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Animateur de radio bénévole depuis 7 ans sur Radio Judaïca STRASBOURG de deux émissions de jazz et musiques traditionnelles où je présente les concerts en région, après des études de lettres menées jusqu'à un DEA, je n'ai cependant jamais trouvé d'emploi correspondant à ma culture tant littéraire que musicale et à mes capacités rédactionnelles pourtant polyvalentes car souvent considéré comme sur diplômé et sous expérimenté. Par ce blog, je désirerais échanger avec d'autres dans le même cas nos expériences personnelles de sorte à nous enrichir mutuellement d'idées auxquelles nous n'aurions pas pensé nous-mêmes.

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Chronique de Disques

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lundi, avril 14 2014

LOLOMIS BALKAN PULSE

Lolomis est un groupe de Musique Balkanique la renouvelant jusqu’à une modernité Electro Bio sans adjuvants ou Rock par des arrangements très modernes composé de Romane Claudel-Ferragui au chant entre fragilité et puissance, le flûtiste Stelios Lazarou (Papyroz’n, Gudrun), la harpiste et violoniste Elodie Messmer (Lacro, Los Biganos, Tourdion) qui ont commencé ensemble dans Les Payroz’N et le percussionniste Louis Delignon (atrium, MoussaKintet).

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Leur nom vient d’un anagramme de leurs noms et prénoms pour leur premier EP ayant donné « Sur La Route de Lolomis », Lolomis étant le seul élément non géographique et fictif, contrairement à ce qu’on pourrait croire, et ils viennent de sortir « Balkan Pulse» chez Playasound!

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L’album s’ouvre avec la version très remaniée du chant Rom des 60ies « Romano Horo» (dont on peut entendre plus tard une version plus mélancolique et proche du thème) dont ils ont gardé le texte mais réarrangé la musique et le rythme (un rythme de harpe rappelant un peu « Ma Petite Entreprise » de Bashung puis « Tell Me Why » de Bronski Beat version trad, sans qu’ils y aient pensé). La voix commence angèlique puis énorme et, tout en respectant le texte, part en ragga trad sur fond de traits de flûtes. Il n’y aucun traitement électronique, quoique Mondomix s’y soit trompé!

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Exception à la tradition Balkanique, « Käppee » est un chant de sorcières Norvégien en finnois dédié à la fabrication des philtres, et Romane y joue très bien la sorcière sur une flûte et une harpe dépaysant ce nord de l’Europe par des rythmes andins.

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Kale Jaka Sima est introduite par un instrumental où flûte et harpe évoquent à la fois le Chaos et la création du premier matin du monde entre oiseaux et branches. Le thème lui-même, ramené de Norvège par un ami, bénéficie de la collaboration d’un ami canadien de Bruxelles David Koczij de The Summer Rebellion en mode Ragga Beat Box diphonique énorme!

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Traditionnel plus connu du public des Papyroz’N, Niska Banja est un chant à boire rom et serbe évoquant la ville de Nis et ses bains, souvent joué par Lolomis sur les Quais de la Petite France, peut-être tellement joué et rejoué qu’ils n’ont pu qu’en faire une version très loin de l’original rythmiquement en invitant Arthur Bacon, l’un des meilleurs accordéoniste de style tzigane de Strasbourg vivant maintenant à Bruxelles comme Stellios Lazarou et Elodie Messmer.

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On peut reprendre son souffle sur Anadoika, chant Bosniaque d’amour malheureux avant de repartir de plus belle sur Naci El Alamo, chant d’exil séfarade repris en mode gitan dans Vengo de Tony Gatlif puis Yasmin Levy, ici modernisée dans une version électro surprenante!

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C’est avec une énergie Rock que Lolomis a choisi de déstructurer le chant grec à 7 temps To Diko Mou Paploma.

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« La Machine » est la seule qu’on trouvera sur l’album de Lolomis, d’après un chant Calendaire Ukrainien « Verbovaia Dochtektchka » aux paroles très proches de la nature, auquel Lolomis a ajouté une touche urbaine par des moyens naturels (un foulard glissé entre les cordes de la harpe pour en étouffer le son)! La démarche est caractéristique de celle du groupe!

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Enfin, Tutti Frutti est un chant rom d’amour et d’ivresse popularisé dans le film de Gadjo Dilo de Tony Gatlif, mais là encore Lolomis ont su trouver d’autres voies!

