weleba et ses mouvements de glotte acrobatiques qu’à l’époque dans Yeweyn Haregitu/Feleqleqe, mais franchement le groove est là, la danse aussi, et ces halètements rythmiques caractéristiques chevauchant entre gunnuck et duschmuck! Le tempérament, un zeste de crânerie 60ies/70ies et quelques baisers au public font le reste!

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Il tombe la veste, alterne ballade et morceau rapide et nous ramène à Addis Abéba avec Addis Abeba Beté (Je suis chez moi à Addis Abèba). Quelques ethiopien(ne)s dansent sur la scène.

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Puis arrive Mahmoud Ahmed, en costume traditionnelle Ethiopien : djellaba blanche, serre- tête vert jaune rouge (le Rastafaris me Jamaïcain vient d’Ethiopie et Jah Rastafari l’empereur Haïlé Selassié lui-même, après une prophétie de Marcus Garvey). Lui est né également en 1941, mais dans le Mercato (marché) d’Addis Abeba. Cireur de chaussures, il fut repéré par les musiciens de la Garde Impériale. S’il était plus un crooner dans les années 60s/70s, Mahmoud Ahmed n’était pas incapable de groove sur deux ou trois titres () et rock, voire de twist, et de cris, quand il imitait le paysan Ethiopien dans « Embwa », et encore aujourd’hui, roulant les rrrr sur la guitare Rock comme un lion rugissant sur « Belomi Benna », haranguant le public de ses Habet Habet!

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Il semble avoir mieux vieilli qu’Alèmayehu Eshèté, porté par la force tranquille et un groove infaillible mais terrien, bien ancré dans le sol, des vieux jazzmen ou bluesmen, ou son répertoire, moins juvénile, s’accorde mieux à la prise de l’âge, comme son éternel Ere Mèla Mèla, premier disque sorti chez nous en 1986, alors que beaucoup réduisaient l’Ethiopie millénaire (la reine de Saba en venait) et majoritairement verdoyante à la famine du Sahel.

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Les deux autres chanteurs revinrent pour le final chanter ensemble, communier encore cette belle communauté musicale transculturelle, et les deux plus âgés ne furent pas les derniers à faire applaudir le plus jeune. Si elle permet ce genre de choses de par le monde, la mondialisation a peut-être, par certains côtés, du bon....

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Autre grand musicien Ethiopien, Mulatu Astatqé, prévu le 10 juin à Contretemps, a dû hélas annuler son concert pour des raisons de santé.

Jean Daniel BURKHARDT

mardi, mai 11 2010

La Chanteuse Hindi Zahra sera demain mercredi 12 mai en concert à la Laiterie

Chanteuse et guitariste berbère Marocaine née Zahra Hindi à Khouribga, la chanteuse et guitariste Hindi Zahra vit en France depuis 15 ans et a fait les festivals Rock en Seine, Womad, Rio Loco et Africa Express et les premières parties d’Amazigh Kateb, Piers Faccini. Son premier album chanté en Anglais/Berbère/ et Français « Handmade » est paru sur le mythique label Jazz Blue Note.

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Inspirée par Oum Khalsoum, Amalia Rodriguès ou Dimi Mint Abba, son album est un mélange fait main beau comme un mirage d'émotions vocales bouleversantes rappelant Madeleine Peyroux dans la fragilité mélodieuse, Kristin Asbjornsen dans la modernité des arrangements de choeurs (avec une nuance plus électro) et Lhasa De Sela dans le Blues lent désertique (tout ce que nous a touché des émotions musicales world en ce début de millénaire), sur des guitares folk à la Souad Massi en plus fragile, touaregs (ses aïeux sont des musiciens touaregs du groupe Oudaden), et des rythmes gnawas appris de ses oncles, parfois du reggae jazzy chanté avec un phrasé à la Anis ou de l'électro léger, qui bifurque sur la fin vers la pop rock anglaise voilée d’electro ou aérienne... Elle sera en concert avec Filiamotsa demain soir 12 mai à la Laiterie....

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi, mai 5 2010

RAUL PAZ à La Salle Des Fêtes de Schiltigheim

Après le Son, le Mambo, la Salsa, la Timba et la folie des papys des Afrocuban Allstars qui tombent comme des mouches vu leur âge, la dernière sensation Cubaine depuis 2000 est le chanteur Raul Paz. Né à Pinar Del Rio en 1969 (d’où peut-être son goût pour la Musica Campersina et l’accordéon vallenato Colombien), il fut découvert lors d'un concert de la Fania dans les années 90s et a enregistré son premier album sur le label RMM de Ralph Mercado, puis, après sa faillite (suite à la mort de Tito Puente et Celia Cruz), a signé avec Naïve, où il a sorti Mulata, (2003) sorte de dub à la Cubaine, mais avec un intéressantDanzon-dub, "Aprietala", Revolucion (2005), plus funky et avec des cuivres, En Casa (2006) où il revisitait le Son, le boléro et le cha cha cha de son enfance, le live En Vivo (2007), enfin, Havanisation, et était vendredi 30avril à la Salle des Fêtes de Schiltigheim en concert.

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Le concert commence avec Mejo, Tengo, trois titres du dernier album. Les cheveux roux et plus long, presque coupe afro, il fait un peu penser à Robert Charlebois à son arrivée en France. Il est accompagné d’un jeune claviériste, d’un bassiste et guitariste noir portant dreadlocks, d’un percussionniste et batteur, d’une section de cuivres composée d’un trombone et d’une trompette et d’une très jolie chanteuse claviériste et percussionniste de charme. Il a une voix puissante et émouvante. Dans les bolèros (, on peut parfois même penser à l’entendre au grand chanteur Beni Moré. Gabriel Garcia Marquez a eu une jolie phrase sur Raul Paz, l’appelant «La Paz De Mi Guerra ».

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On peut dire qu’au long de sa carrière, il a pris le temps pour apprendre, assimiler progressivement les différents genres de la musique Cubaine, même s’il la modernise plus qu’il ne la prend au pied de la lettre, ajoutant des influences venues d’ailleurs comme le Reggae, le Rock, le Funk, le Hip Hop ou le vallenato Colombien. Il a trouvé sa voie vers le Son et le Boléro avec En Casa qu’il composa, dit-il, lors de son retour à Cuba après des études et un début de carrière en France, y trouvant une émotion vocale qu’on ne lui connaissait pas, mais déclare tout de même après cette chanson «Ce qu’on a besoin maintenant à Cuba, c’est d’être libres ».

Je porte un T-shirt Che Guevara (ramené de Cuba), certains au dernier rang agitent un drapeau Cubain à son effigie....Est-il pour lui le symbole de cette liberté ou du Castrisme dont Cuba pourrait se libérer sans perdre les acquis sociaux de la Révolution?

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Les Salseros et Salseras sont en place, au premier rang, mais il est vrai que sa musique ne prête pas vraiment à la danse de couple, même si on a vu tanguer un couple à la manière des danses de salon pendant un boléro. Bon public, ils ne lui tiendront pas rigueur, et lèveront toute la salle dans les travées jusqu’à la fin du concert avec un public plus debout qu’assis., même ceux d’un certain âge.

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Prenant sa guitare, on pense aux troubadours engagés de la Cancion Cubaine comme Pablo Milanès, parfois (trop rarement) à Irakere dans le fender rhodes, sans cette énergie Jazz-Rock, ailleurs, des fusions intéressantes, comme un solo de trompette de Son pur jus sur la rythmique de La Murga De Panama du tromboniste Willie Colon, chantée par Hector Lavoe fit une fusion intéressante, ou une salsa proche du Son sur le rythme dans les descentes de piano bouleversantes sur"Me Recordaras" dans «http://www.youtube.com/watch?v=4v3z...» d’ Adalberto Alvarès.

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Pour ce qui est des modernisations qu'il a amené à la musique Cubaine, on a pu apprécier le décalage dub des cuivres d’El Beso qui ouvrait Mulata, puis il partit en phrasé hip hop, avec plus d’authenticité dans la rythmique Cubaine que le groupe le hip hop Orishas (ou plus de respect pour ces dieux de la santèria Cubaine. Mua Mua Mua fut aussi bien envoyé avec les chœurs en décalage dub.

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Il reprit aussi avec la chanteuse une ballade chantée à l’origine avec la chanteuse française Soha.

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21 h 30...premier bis ou suspense, premier retour. Le piano peut aussi jouer à la Ruben Gonzales dans Clasiqueando con Ruben sur Buena Vista Social Club.

Raul Paz reprend à sa sauce, d’une voix moins aigue et efantine que l’original, Clandestino de Manu Chao, repris en chœur par le public.

22 h 15... second retour pour un Freaky moins funky et à la Jamiroquai Cubain que l’original, sur un rythme Reggae Jamaïcain avec une guitare psychédélique, freak en ce sens-là.

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Mais on a quand même l’impression que ce chanteur Cubain fait tout sauf de la musique Cubaine, et quand on l’aime, ça manque, malgré le Revolucion final (http://www.youtube.com/watch?v=ijwKxqidlTA), si énergique fût-il, braillé en chœur par le public, fût-ce même le poing levé, avec un solo de guitare à la Santana, aurait aussi bien se trouver dans un concert de Rock voire de Métal, n’ayant plus rien de spécifiquement Cubain, plus Sound System que Latin.

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Aussi, dans le bus, je ne puis m’empêcher d’être un peu amer sur le futur que Raul Paz prépare à la Musique Cubaine à l’heure de la mondialisation. Que restera-t-il de cette culture magnifique si les Cubains eux-mêmes la renient, ou ne la défendent pas particulièrement? Après tout, la musique Cubaine n’a pas BESOIN du Reggae ou du Funk pour être excitante. Ou l’inculture du public l’a-t-elle menée là, à cette World Music, sauce gumbo apatride et fourre-tout où sous les épices et le piment tout goût local se perd pour ne plus se retrouver. Yuri Buenaventura au moins se présente comme Colombien, fait de la Salsa, des chansons en français version latinos, mais aussi du Currulao de fanfare, fait connaître cette culture. Le Latin Rock/ Latin Soul de la Fania a été volé aux Cubains (Irakere faisait à l’époque de la Salsa sans le savoir mieux que beaucoup de ses groupes) et par les New-Yorkais à grand renfort de musiciens exilés en profitant du blocus mais restait latine, pour un public latin. Si les jeunes Cubains de l’an 20..10 se mettent à faire du Rap, du Rock et du Reggae, quelque soit le côté fédérateur, consensuel de ces musiques auprès du public le plus jeune ou le moins versé en musique cubaine, cette culture va disparaître avec les derniers papys de l’ Afrocuban Allstars, et ce serait une perte pour la musique mondiale, quitte à paraître réactionnaire. Eux défendaient le Son bec et ongle, et Ry Cooder leur a donné une visibilité pour le marché Américain, puis internationale! Raul Paz prend à tous les râteliers pour obtenir un mélange efficace, mais que REND-IL en échange à ces cultures ? Il leur tond la laine sur le dos et s’en habille, en fait son écheveau de fortune, et après ?

Jean Daniel BURKHARDT

vendredi, mars 19 2010

Le groupe Pop World Iranien ABJEEZ à la Salle De La Bourse

Le groupe Abjeez est un groupe pop world Iranien domicilié à Österund (Suède) Le nom du groupe « ab-gee » signifie sœurs en persan, et c’est ce que sont les deux chanteuses Melody au chant et Safoura Safavi au chant et à la guitare, accompagnées de Johan Moberg (Guitare), Erland Hoffgard (Bass), Robin Cochrane (Batteries) et Paulo Murga (Percussion). Après leur premier album Hameh en 2006, elles ont sorti Perfectly Displaced en 2009, et donnaient hier soir dans le cadre de la Semaine Culturelle Iranienne leur premier concert en France.

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En première partie, on pouvait entendre le groupe Electrad psychédélique Fuglasker (les pingouins qui ont disparu) composé de Iannis Rabotas (basse), Julien Meyer (didgeridoo) et Cédric Fonné (sampler, platines), invitant le saxophoniste de Jazz Arsène, qui nous amena « à quelques encablures de l’Iran » avec Psyclone à la Mukhta avec un côté un peu Erik Truffaz/Ilhan Ersahin, parfois plus ambient world, quelques samples hip hop, une basse funky et même un didgeridoo à coulisse, le tout bien harmonisé et improvisé! Un groupe à suivre.

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Arrivent Abjeez, Safoura chantant et jouant de la guitare et Melody chantant en s’accompagnant de percussions en oeufs, précédées de leurs musiciens et se lancent dans Vaghti Ke, le premier titre de leur second album Perfectly Displaced, un reggae ska énergique et sautillant rythmé par la batterie et les claviers électro du percussionniste, la basse groove et la guitare ska de plus en plus rock qui met déjà les Iraniens et Iraniennes très en forme.

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Ce second album a plus d’ubiquité musicale que le premier, et que la scène indie un peu lassante du film "Les Chats Persans". Enregistré en Espagne, certains titres font penser à du flamenco gitan avec palmas et talons sur le sol, comme l’introduction de la chanson Doostetoon Daarimm dédiée au public Iranien expatrié où qu’il soit.

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On peut d’ailleurs comparer la démarche musicale du groupe à la nouvelle scène Espagnole renouvelant Flamenco et Rumba (Ojos De Brujo, etc...).

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« Parfaitement Déplacé », cet album l’est aussi dans cette ouverture aux musiques non iraniennes : salsa, bossa, reggae, ska, musique celtique, flamenco, country.

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Mais Le meilleur flamenco de cet album est Tu Me Haces Falta (Tu me manques) (Jaayeh toh khaaliyeh), chanson d’amour chantée en Espagnol et doublée en Iranien. Ce second album est aussi plus intime, plus universel, moins revendicatif que le précédent.