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Lolomis fait penser aux fusions de la compilation Planet Soup mondiale mais plus moderne, et ne s’interdisent rien pour retisser et revitaliser ce fil rouge tissé entre un répertoire traditionnel et sa modernisation bio électrisante! Ne les ratez pas s’ils passent près de chez vous !

Jean Daniel BURKHARDT

mardi, février 18 2014

SPIDERS EVERYWHERE : GLACIER

SPIDERS EVERYWHERE est un groupe à l'esthétique indie-rocktronica. Le quatuor, qui a déjà conquis la scène du grand Est en faisant les 1ères parties de Naïve New Beaters, Electric Guest, Lescop. Après leur vidéo Electric Girl invite ses auditeurs à le suivre dans son épopée musicale. Avec une date à retenir, celle du 21 février 2014 qui marque : - la SORTIE DE "GLACIER" leur tout nouvel EP 5 titres sur le label indé strasbourgeois October Tone !! - leur RELEASE PARTY au Festival HORS PISTES (http://www.festivalhorspistes.com/), en 1ère partie d'Orval Carlos Sibelius à Annecy!

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Le titre éponyme Glacier fait un peu new wave mais douce comme des glaciers dérivants et lumineux de mille dendrites, parlant, hurlant, sur un piano contemplatif racontant une histoire sur laquelle se pose une voix androgyne mais émouvante et puissante, un peu à la Divine Comedy. L'ensemble est bien arrangé et la progression intéressante, la montée de la basse et de la seconde voix créent une architecture sonore complexe par petites touches, à la fois naturelle et machine, dépaysante, live et samplée, sans qu'on puisse presque définir de frontière dans cette cohésion d’une électrro aigue un peu wave mais douce comme des glaciers.

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Flows Everywhere flotte en effet en ces eaux froides comme Beautifull de Björk sur la rythmique violently happy et vers partout jusqu’en l’Afrique des sanzas trafiquées de Konono n°1 dans l'aigu, naturelle et électro à la fois, entre chant des baleines et sonar! Un peu de la musique pour glaçons de Terje Isungset.

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Mighty Falls offre au chanteur un feeling cold pop crooner entre grave et aigu à la Divine Comedy du chanteur sur une musique en effet de chutes aléatoires, à la fois organiques et intemporelles, et modernes, un peu Pictures Of You des Cure ou Depêche Mode sans le côté glauque de la wave, plus lumineux et quelque chose d’ I Follow Rivers » de Lykkiy Li, la chanson de La Vie D’Adèle !

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Personal Place invente un espace qui bouillonne avec de plus en plus d’intensité du froid d’un glacier à la chaleur d’un geyser islandais d’ Aqua d’ Edgar Froese! dans la glace de feu! Y a quelque chose de Bird land de Patti Smith version électro se mirant musicalement dans un bol tibétain avant et après entre deux Glass de Philippe entre deux Glass de Philippe.

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The Charm est plus ethnolectro avec ses sanza synthétiques mais aussi spatial, j'adore la voix d'ange féminine et l'harmonie avec la masculine sur une rythmique moderne de course poursuite stellaire très cinématographique puis la guitare qui part après de plus belle à la Muse mais sur une rythmique africaine!

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Bref l y a une vraie construction musicale du minimalisme à la puissance! En effet un peu des araignées partout glissant sur un glacier avec ce côté à la fois silencieusement tentaculaire et insidieusement hypnotique, car les araignées quand ça vous prends ça a pleins de pattes et tisse sa toile, comme Boris Vian disait de Billie Holiday qu’elle était un poulpe insinuant à dix tentacules ou bras! Bref à la fois relaxant et excitant

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi, décembre 18 2013

SAMUEL ANDREYEV : THE TUBULAR WEST

Samuel Andreyev est un compositeur canadien vivant actuellement (2011) à Paris. Il est né en 1981, à Kincardine dans l'Ontario. Il fait de la musique contemporaine au moyen de claviers électroniques ! À l'âge de cinq ans, il a pris ses premiers cours de violon puis, en 1992, est entré au Conservatoire royal de musique de Toronto où il a étudié le violoncelle, la composition et le hautbois. De 2003 à 2005, au Conservatoire de Sevran (France), il a étudié la composition avec Allain Gaussin et Frank Bedrossian, l'analyse avec Vincent Decleire et le hautbois avec Pierre-Christophe Brilloit. En 2006, il a été reçu à l'unanimité dans la classe de composition de Frédéric Durieux du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP) où il obtient, en 2011, un master de composition, ainsi qu'un prix d'analyse dans la classe de Claude Ledoux. Il a suivi le Cursus de l'IRCAM de 2011-2012. Début 2013 il sort après de nombreux autres albums de chansons The Tubular West, mélange de pop, de musique baroque et contemporaine !

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L’album débute par un choral Purcellien à lui tout seul de Shoebox Shuffle, thème qui reviendra comme fil rouge instrumental sur tout l’album.

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Pluto’s Matches commence gaiement d’une voix féminine sur les claviers et l’heckelphone puis s’envole psychédélique comme dans une BO imaginaire de David Lynch ou le dernier Beatles ( le bouleversant chant du cygne medley «You Never Give Me Your Money » d’Abbey Road car on pense çà toutes ces chansons qu’ils auraient pu faire encore) et redescend sur terre sur la flûte (Ayako Okubo) changeant la texture sonore rappelant « A Day in TheLife » (http://www.youtube.com/watch?v=CoAqElgR8Do&hd=1) de Sergeant Pepper des Beatles qui inaugurait les bruitages électroniques. La musique de Samuel Andreyev entre rythmique forte de la pop et nébulosité du rêve!

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Autre thème qui revient «Song Take Splitting" sur des flûtes et percussions contemporaines, comme des petits interludes de concept album entre les chansons!

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« Mind The Bend” est plus proche de Revolver des Beatles commence par un piano martelant à la « I want to tell you » puis s’endort en « I’m only sleeping » (http://www.youtube.com/watch?v=1MMDugt8ZRk&hd=1) , continue sur une flûte accorte et se termine en bruitisme à la rappelant «A Day in TheLife ».

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Après un second Shoebox shuffle baroque arrive le titre éponyme The Tubular West qui part en mélodie baroque à la Beach Boys (Pet Sounds) sur une flûte baroque puis des glouglouslectros de Léo Maurel à la boîte à bébés bourdons pleurant dans le triporteur!

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Half Dream semble s’éveiller sur des gammes d’un rêve de Chine dans l’intro puis le clavier double la voix comme le sitar indien de George Harrison et la mélodie se déroule sur la flûte et des claviers baroques.

Songs Take Splitting 2 partent avec le faune de Debussy en violon à roues (Léo Maurel) passer l’après midi en Espagne sur des castagnettes !

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« Over By The Mantle » retrouve son manteau de morgue puis s’en va un rien ailleurs dans le tempo lent baroquisant mais se réveille soudain d’un rythme martial pour le final !

La Shoebox Shuffle s’essouffle ethniquement en C.

« Salesmen Without Pictures » réserve encore de belles surprises d’un brouillard bruitiste aux Good Vibrations des Beach Boys, mais avec des dissonances fertiles puis change de rythme et prend le chemin grinçant de l’horrificque Maison Borniol de Thiefaine puis retrouve le classique contemporain et quand on n’en attend plus rien repart très vite en Rock Pop crié et très drôle. Samuel Andreyev est passé maître dans l’art du collage en live!

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Winter In Arhus enchaîne sur un amusant Cake-walk, Charleston ou Ragtime de fanfare baroquisé rappelant le gai travail de modernisation du répertoire de Tin Pan Alley Uri Caine avec The Sidewalks of New York.

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Bendings semble un lieder pop sorti des creux du piano de « La Jeune Fille Et La Mort » de Schubert !

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D’ailleurs c’est presque en pizzicato rythmique slap tongue du Shuffle que se rouvre la Shoebox D.

Autre chausse trappe à surprises, Onwards And Upwards semble en effet descendre dans le bathyscaphe de Robert Wyatt ou tomber de très loin avec le Space Oddity » () de David Bowie puis reprend brusquement sa cavalcade en mode Cabaret et finit en mode Echoes de Pink Floyd.

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Songs Take Splitting 3 profite de ce côté à la fois marche martiale de fanfare dans le rythme et rêveur dans la mélodie pour créer un climat étrange !

« Rose Window » reprend Pink Floyd à « Us & Them” mais avec le côté lutin diabolique de Syd Barrett dans “Arnold Layne” (), baroquisé par un instrumentarium contemporain !