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La chanson suivante, « Eddea », fut importante dans la carrière d’Abjeez. Issue du premier album Hameh, ils jouèrent ce reggae rapide aux sons electros avec sirènes à New York, et le clip rapporta un prix à un festival de courts-métrages Tribeqa en 2007.

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Elles poursuivirent avec Immigrants du second album, chanson en anglais, originale entre une intro iranienne, la phrase de l’immigrant « Ils me demandent toujours d’où je suis. Je suis de chez moi ! » fusion Salsa Reggae sur la difficulté de l’exil de son foyer pour l’émigrant iranien, mais aux cuivres orientaux et les percussions orientales. En l’absence de cuivres ici, les riffs sont joués en live par les guitares.

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Introduit par un parodie de salut militaire, Demokrasi () dénonce en reggae roots à la batterie exotique l’invasion Américaine en Irak : on ne peut pas amener la Démocratie par la force des armes, elle appartient au peuple et à son évolution par des élections libres. Elles dénonçaient aussi dans ce disque le mariage arrangé dans le reggae funky Khaastegaari (http://www.youtube.com/watch?v=CCSTfFBFczU&feature=related).

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La pop parodique est aussi représentée dans le premier album et ce concert par Barab Barab aux scats amusants, parodies de R’N’B/Hip Hop sur charango andin.

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Quoique exilées, les deux Iraniennes ont réagi par leurs dernières chansons postées sur le web aux évènements récents en Iran : Biyaa, reggae appelant à la Paix enregistré avec Congoman Crew, demandent où est le vote de ceux qui n’ont pas voté pour Ahmadinejad, et affichent leur soutien à la Révolution Vetrte par un bracelet pour la chanteuse, une rose verte pour la guitariste.

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Elles finirent par un Reggae Electro scandant « Love Is my Power », sur lequel les Iraniens firent une ronde serpentant dans toute la salle. Même si l’on ne comprend pas les paroles en persan, l’énergie d’Abjeez reste communicative et irrésistible, qui tient le public éveillé avec elles dansant sur de la musique Iranienne jusqu’à Minuit.

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Le Festival se poursuit aujourd’hui avec la fête du Nouvel An Iranien (Norouz) et Fête du Feu Zoroastriste au Pavillon Joséphine , demain samedi 20 et dimanche 21 mars.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi, mars 3 2010

KRISTIN ASBJORNSEN, chanteuse de Gospel Norvègienne à la Salle Du Cercle

Vendredi 26 février, la rousse chanteuse de Gospel Norvègienne Kristin se produisait à la Salle Du Cercle de Bischheim avec son groupe.

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Kristin Asbjornsen est née en Norvège, fille de pasteur coutumière des chants choraux, elle se passionne pour les Gospels Afro-Américains qu’elle tient de la chanteuse afro-américaine Ruth Cleese dont elle fut la dernière élève.

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En 1990, elle découvre la musique Africaine de la griote malienne Kandja Kouyaté, et voyage au Mali, où elle mâtine ses Gospels (déjà la forme musicale afro-américaine la plus proche des racines Africaines) d’influences plus ethniques et Africaines, tribales.

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Elle passe à l’école de Jazz de Trondheim, débute sur scène dans les groupes pop Dadafon (pop et balafon) et Kroyt.

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Avec Dadafon, elle a participé à la BO du film Factotum d’après Charles Bukowski.

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Ses versions personnelles de ces Gospels devenus pour elle des mantras constituent le répertoire de son premier album « Wayfaring Stranger , A Spiritual Songbook», double disque d’or en 2006 (50 000 exemplaires vendus).

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Elle a enfin sorti en 2009 « The Night Shines Like The Day », un nouvel album de compositions personnelles accompagnées par des cordes (guitares, violoncelles et ngoni et percussions). Elle a gagné le Babel Med Mondomix en 2009.

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Physiquement, sous sa chevelure rousse et bouclée, le visage de Kristin Asbjornsen a quelque chose de léonin et Nordique à la fois dans ses yeux verts. Elle danse sur scène de manière très Africaine et libre, vêtue d’une robe noire constellée d’éclats de verre, avec des bracelets de clochettes résonnant à ses pieds.

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Son groupe est composé de cordes : tous jouent de la guitare, doublant tour à tour au n’goni (son instrument africain préféré), lapsteel (guitare jouée à plat, assis, sur les genoux en utilisant des slide pour faire des glissandos sur les cordes) ou de la contrebasse et chantent les chœurs gospels avec des arrangements très folk 70ies, sauf le batteur qui tape, en plus de sa batterie, sur des bouts et caisses de bois et divers petits objets, mais trouve parfois une modernité drum’n’bass. Minimalistes mais efficaces.

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D’une voix rappelant par sa ferveur celle de la chanteuse de Blues blanche Janis Joplin dans son Gospel profane Mercedes Benz, la chanteuse alterna Gospels comme Ride up The Chariot, qu’elle présente comme des Travelling Songs : chansons de voyage, de travail, de marche et de fuite vers le Nord de la ligne Mason Dixon pour les esclaves noirs s’identifiant au peuple juif esclave en Egypte, ou espérant le repos éternel après une vie de labeur dans la mort, et ses chansons personnelles issus du dernier album, chants profanes plus sentimentaux et intimes sur ses propres émotions affectives et sentiments sur des arrangements plus modernes, des tempos plutôt lents, mais ceux qui le semblaient un peu trop au disque prenaient en Live une force plus prenante, parfois groovy ou même afro-groove comme « Snowflake ».

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Grâce à elle, les Gospels sont un peu moins orphelins de l’Afrique, et la Norvège n’en est pas si loin...

Jean Daniel BURKHARDT

mardi, février 23 2010

BOYA : Groupe Strasbougeois de Musique Bulgare : Deuxième Album et Concert au Cheval Blanc

Si vous n’êtes pas Bulgare ou spécialiste de la musique bulgare, peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de la gadulka, vielle bulgare en forme de poire proche du rebec médiéval ou de la vielle rebab d’Afrique du Nord, et du kémenché turc et asiatique à trois cordes frottées faisant vibrer d’autres cordes sympathiques (que ne touchent pas l’archet, mais entraînent les autres cordes)...

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Si vous êtes Strasbourgeois, et au courant de la scène locale en Musique Traditionnelle, vous connaissez peut-être cet instrument grâce au groupe Boya, trio formé en 2001, mené par le joueur de gadulka et chanteur bulgare Dimitar Gougov venu à Strasbourg du Nord Est de la Bulgarie pour suivre des études de chef de chœur), avec le percussionniste digital Etienne Gruel (Maliétès) (également membres du Grand Ensemble de la Méditerranée, et de sa version électrique Electrik GEM au sein de l’Assoce Pikante, l’une des plus actives dans la région) et la pianiste d’influence classique Nathalie Tavernier.