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Morning Flexion termine sur un mode mélancolique et gai mais laisse comme en suspens cet album déjà encensé par les critiques anglo-saxons mais encore méconnu en France!

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Vraiment un magnifique album de pop contemporaine que vous pourrez entendre ce soir à 21 h dans Jazzology sur Radio judaica

JEAN DANIEL BURKHARDT

mardi, octobre 1 2013

ORK, Premier EP

Ork ce sont Samuel Klein, caisse claire de la Fanfare En Pètard (batterie, ukulele, kalimba, chant, clavier, programmation, mélodica, œuf et sonnette de comptoir...) et Olivier Maurel (vibraphone, kazoo, Bob the Moog, chant, maracas, Bilbo le Baquet, programmation, bug, clavier...), bref un duo d’hommes orKhestres musicalement expansés et modifiés avec des adjuvants éventuels qui ont produit un EPonyme!

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Ça commence par « Cash Game » comme finirait un concert de Rock New Wave par des roulements de batterie hold-upé par les machines de Kraftwerk ou Front 242, avec le vibra en polar rythmé vibrationnant autour du clavier qui se demande « Qui veut de moi ? » un homme pressé au Noir Désir, les soluZionnent des slogans jusqu’au chant New Wave sous une une pluie plastique. Cet Ork muté là nous vient du futur, ou nous revient comme Hulk victime de manipulations écologiques ou génétiques! Mais parfois le vibra comme chez Kouyaté et Neerman retrouve sa lumière africaine originelle de balafon avant de s’amplifier d’électricité rageuse et mutante modifiée façon Konono N° 2013 plus décomplexée de l’impro espérant avec un politicien samplé annuler la dette. Est-ce l’homme qui a créé l’Ork ou l’Ork qui avalé le monde en furie? Ça ressemble au brouhaha d’une radio devenue folle tour de Babel mondialisée qui finit en Game Over !

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« Crash » à ce tempo là, c’est ainsi que finiront un jour nos highways un jour c’est sûr nos courses folles, et une voix Wave entre Ian Curtis, une blague tueuse de Killing Joke et une Marian en Sister Of Mercy chantera l’éloge funèbre des premières loges, tandis que rutilent encore les claviers des chromes et des lignes de belles carrosseries et de phares dans la nuit. Cette Electro New Wave Trad mutante serait la bande son idéale d’une apocalypse accidentelle ou programmée.

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« Grâva » s’aggrave, trouve sa gravité sur les gravats dans le soubassement phonique du soubassophone de Guillaume Nuss de la Fanfare En Pétard. Entre batterie moteur, vibra danseur et options choisies pas de série, ça marche comme une machine volante urbaine tout terrain de fou cet Ork-là, mais le véhicule accueille les ami(e)s pour l’after comme au Hall Des Chars pour la lancée baptême de la machine après résidence constructive et là ça raconte, kazoote au poil, chante, vocalise, bref s’amuse dans l’enfance de l’art, jusqu’au cri de l’insolence, un peu à la « Nouvelle Vague » Bossa Nova No Wave. Ça ressemble à la terre avec ou sans Gravité, à notre monde, à ce qu’il fut, est et sera!

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« Black Blow », qui souffle ainsi dans le noir dans un mélodica-là ? Vibrations d’angoisse pour un film fictif de David Lynch ? ça chante comme un farfadet de King Crimson par Robert Fripp pour l’Homme Schyzoïde du XXIème puisque nous y sommes ou son Moonchild autour du feu qui meurt et appelle avec Rimbaud à un «lent et méthodique dérèglement des sens pour atteindre l’inconnu », s’envole pour Chinatown Paris XIII sur une scie musicale à moins que Syd « Eugène » Barrett ne se soit encore pris l’Ummagummain dans la hache de Pink Floyd, ou Robert Wyatt qui après ce « Moon In June » suivit le dérèglement lysergique des sens jusqu’à croire savoir voler, perdit l'usage de ses jambes en se jetant d'une fenêtre, mais continue de faire de la musique en chaise roulante.

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«Tetrix » termine en beauté les applications combinatoires de ce jeu vidéos Tètris de puzzle dans la musique entre les hommes orKestres (tiens c’est peut-être pour ça!), le vibra qui semble courir après L’Exorciste et leurs guests (Guillaume Nuss trombone ainsi que Jérémie Gomar Revel à la guitare suivant un peu « Petit » de Lavilliers et Marco Schmitt à la basse assurant une section rythmique rock à ce final), sauf que généreusement ça joue, parle, à plusieurs voix, improvise, gamelinise presque à la fin !