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Après un premier album « Devoïko » en 2005 , ils ont sorti « Ispaïtché » l’an passé, avec le chœur de l’Ensemble Plurielles (avec qui on pourra les voir en concert le 14 mars à 17 h au Tanzmatten de Sélestat, avec et des invités (Jean-Christophe Kaufman de Dagobert et La Bande Adhésive à la guitare et Gilles Chabenat à la vielle à roue électro acoustique non conventionnelle, presque Jazz Rock).

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La scène est décorée de masques oniriques en ombres chinoises de vache, personnage à chapeau mou, bouquetin et chouette effraie ajoutent un peu de la vie rurale Bulgare pour faire couleur locale ou illustrer plus encore leur univers onirique. Après deux thèmes vifs en introduction, ils continuent avec Ispaïtché, danse d’hommes lente au caractère ample et majestueux, illustré par un film d’animation de leur ami Renaud Perrin. Sortant de la main sonnante du sort et de son chapeau mou, le personnage y évolue dans les pierres, actionne les ailes, tourne comme un hamster et tombe dans les yeux de toupie atomique roulants d’une chouette effraie, œil de la caméra à pattes, s’enfuit dans une forêt où les pierres ont des yeux en forme de noix et les terriers des arbres des oreilles, y plonge en chute libre dans l’œil cinématographique de la chouette, son ombre dans sa chute est rattrapé par la main... Bel univers onirique, poétique, répondant à la forte intensité dramatique de la musique.

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Nous partons ensuite pour le Sud Ouest de la Bulgarie avec « Mitro Le Mitro », chanson en 7/8 de la région de Pirin, proche de la Macédoine et de la Grèce. Déjà enregistrée par le trio sur Devoïko et connue du public local, elle a été réarrangée pour l’Ensemble Plurielles et Gilles Chabenat de manière plus enlevée par Dimitar Gougov pour Ispaïtché, tout en gardant le rôle central de la gadulka. Les traditions musicales bulgares sont riches des musiques de ses frontières communes avec la Turquie, la Yougoslavie, la Grèce et la Roumanie qui en fait un creuset de musiques entre Orientales, Balkaniques, Tziganes ou Egéennes.

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Introduit par Nathalie Tavernier à la Keith Jarrett, ils poursuivent avec « Vidinsko Horo », air à danser de la ville de Vidin, sur les bords du Danube, au Nord–Ouest de la Bulgarie, proche de la frontière Roumaine. Le piano, plus en avant, a pris plus de place rythmique dans ce second album rappelant un peu le style du pianiste Bojan Z, ayant appris le répertoire au cours des années de scènes et de jeu collectif du groupe qui séparent les deux disques. La gadulka rappelle un peu dans ses aigues celles des violons tziganes.

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Quant au percussionniste Etienne Gruel, il joue du daf iranien et du bendir berbère (grands tambours sur cadre d’Afrique du Nord), usant également de leurs clochettes et d’une cymbale, et du tapan (grosse caisse de fanfare des Balkans) jouée debout et portée en bandoulière. .. Il joue également de la cajon sur laquelle il est assis, derrière ces grands tambours, d’où un effet de surprise confondant obtenu par un effet de battement entre l’intérieur du tambour et cette caisse de bois.

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Enfin, sur un des titres, il joua du zarb, derbouka iranienne, dont il a pu observer les leçons de Pablo Cueco, l’homme qui sortit cet instrument de la musique traditionnelle iranienne pour en faire un instrument de Jazz avec le clarinettiste Denis Colin. Il l’avait en effet invité à Strasbourg à la Citadelle avec Mirtha Pozzi (http://www.myspace.com/duomppc) et en solo pour le Festival Strasbourg Alsace Percussions qu’il organisa avec son ami le percussionniste d'influence Afro-cubaine Jimmy Braun, depuis Toulousain.

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Le titre éponyme du premier album de Boya, « Devoïko » (), histoire d’amour malheureuse, avait déjà inspiré au vidéaste Renaud Perrin un premier film d’animation, également projeté pendant ce titre, où le jeune homme au chapeau mou, parti au-delà des mers, retrouve en rêve sa bien-aimée puis revient au pays.

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Autre titre du premier album, « Aïdé Iano », classique serbe chanté avec de belles harmonies vocales par le trio, bien connu du public, est présenté avec humour par Dimitar Gougov comme l’ « histoire d’un couple dans la misère. Mais en Bulgarie, on se dit: "Puisqu’on a déjà tout perdu, autant faire la fête!".

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Après bien d’autres chansons des deux albums et « Vidinsko » en bis, ils furent applaudis par un public conquis.

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On a pu depuis revoir Dimitar Gougov à L’Artichaut puis au concert Zénith for Haïti avec Boya, mais aussi avec son autre trio, Les Violons Barbares avec le Mongol Enkh Jargal à un autre violon méconnu, la vielle Morin Khoor aux cordes de crinière de cheval et au Chant diphonique, amusant dans ses introductions et remerciements, et reprenant « Purple Haze » de Jimi Hendrix en chant diphonique, et Fabien Guyot, batteur plus urbain, Jazz et Rock habitué des batteries de cuisines et autres fûts... L’album des Violons Barbares devrait sortir en mai.

Jean Daniel BURKHARDT

samedi, janvier 2 2010

CongoppunQ : performance au Cheval Blanc

Après une pause avec Bumcello, le batteur Cyril Atef (Olympic Gramofon, M, Alain Bashung, l’ONB), présentait le 15 décembre CongopunQ au Cheval Blanc, son nouveau projet où il joue de la batterie des percussions, des samplers et claviers et du likembé (piano à pouces africain aussi appelé sanza) trafiqué électroniquement à la manière de Konono N°1 ou le Kasaï All Stars, dont il devient de fait l’un des pionniers en France pour le côté Congo, et qu’il considère comme des punks Africains, en duo avec le danseur et le performeur / décorateur d’intérieur Constantin Leu, alias Dr Kong, alias Oussama Jésus, phénomène barbu de deux mètres de haut né d’une mère Française et d’un père Roumain ayant fui le régime de Ceaucescu ... Ils ont déjà sorti le disqe "Candy Goddess" avec des invités sur Underdog Records, mais c'est sur scène, en duo, qu'il faut les voir.

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Dr Kong fait partie de « Musique post-bourgeoise » qui recherche de nouveaux lieux et de nouvelles formes de relations entre public et artistes visant à ce qu’ils ne fassent plus qu’un dans une sorte de happening. Frank Zappa avait fait des essais dans ce sens à ses débuts en jetant de la nourriture de la scène sur le public, l’invitant à faire l’amour sur scène dans la libération sexuelle des années 60s. Jim Morrison avait assisté à certains de ces happenings et rêvait de cette communion, d’une communion totale avec le public dans un acte collectif, mais le show-business et les Doors ne le lui permirent jamais, alors que lui dès l’album « Strange Days » ne voulait plus être cette idole sexuelle pour les femmes et révolutionnaire pour les hommes, mais changer le monde. Cette déception n’est peut-être pas étrangère à sa fin tragique. CongopunQ pose aussi ces questions, de manière plus légère et moins idéologique. Mais le public est-il prêt à sortir de son rôle passif pour entrer dans le spectacle?

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La couleur est donnée d’emblée par Cyril Atef, en pyjama afro et bonnet gnawa (comme au dernier concert de Bumcello en octobre, en fait) : « Vous êtes assis ? Notre but est de vous faire danser ! ». Il commence, comme nous sommes dans un lieu du Jazz, par une improvisation.

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Constantin Leu/ Dr Kong/Jésus Oussama arrive lentement, religieusement, sur les basses de la « Sanza Music is good for you », hip hop comique prêchant les bénéfices de l’instrument sur la sanza à peine saturée, au son encore très pur, armé d’un rouleau de film plastique, vêtu d’une peau de bête et masqué de rouge et chaussé sabots/babouches remontant en cornes de rhinocéros.

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Atef part en batucada sur la caisse claire et la cymbale que Kong approuve de tout son corps d’une transe immobile et convulsive, puis se cache sous sa peau de bête.

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Dr Kong se dévêt, s’extirpe de sa peau comme un serpent d’une ancienne mue morte, tape dans une percussion puis la remplit d’eau et la verse musicalement. Il intègre l’absurde électroménager ordinaire d’une panoplie d’accessoires détournés, rendus inutiles par l’art, dans sa danse post-moderne ou préhistorique.

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Cyril Atef entonne «New World Disorder », la chanson la plus engagée et actuelle de l’album, où Black Sitichi énonce par des vocaux hip hop les extrémistes de tous poils qui terrorisent nos informations et alimentent la paranoïa, la peur de l’autre, par le « désordre du nouveau monde » et sa paranoïa : chrétiens à nouveau nés, jihadistes islamistes, Zionistes constructeurs de murs, hérétiques sans foi..



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En plus de ses qualités d’improvisateur Cyril Atef, se révèle aussi dans CongopunQ, comme dans Bumcello, un efficace compositeur de chasons format pop accessibles au plus grand nombre.

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Soudain arrive un des spectateurs (habitué des concerts Jazz du Cheval Blanc) qui vient participer avec eux, se mettant une peau de lapin comme barbe postiche, et adoubé par dr Kong, devient le « nain de jardin» du spectacle. Tout cela était bien entendu improvisé.

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Alors que Cyril Atef continue de jouer, Dr Kong nous fait du café sur une petite plaque électrique , annonce « CAFFFFFFE » au micro d’Atef, le verse dans des verres et le distribue aux premiers rangs. La générosité fait partie du spectacle, comme un pied-de-nez à ces temps de crise, une alternative collective à l’égoïsme.

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Plus tard, Dr Kong retrouve son métier de décorateur d’intérieur : il amène des tuyaux de PVC et les assemble en un grand cube, qu’il entoure de plastique noir, tend des cordes à linge dans le public, invité à les fier aux poutres de la salle, puis y étend son linge.

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Cyril Atef rentre dans le cube, n’en laissant sortir que son visage au sourire lumineux et ironique, profondément humain et radieux d’un soleil intérieur de tolérance envers toutes les cultures, et ses bras aux mains jouant « Whirl & Sweat », un thème instrumental de l’album sur son likembé trafiqué/saturé, en tirant des sonorités inouïes qui en font de fait l’un des meilleurs spécialistes en France, dans la lignée de KonooN°1 et des Kasaï All Stars en Afrique. Il y avait un côté camisole de force aussi, peut-être involontaire, quoique CongopunQ et Cyril Atef sont de douces folies plus intéressantes que la raison ou ce qui est accepté comme tel !

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Soudain, revenu à la batterie, il invite le public à rentrer à son tour dans cette cage, cette boîte de nuit prévue à cet effet pour danser sur sa musique de plus en plus électro-transe mais avec des moyens naturels, si l’on excepte le sampleur et les likembés trafiqués, en tous cas joués avec un jeu naturel..

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Sur l’instrumental « Red Car Go », je suis donc rentré dans la cage avec les autres, certaines y enlevant leur pull, mais pas davantage (nous sommes hélas en 2009), et Dr Kong vint nous y visiter, nous offrant sa seule expression de joie souriante (naturelle) du concert (où il avait un regard d’un vide sidéral incarnant l’absurde et l’incompréhension face au monde environnant), avec une idée pour la suite : «après on balance la cage dans le public! ».

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Ce que nous fîmes, comme pour impliquer de force les derniers « assis » de la salle. Il faut dire que CongopunQ a plus l’habitude de se produire dans des lieux de concert et pour un public debout, dansant, hurlant et en transe, et que la sale du Cheval ne sy’y prêtait pas vraiment, ce qui constitua un défi pour le duo : LEVER ce public assis.

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Une seconde vague de spectateurs goûta donc aux charmes de la cage, revenue sur scène, et je trouvai dans le plastique de ses murs des vertus d’élasticité percussives qui furent hélas fatales à certaines de ses arêtes. Je ne crois pas de toute manière que le but de CongopunQ est de garder la cage, sa construction, ou celle d’une tente scénique, d’une yourte industrielle pour les réfugiés de la musique, faisant partie de la prestation de Dr Kong.

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Ceci n’empêchait pas les éléments de la première vague de dériver entre salle, scène et cage dans une joyeux sac, ressac et raz-de-marée désorganisé, ou de retourner dans la cage voir ce que les autres y faisaient.. Ne plus voir qui est le public, qui les artistes était le but de cette déroutante opération appliquant à l’art l’engagement Sartrien (ils auraient dû avoir CongopunQ au Tabou, vous imaginez un peu Juliette Gréco et Boris Vian dans la cage!).

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Sorti de la cage, j’ai été moi-même réquisitionné par Dr Kong alors que je croyais pouvoir regagner ma place sans participer davantage. Dr Kong m’assit donc sur un tabouret à ses côtés, gonfla un coussin d’aluminium, puis le jeta à terre, m’intimant du geste l’idée de l’écraser sous mon pied. A sa mine défaite et déconfite, j’ai d’ailleurs cru avoir mal compris... Puis il se coiffa dudit coussin et alla parader sur scène en St Nicolas galactique...

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La chanson « Invasion Cow-Boys» (Invasion des Cow Boys graisseux !) avec ses strophes rappelant parodiquement les Sisters Of Mercy, que je croyais comprendre comme une critique des hamburgers made in US, fut adaptée à la population locale en nous offrant les bretzels locales (gâteau salé alsacien créé par un pâtissier forcé sous peine de mort de créer un gâteau où l’empereur pourrait voir « se lever trois fois le soleil »), grâce à l’entrelacement tressé de ses branches). C’est peut-être le cholestérol, ces cow-boys graisseux nous guettant après les fêtes ou une parodie des régimes?.

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Dr Kong devint aussi un chien sur « Candy Goddess », qui donne son titre à leur album, hymne funky CongopunQien à une déesse en sucre à la manière de la dernière reine Bumcelliienne « Lychee Queen », attachant d’une chaîne un portrait de berger allemand à son cou et aboyant à sa manière.