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Et j’ai dans cette cette orKestration joyeusement et richement foutraque oublié ou pas entendu, raté la sonnette de bar tellement c’était rapide cul sec et trop court! J’en reprendrais bien une tournée... Bref, Ork c’est muté forcément, mouvant, mutants réunis façon Trad d’hoc Rock Wave, TRADOCK ?

Bref, VIVE le DIY (Do It Yourself- Faites Le Vous-même) et ses implications collectives et personnelles qu’il vive et ne die jamais, ne cesse d’aller se faire voir ici et ailleurs par et chez les Grecs !

Vous pouvez déjà retrouver deux vidéos supplémentaires :

Tänzte

Mahatma

Jean Daniel BURKHARDT

mardi, septembre 24 2013

LA FEANFARE EN PETARD : LE MONDE EST CURIEUX !

Après des débuts pour certains à bonne école au sein du Big Band De Bischeim, un premier concert au dernier Festival Babel, un premier album avec un featuring de Gaston, un second « Crame la Mèche » en mode bonnets rouges allumés où il prenait de l’ampleur et des centaines de concerts en salle et en plein air ici et ailleurs, voilà sorti le 4 mars le troisième album de la Fanfare en Pètard : Le Monde Est Curieux!

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Dès Shabby, on retrouve après un vrombissement introductif la puissance sonore et la cohésion de la Fanfare En Pètard, peut-être un peu plus Afro Beat ou Ethiopique!

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«Curieux » est le monde éponyme qui veut changer et ne le fait pas finalement. Gil Scott Héron le disait déjà « Revolution Won’t Be Televised » . Bref c’est le retour de Gaston et de son flow emportant le monde curieux en bulles avides pas vides devant le monde impavide sur fond de Skatalites propulsés en orbite de la Fanfare !

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«Noir Comme L’Or » soutient Gaston d’une bonne fanfare et le clip est bien surexcité dans un bureau de traders qu’ils dévastent gaiement! "Noir comme l'or" est leur avenir car on a coupé la lumière par ploutocratie comme la Grèce bientôt. Mais comme L’Or car ça brille encore dans le Noir ! Et les cuivres free brillent aussi, la rythmique fait son DJ drum’n’balkanique, mineurs creusant les influences et Passe Passe le Temps!

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« Morphine » dénonce et détourne/récupère la drogue de Benway dans Le Festin Nu de Burroughs. Si c’est d’eux qu’on devient accro ce sera sans modération ni danger et Evasion garantie sur fond de FEP en Fête ! L’originalité dans les textes est de ne pas se contenter de dénoncer ce qui le mérite, mais de se replacer avec humour comme palliatif et illusion positive aux frustrations qu’il engendre!

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Après ce début en fanfare, on se calme, « Interloqués » sur un bon fond sonore de cuivre, médite sur le monde et le ghetto sur un bon saxophone à la Rumeur ! Interloqués, lockés aussi par les murs, loqués par les « impositions sur ton cul de pauvre » et autres « muselières ». Magnifique texte et mélodie!

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Afrovalse de Samuel Klein laisse le beau rôle au saxophone le temps d’une instru cool sur de bons fonds sonores, quoiqu’on croirait que ça va partir en Drum’N’Bass et puis finalement non!

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Après un larsen supersonique au décollage ça repart en « Puppets », repète avec P Barbièri (qui avait déjà cramé une mèche avec eux sur le précédent), et là ça hurle carrément « Rock Machine On stage » Métal MASTER MASTER of Puppets ou Puppet Mastaz sur des cuivres assourdissants!

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Mais l’« Ermite » se calme en parano autarcique, Tchernolbilé de sa bile noire, irradié rouge, transgéniqué, facebooké, mutant muté volontaire mais « reste enfant » sur de beaux cuivres en fond. Magnifiques texte et cuivres!

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« Tempo Di Reggae » est un bon dub intru presque trop court tant il est bon.

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« Elle »... enfin une fille ? Secrétaire Médicale ? Ah non Drame Domestique du couple ! où elle parle tout le temps. Bons cuivres frees sur la batterie lectro ! Inconstance des sentiments ? Et si elle n’était que dans sa tête comme dans un Fight Club où on accepterait les filles ?

« Skolios » sur fond de Mission Impossible finit l’album par une bonne instru à rythmique twist 60ies bien funky polar Blaxploitation avec bon solo de saxo. Skolios hommage « tortueux » à la Grèce ? Ou scholastique que les cuivres astiquent ? Ou Scholiose de la rythmique pour que les danseurs s’excitent, s’esquintent, s’activent ?

Bref, mieux propulsés que le premier album par un dub jungle plus puissant, à explosion moins immédiate que le précédent Crame la Mèche », « Le Monde Est Curieux » nous rend Curieux d’un monde en mode fanfare entre crêtes d’énergie et de révolte et lacs instrus méditatifs où se repose entre deux.

La cohésion, des cuivres apparaît mieux derrière un Gaston moins omniprésent mais toujours aussi perspicace dans ses attaques et son talent pour s’échapper de ce qu’il dénonce.

Est-ce le monde qui est curieux pour la fanfare, donc la fanfare qui serait curieuse du monde à mesure qu’elle le parcourt ? Ou le monde de plus en plus curieux DE la fanfare à mesure qu’elle y part?



La curiosité est un beau défaut contrairement à ce qu’on dit.

Le monde, la curiosité et la fanfare y gagnent et cet album ravira les curieux de fanfare et de Hip Hop Ragga Jungle de par le monde !

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi, septembre 11 2013

orTie: duo Jazz Expressionniste, Premier album!

Demain à 21 h dans mon émission JAZZOLOGY sur Radio Judaïca Strasbourg vous pourrez entendre OrTie, premier album d’un duo original OrTie, composé d’Elodie Pasquier à la Clarinette Basse et mi bémol et Grégoisse Gensse piano et objets : un jazz contemporain expressionniste, mais qui sait trouver du sens dans l’aléatoire même de compositions originales !

L’album est sorti le 3 septembre dernier chez Laborie Jazz ; il commence par une pièce très contemporaine « Presque Rien », un rien contempo en effet, basé sur les seules vibrations/prolongements à la Schönberg, martèlement de piano de la touche l’objet sur la corde à la John Cage sous le souffle à vide dissonant de la clarinette. Mais à la longue cette musique sortant d’un trou de scouries devient entêtante, hypnotique!

Dès « Gatito » d’Elodie Pasquier, on arrive en effet à un univers plus complet entre la clarinette Dolphhyenne Sclavissienne d Elodie Pasquier surfant de plus en plus haut sur la vague et le piano rythmique, soudain salsa, la clarinette se faisant alors groove rythmique à la Eddie Harris puis Rahsaan Roland Kirkiennement free sur le piano libre balkanique à la Bojan Zulfikarpasiç ! Bref tout un univers à deux un souffle et quatre mains sur les traces d’un petit chat !

« Nebula » de Grégoire Gensse ferait une bonne musique de film, pas nébuleux du tout ou au sens de voyageur comme un nuage par le déjà entendu des répétitions à la philippe Glass, le flot ininterrompu de la clarinette de l’attaque au vol libre, au cri, le piano rythmique à nouveau Balkano Salsa Zien entre les objets jouets de cuisine hétéroclites et les cordes intérieures en devenant d’autres. On dirait un reflet inversé de Gatito dans sa Nebula!

Sur cette "Météore" immobile d’Elodie Pasquier se pose l’orTie, les touches, la tige en premier doucement du bout des doigts explorant ses cratères de la Micro à la Macro profondeur de la touche. Puis la clarinette se dédouble et s’ébroue en mélodie au fond desquelles on croit parfois voir briller quelque éclat de pépite pop difficilement reconnaissable.

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Grégoire Gensse a aussi composé « Parashara » qui ressemble à ausencia, Tango de Bregoviç ou à Misterioso de Monk mais commence par sa complice à la clarinette seule rythmique et mélodie comme Sclavis dans Clarinettes.

Il y a dans cette ortie comme dans la plante, de douces piqûres d’émotion, une brûlure glacée endormant la sensibilité qui donne des fourmis de leurs doigts à nos oreilles !