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Le concert se termina en bis par « N’importe Quoi», leur plus grand tube «passé sur les radios et les télés » (radio la mienne, télé pourquoi pas, à coup sur le net !), techno parodique aux vocaux exultant les vertus du corps vibrant au refrain hymne à l’absurdité de CongopunQ repris par le public à corps et à cris puis vendirent leur disque entre 10 et 15 €uros à leurs concerts.... Allez voir CongopunQ : ce ne sera jamais deux fois pareil.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi, décembre 9 2009

MUAMMER KETEOGLU en concert , les Papyros’N et Les Tzigognes font l’ Histoire de L’Alsace à Strasbourg Méditerranée

Papyros__N_Ketncoglu_chante.jpgDimanche 22 novembre, le Festival Strasbourg Méditerranée proposait un concert du grand accordéoniste et chanteur aveugle Turc de Rebetiko Muammer Ketencoglu et son ensemble Zeybek. (en Turquie, les Zeybek étaient des bandits d’honneur, aussi appelés Effé réfugiés dans les montagnes d’Anatolie comme Memed Le Mince, héros de Yachar Kemal, dont il reste des danses, qui n’ont rien à voir avec le répertoire de l’orchestre (http://www.youtube.com/watch?v=VO1GfKlk2bo)) à la Cité De La Musique et de la Danse, puis un concert des Papyros’n invitant les Tzigognes de Jean-Claude Chojcan à la Salle Du Cercle de Bischheim.

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Le hasard des affinités musicales et de la programmation festivalière fait que, lorsque j’avais invité Monsieur Jean-Claude Chojcan, directeur musical et fondateur des Papyros’N et des Tzygognes dans mon émission « Terres Tribales » en octobre, il avait choisi en plus des extraits de leurs disques comme choix personnel un extrait de la compilation Sevdalinka Sarajevo Love Songs (parue chez Harmonia Mundi /Piranha) Sini jarko sa istoka sunce de…. Muammer Ketencoglu et son ensemble Zeybek, qui m’était alors inconnus, et alors qui nous ignorions tous deux qu’ils seraient programmés la même après-midi à un bout et à l’autre de la ville, ce qui malheureusement empêcha le second d’assister au concert du premier, étant en répétition !

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En plus de cette coïncidence théorique, quelle ne fut pas ma surprise encore d’entendre Muammer Ketencoglu commencer son concert par un Chant D’Amour Hongrois enregistré par les Papyros ‘N de Jean-Claude Chojcan dans leur formation la plus cosmopolite (Caroline Stenger violon, Ilona Kobalian flûte, le guitariste manouche Engé Helmstetter et son clarinettiste Fabrice Lauer et le contrebassiste de Jazz Gérald Muller, et le futur accordéoniste de Malétès Yves Bèraud) comme entrée en matière de leur premier disque « Eastern Ballades II (le premier étant un duo de guitares avec Pierre Grunert), comme pour confirmer mes théories ou évoquer les Papyros’N malgré l’absence de leur leader! Les musiques et les répertoires voyagent, et parfois se rejoignent miraculeusement dans un au-delà des frontières (titre du second disque des Papyros’N) qui appartient aux musiciens en ce que Joyce appelait une épiphanie, comme un clind’œil inconscient et musical de Ketencoglu à Chojcan.

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Après cette surprise, évidemment le répertoire de Ketencoglu et son ensemble Zeybek est le Rebetiko Grec ou Turc venu des Tavernes d’Izmir, interprété par lui-même comme accordéoniste (avec parfois des traits Tziganes dans le feu de l’improvisation) et chanteur d’une belle voix Turque allongeant les voyelles avec émotion et force, une chanteuse Grecque et une Turque, un darboukiste, un oudiste dans un rôle rythmique et un violoniste, dans une idée de réconciliation festive entre les deux communautés (les Grecs ayant fait partie de l’empire Ottoman Turc) et invita d’ailleurs le public à taper dans les mains et à danser si la place le lui permettait.

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Dans ce répertoire qui m’était inconnu, les chansons d’amour Rebetiko mélancoliques succédaient aux airs de danse de mariages grecs et turcs plus gais et rythmés, parfois dans le même titre, comme si par une mise en abyme d’une chanson intégrée dans le canevas d’une autre, rappelant les longues suites de la musique classique de cour Ottomane héritées des noubas (style musical avant de devenir synonyme de fête) arabo-andalouses censées rythmer la vie du palais et correspondre aux différentes heures de la journée. On retrouve encore ces structures dans les musiques d’Azerbaïdjan des populations Turcophones des anciennes Républiques Soviétiques comme Alem Qasimov.

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A 17 heures, on pouvait entendre les Papyros’n, Jean Claude Chojcan invitant la relève des Tzygognes (élèves de ce guitariste enseignant (), du nom de nos chères Cigognes et des Tziganes des musiques), invités par l’Association Ballade à un projet ambitieux : l’histoire de l’Alsace à travers les musiques évoquant les populations qui y passèrent/résidèrent : le Mur Païen du Mont St Odile nous vient des Celtes, le chou de la choucroute des Huns d’Attila, Gutemberg inventeur Strasbourgeois de l’imprimerie était un juif espagnol et le compositeur de valses Waldteufel un juif de Bischeim, rappelle l’écran…

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Cela me fait penser à une caricature parue dans un journal lorsque j’étais étudiant : un Alsacien en costume traditionnel s’y vantait d’être « d’une famille 100 % alsacienne » en montrant une galerie de portraits d’ancêtres Celtes, Huns, Suèdois, Allemands…

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Les Papyros’N sont les plus qualifiés pour ce projet, car la formation de Chojcan mélange depuis toujours les musiques balkaniques, Irlandaises, Tziganes et ont joué à Sarajevo et en Yougoslavie... Papyros'N et Tzigognes ont d'ailleurs adopté chacun à sa manière le style tzigane, en robe, foulard colorés, chapeau pour Chojcan ou ron de Charlot et nez rouge de grippe A pour l'un des deux jumeaux au violon.

Ils commencent par « Nishka Banja », paru sur le disque des « Tzygognes » «Musiques Traditionnelles d’Europe », air de Serbie, du nom d’ une des villes de bains turcs que les Turcs y érigèrent pendant l’occupation Ottomane, sur la bonne contrebasse d’Isabelle et la derbouka, où s’envolent les violons menés par la rousse Romane.

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L’Alsace Celtique (de 800 à 50 avant JC), dont reste encore le Mur Païen du mont St Odile et où l’emplacement de la Cathédrale était déjà un lieu de culte, est évoquée par deux airs irlandais interprétés par les Papyros’N sur leur disque Esatern Ballades III : Au-delà Des Frontières, territoire où ils mêlaient la musique Irlandaise à celle des Bulgarie dans Grankino Horo, des Balkans ou Amour de Dieu. Les Papyros’n ont d’ailleurs participe au Summerlied en 2008, où René Eglès tente de faire valoir nos origines Celtes.