Puis une envolée d’oiseaux pianistique vous retourne le clavier jusqu’au fond des cordes intérieures, double le tempo à la Keith Jarrett que la clarinette suit en s’ébrouant suivant « Toi si t’étais le bon Dieu » d’Arno. On croit entendre des objets en chausse trappe entre fracas et Chine. Ça tempête à deux sans s’empêcher de rien puis se calme quand les cordes intérieures se font cymbalum ou serpent juste avant le final apocalyptique tombant comme Léo ferré reprenant Sa Vie D’Artiste qui s’en fiche du Qu’en a-t-on dit, du Qu’en diras-t-on ou du Quand le diront-ils et quoi, débouchant du bord du gouffre sur le silence comme on choisit sa chUUte!

ça se poursuit avec Eliode. Eliode Qui est Héliode ? Héros oublié de la Cosmogonie d’Hésiode qu’aurait des ailes ? Qu’est ce que c’est des ailes à iodes ? Mais ça pince et crisse sous les cordes, enfantinabulle les jouets, crie la cocotte grillée à l’étouffée une minute, s’énerve en O de l’hélice qui vole au vent? Mélodie sans I ou inversé en Yo ni M qu’on aime quand même ? Comme toujours à mesure que croît l’Ortie on y croit de plus en plus, que ce n’est pas qu’une mauvaise herbe née du Hasard et de la négligence. Ça prend forme, crie, chante, hurle et peu à peu amuse, inspire et fait sens!

Au bout d’un moment, le soir, même une orTie ça s’allonge avec les ombres, se courbe, se couche. « C’est rien, c’est la fatigue » dit-on qui ralenti tout en automate de fin de souffle, de fond de touches, de duracell en fin de vie. A deux ça fait un suspense prenant à quoi on ne sait quelle action attendue, redoutée s’accroche et pend comme la rosée. On sent que quelque chose adviendra, germera après les rêves au réveil, après ma montée de la candeur du souffle au cri. Cela prendra finalement forme à la longue ensemble non loin de la berceuse « Peace » d’Horace Silver, comme une rencontre musicale qui se lève dans la complémentarité des effets.

Et finalement « Pour ainsi dire » Quoi sinon Presque Rien ! Sinon que ça brouille les pistes et les effets entre souffle à vide et martèlements d’objets ou de couverts des touches aux cordes. Ça retourne à couvert à la lumière du jour comme ces fées et ces elfes qui se cachent à la lumière du jour.

Du sens ou du talent il y en a bien dans cet orTie, cachés dans un trou de scorie au début, un autre à la fin délimitant peut-être les frontières du rêve!

Le disque d’Ortie est sorti chez Laborie Jazz et ils sont en concert!

Jean Daniel BURKHARDT .

lundi, août 26 2013

ODONATA DE CIMES EN ABÎMES (EP)

Odonata (du nom latin générique des libellules, « odonates ») est un talentueux et original trio « Chanson Rock Electro » Funky Wave strasbourgeois composé de Céline Righi (qui écrit les textes après avoir beaucoup écrit pour d’autres et chante), Demoiselle libellule longiligne et émouvante, Christophe Piquet (basse funky, basse piccolo et samplers) et Jérémy Steibel (batterie percussions) qui avaient déjà collaboré dans « Question D’Humeur ».

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On a déjà pu les voir et les entendre à la dernière fête de la musique avec un petit reportage réalisé par France 3 Alsace qui commence à 4'55, mais c’est étrange, le reportage portait aussi sur la maison des adolescents de Strasbourg, et les textes de Céline Righi ont un pouvoir thérapeutique contre les maux qu’impose la société moderne et le milieu urbain aux humaines, sa voix est consolatrice et leur musique, si elle est un peu sombre, est rehaussée par une basse festive funky ou une énergie Rock!

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Pour en revenir à la Musique d’Odonata, ils ont déjà sorti un EP « De Cimes En Abîmes » qui nous occupe aujourd’hui.

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Première plongée, premier voyage éponymes en montagnes russes entre ups and downs pour devenir SOI, « De Cimes En Abîmes » où la voix apaisée et le souffle, le texte dont on perçoit surtout la musicalité et quelques mots heureux ou nostalgiques, sont servis par un écrin de pulsations drum’n’bass et claviers (en fait des samplers en écho) trip hop ambient propices à la rêverie et une bonne basse évoluant dub jusqu’à un son de guitares à la Edgar Froese métal plus aigre jusqu’à un climax Rock. Une sorte d’Attack moins Massive car plus naturelle comme trip-hop, tripotte-hop minimaliste.