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Suit un autre mélange Caucasien traité à l’ Irlandaise, Chamil, thème du Caucase dédié à cet imam résistant Caucasien, grand général de l’armée du czar Nicolas Ier, thème encore très connu en Turquie, et repris par les Papyros’N dans le même disque, pour évoquer les Grandes Invasions de nomades dont l’Alsace fut victime après la Paix Romaine du Vème au VIIIème siècle de notre ère, notamment par les Huns qui nous laissèrent le chou bouilli de notre choucroute. Là encore, au-delà des montagnes, on croit sentir dans les violons l’air marin de le la mer d’Irlande chatouiller nos narines, nos oreilles et nos jambes de ses gigues.

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La période de prospérité (du IXème au XIIIème siècle) de l’Alsace Germanique et des villes libres (comme Strasbourg) fut évoquée par une chanson en yiddisch chantée par Diane Caussade, D’r Maie, et le commerce international florissant, et les horizons lointains du commerce florissant par « Misirlou » thème de rebétiko Grec de Michalis Patrinos de 1927 passé par la danse arabe, et par le Rock des années 60s avec Dick Dale, remise au goût du jour par Pulp Fiction. Le répertoire Grec est une nouveauté chez les Papyros’N, depuis leur dernier album LAISSEZ PASSER (parce que les douanes et passeports énervent Jean-Claude Chojcan à chacun de ses passages vers la Yougoslavie).

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Les Malheurs revinrent au XV-XVIème siècle, avec les guerres Religion, l’Alsace étant Protestante, on envoya des soldats Suédois (évoqués par une Valse Suédoise) pendant la guerre de Trente ans, puis des français pour les déloger...

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Jean-Claude Chojcan précise que ces intolérances historiques, ethniques ou religieuses, devraient nous enseigner la tolérance envers toutes les cultures et religions, au moment où l’on parle d’Identité Nationale, quid de l’identité humaine ? Le nom de l’orchestre vient de Papirosen (papier à cigarettes en yiddisch), un tango juif désespéré du ghetto juif de Varsovie, que l’orchestre reprend beaucoup plus gaiement sur Eastern Ballads III «Au –delà des Frontières », mais orthographié avec l’y de Papyrus symbolisant la partition. Cet humanisme rajoute encore à la portée musicale et au mélange musical.

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Suit le gai Chant D’Amour des bergers de Roumanie (celui-là même qui ouvrait le premier disque Eastern Ballades II des Papyros’N et par lequel Ketenoglu avait commencé son set) joué un peu à l’Irlandaise dans la reprise accélérée par les violons et flûtes (Adeline Dillenseger, Clara Weill et Adeline), qui fait crier avec les musiciens et taper des mains le public.

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En 1648, l’Alsace devint Française par le Traité de Westphalie, puis connaît la Révolution Française en 1789, et Rouget De Lisle chanta sa « Marseillaise », notre futur hymne national, pour la première fois à l’Hôtel De Ville de Strasbourg. En 1792 fut créé le Conservatoire de Paris, puis l’Alsace devint comme la France Napoléonienne, et sa jeunesse subit les recrutements de l’Empereur pour ses campagnes, fournissant aussi à sa gloire 70 généraux qui donnent encore leurs nom à certains lieux de Strasbourg, comme la Place Kleber. Ces recrutements sont évoqués musicalement par des Danses de Recrutement tziganes extraites d’Eastern Ballads III Laissez-Passer, le dernier disque des Papyros’N. La musique de ces danses, les vins et les filles aidaient au recrutement des soldats. Le violon et la clarinette (Alice), lentes puis la contrebasse et l’accordéon (une autre Romane et Camille), d’abord lents, accélèrent soudain le tempo de cette danse pas si gaie à cause du périlleux départ à la guerre, mais qui l’est quand même pour donner envie, sur la guitare de Chojcan. La troisième est marquée du talon et du pied sur la scène par les musiciens. La joie des élèves Tzygognes et des Papyros’N plus âgés à jouer ensemble fait en tous cas plaisir à voir, dans une saine émulation et avec un jeu d’ensemble de qualité où chacun (e) trouve sa place, a sa minute de gloire par un solo.

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En 1870, après la bataille de Reichshoffen, l’Alsace redevient Allemande, pour une période de prospérité (malgré l’exil de 50 000 alsaciens), c’est une période de prospérité économique et de richesse architecturale car Strasbourg est la « vitrine » de l4allemagne contre la France, dont reste le Palais Universitaire, entre autres bâtiments. Dans une famille juive de Bischheim, naît Emile Waldteufel, qui va étudier à Paris et finira Directeur de la Musique et de la Danse de Napoléon III et de l’Opéra de Paris et compositeur de plusieurs valses, très prisées de la Reine Victoria. Si beaucoup d’entre elles sont oubliées, Amour et Printemps (Liebe und Frühling), qu’interpréta l’orchestre, reste dans les oreilles modernes par une publicité d’Assurances célèbre où elle évoquait le temps et la vie qui passe, d’abord lente, puis de plus en plus dansante, sur fond de portraits XIXème enrubannés..

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La critique de la Première Guerre Mondiale (1914-1918) passe par une chanson plus tardive, mais qui pourrait être d’époque, et fut censurée dans les années 50s lors des guerres Coloniales d’Indochine et d’Algérie : Le Tango des Joyeux Bouchers de Boris Vian, chanté Diane Caussade avec une véritable gouaille parisienne, d’abord lent, puis de plus en plus rapide sur les percussions martiales de Romain Schieber et Alexis par charges amusantes et efficaces et tous en cœur pour le final « Tiens Voilà du boudin ».

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L’Alsace redevient Française dans l’entre-deux-guerres, puis sera annexée par Hitler en 1939, Strasbourg évacué. Les Tziganes, comme les Juifs, furent victimes de l’extermination, représentés par un Chant Gitan de ces « nomades oubliés de notre nouvelle Europe » précise Chojcan, à la mode d’Au-delà des Frontières, mais chanté par Clara Weil, flûtiste des Tzygognes (qui n’a pas dû être facile à apprendre, vu la complexité de cette langue très éloignée de la nôtre) avec le saxophone alto déjà Balkanique à la Lourau de Jean-Baptiste Juszsczak sur le fond des autres musiciens.

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La fille de Jean-Claude Chojcan monte sur scène avec une amie pour jouer sur une étrange flûte balkanique plate la vapeur dans Le Train de 7 h 43 (thème klezmer que les juifs jouaient dans l’entre-deux guerre en attendant le premier train de la gare de Varsovie, qui a donné le nom d’une fanfare locale : Le train de 7 h 45, à deux minutes près) (http://www.youtube.com/watch?v=0K1HkS5QZHI ), en souvenir des juifs Polonais massacrés, de toute cette joie de vivre du shtetl anéantie dans le ghetto de Varsovie D’abord très lent, le thème s’emballe avec l’arrivée joyeuse du train et le jeu collectif.

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L’Alsace redevient Française à la Libération en 1945, et est maintenant une capitale Européenne avec son Parlement européen, mais sommes-nous toujours à la hauteur de cette histoire, de cette tolérance ? Pour évoquer les tracasseries douanières aux frontières, ils terminent par Les P’tits Papiers de Serge Gainsbourg pour Régine, qui ne pensait pas aux Sans-papiers déjà modernisé par Christophe Burger, chanté par Clara Weil avec cette fois une gouaille toute française.

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Pour le bis, ils terminent par une « Danse Roumaine ».

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Longue vie et carrière aux Papyros’N et Tzygognes. Les groupes de Jean-Claude Chojcan restent, par contrainte d’abord, à personnel très changeant, mais il a fini par y trouver une façon de faire originale et nomade, unique dans la région, entre enseignement et renouvellement permanent pour alimenter les meilleurs groupes de la région (Zakouska, Bal Pygmée, qui seront à La Laiterie le vendredi 18 décembre avec Karpatt).

Jean Daniel BURKHARDT

Pour l'avenir, les concerts des Papyros'N -Concert avec chorale à Bouxwiller(38mn de Strasbourg) dimanche 13 décembre 18h -Concert avec chorale à Dossenheim/Zinsel (41mn de Strasbourg) Samedi 19 décembre à 20h

Et l'année prochaine: -Enregistrement du prochain CD « BalsiKa » Papyros’N- Les Tzygognes et les musiciens de Tuzla 16-17 janvier et 6-8 février au Studio Downtown à Strasbourg ET SURTOUT EN JANVIER, LORS DE LA QUINZAINE "BALADE DANS LES BALKANS " À HAGUENAU FAISANT SUITE À DES ACTIONS PÉDAGOGIQUES DE JEAN-CLAUDE ET DES PAPYROS'N À L'ÉCOLE DE MUSIQUE DE HAGUENAU ET DANS DES ÉCOLES PRIMAIRES DE LA VILLE •Concert Papyros’N-Balsika (grand-orchestra 20musiciens): MUSICIENS D'ALSACE ET DE BOSNIE Vendredi 22 janvier à 20h Salle de la Douane à Haguenau (concert avec entracte) •Heure de musique à la Médiathèque de Haguenau(musiques poèmes des Balkans projections d’images) samedi 23 janvier 15-16h30 •Animation musicale avec les élèves du Conservatoire et les élèves de l’école de musique de Haguenau Dimanche 24 janvier 15h30-17h Musée Historique Chapelle •Animation dans divers lieux de Haguenau Salle du Corbeau(Douane)- Chapelle des Annonciades Samedi 30 janvier de 15h-18h30 (15 musiciens+élèves école musique de Haguenau)

mercredi, novembre 25 2009

Electrik GEM & Fanfaraï ouvrent le Festival Strasbourg Méditerranée

Samedi 21 novembre dernier, le 6ème Festival Strasbourg Méditerranée s’ouvrait à Strasbourg par un concert de l’Electrik GEM à l’Auditorium de la Cité De La Musique et de La Danse.

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L’Electrik GEM s’est créé au festival Strasbourg Méditerranée il y a deux ans à partir du Grand Ensemble de la Méditerranée qui réunit des musiciens de plusieurs formations de l’Assoce Pikante qui pimente la scène locale de parfums d’ailleurs: Dimitar Gougov à la gadulka (vièle bulgare) de Boya et des Violons Barbares, Lior Blindermann (oud), Yves Béraud (accordéon) et Etienne Gruel (percussions) de Maliétès, en concert jeudi 26 novembre avec Gastibelza à la Salle de la Bourse et le samedi 28 novembre au Préo d’Oberhausbergen, Grégory Dargent (oud, guitare), Jean-Louis Marchand (clarinettes) et Fabien Guyot (qu'on a connu spécialiste des batteries et casseroles de cuisine au Troc Café) de l’Hijâz Car et de Nicolas Beck.

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Pour se donner une dimension plus Rock, Grégory Dargent est passé à la guitare électrique (à laquelle il accompagne Babx), et ils ont ajouté la folie de Jean Lucas (trombone libre) de La Poche a Sons entre autres, le Rock de Vincent Posty (basse électrique) de Zakarya entre autres, Fred Guérin à la batterie et de trois chanteuses Awena Burgess, Christine Clément (Ionah, Polaroïd 4, To Catch A Crab) et Sandrine Monlezun, bref un all-star de joyaux issus de ce qui se fait de mieux dans la région en Musiques Traditionnelles, réuni dans l'écrin et l'éclat électrique d'un projet très original.

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Ils présentaient ce soir-là leur projet « Radiopolis », dont le titre éponyme ouvrait et fermait, avec plus d’énergie encore, ce concert, et pour lequel ils ont lancé des souscriptions pour un disque à paraître. Bref, une musique alliant l’authenticité traditionnelle des voix et sonorités acoustiques, mais aussi urbaine et Rock, comme une radio des villes mondiales en hommage à l’Alexandrie cosmopolite, dépassant les clichés sur les Musiques Traditionnelles de manière décoiffante et excitante où chacun trouve sa place et se ressource en un maelstrom d’énergie débridée : sur les cordes pincées de l’oud de Lior Blindermann et frottées de l’archet de Dimitar Gougov et les percussions ethniques d’Etienne Gruel et contemporaines de Fabien Guyot, le trombone de Jean Lucas ajoute son souffle gueulard et sa puissance à la clarinette volubile, Vincent Posty son attitude Rock poussant Grégory Dargent et Fred Guérin et ses roulements au crime, les chanteuses ajoutant leurs voix douces d’abord, puis de plus en plus aïgues et fortes à chaque reprise vocale dans une transe entêtante et irrésistible.

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Les musiques traditionnelles ont aussi leur place dans leur répertoire, qu'ils échangent gaiement : des envolées tziganes de cavalerie, un rébetiko grec pur jus (Blues des tavernes grecques, spécialité de Maliétès avec son pendant Grec) chanté par Yves Béraud d’une belle et forte voix, un chant polyphonique Bulgare (dont Dimitar Gougov dirige une chorale) par les chanteuses en bis.

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On put ensuite finir la soirée, emporté par la fanfare Fanfaraï () aux chèches multicolores et au soprano free jusqu’à la Salle De La Bourse et danser sur des airs arabes de raï de Khaled, Cheikha Reimitti, Rachid Taha, gnawas, latins, balkaniques ou autres, connus ou non, toujours festifs, aussi bigarrés que leurs costumes et d’une modernité fervente dépassant les genres en les respectant, pour le plus grand plaisir des danseuses du ventre et des danseurs d’ici ou d’ailleurs jusqu’ à près de mi(lle et une)nuit .

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Le festival se poursuit jusqu’au 5 décembre dans les salles Strasbourgeoises avec concerts, contes, expositions, débats, et j’en passe.

Jean Daniel BURKHARDT

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