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« Ô Douleur » utilise en introduction d’un poème de Baudelaire « le mystique aliment » et « l’ennemi », mais là encore la basse est bien funky et l’étouffement comme d’une tranchée montre que notre univers urbain dépasse les pires de ses spleens, mais la voix et le texte par leur nostalgie d’un ciel plus spirituel montre le chemin d’une libération possible. Les effets et la voix apaisent autant qu’ils sont un baume pacifiant pour l’âme blessée.

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« Adieu Cantiques » est une digression sur « Bang Bang » de Nancy Sinatra en « shot me down » très Joy Division avec là encore des riffs compressés du « Voodoo Chile » d’Hendrix et les échos de la basse, formant une l'architecture complice autour de la voix cathédrale!

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« A L’Ouest » est un passage de turbulences urbaines plus rythmé par dérèglement de boussole sur les samples (puisque ni guitare ni clavier, fou on jurerait qu’ils sont plus grâce aux effets, à un son live même si modifié!) et une cohésion bien Funky à 2 minutes 44 !

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« Par le chas de l'aiguille » y passe un peu à la Taxi Girl mais le texte est meilleur entre le côté mélancolique de la new wave (souvent trop glauque) mais DANS une rythmique Funk ou Rock, vitale avec une belle cohésion entre samples asiatiques et voix, nostalgie et changement. Les Odonates ont trouvé la voie du milieu entre les paradoxes musicaux.

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L’EP termine sa quête par le minimaliste odonatique celtique « Cherche / Trouve » electro à la DJ Cam (Masterisé by Thorsten Glatte) et Funky, pierre philosophale et voie à suivre dans les bois des fourmillements percussifs à la légèreté de l’envol final!

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Depuis les Odonates ont fait une rechute asymétrique entre Rock, Funk et rythmiques orientales pour le clip de « Bancale »!

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Mais malgré cette perte volontaire des repères et de la stabilité bipède, l’Odonate à trois fois deux pattes vole toujours avec un équilibre personnel !



Jean Daniel BURKHARDT

lundi, juillet 15 2013

CAROLE BOYER AFICIONADA

Carole Boyer est une chanteuse de Jazz et Latin Jazz qui se produit dans la région.

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Fille d’un pianiste de Jazz et d’une danseuse, elle eut le coup de foudre pour l’album de Bossa Nova « Getz/Gilberto » (http://www.deezer.com/fr/album/230164) de Stan Getz, João et Astrud Gilberto dès son enfance, puis pour les musiques latines (elle est professeur d’espagnol), et, après des débuts classique avec l’Ensemble Allegro, fut invitée par son père à jammer au Piano Bar, au Funambule, alors les hauts lieux du Jazz à Strasbourg (qui en avait encore), puis rencontre François Hoernel, son pianiste et Philippe Laiss, Manu Rack et alain Lustig à la guitare, avec qui elle enregistre « Aficionada » en 2012.

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L’album commence par un titre latin Donde Estas Yolanda? de Jimenez Miguel, découverte avec la version de Pink Martini, dont elle donne une version féminine, avec Pascal Beck (tromboniste rencontré alors qu’il faisait partie du quartet de son père, déjà excellent tromboniste latin de Sonando, un bon piano rythmique et une voix très fraîche, Philippe Laiss assurant les chœurs!

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Autre reprise mais américaine celle-ci, Fever (d’Eddie Cooley et John Davenport (un pseudonyme d'Otis Blackwell) es paroles ont en réalité été écrites par Joseph Arrington Jr. (alias Joe Tex), qui les vendit pour 300 dollars à Cooley. Pour la musique, Tex préconisait de reprendre l'air Country Sixteen Tons de Merle Travis , ce que fit Otis Blackwell1. Sortie en 1956, elle a été chantée par Little Willie John avec déjà les snaps (claquements de doigts), qui en vendit plus d'un million d'exemplaires. Toutefois, la version la plus célèbre date de 1958, interprétée par Peggy Lee!

Dans la version de Carole Boyer on retrouve la basse batterie minimaliste de celle d’ Elvis Presley () et dans les voix, les graves d'Anita O'Day, les aiguës Peggy Lee!

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Il y a aussi une très jolie adaptation en français de Corner To Corner par Sarah Vaughan, adaptée en Français par Sylvie Miller devenant chez nous « Le Blues Des Faubourgs», incontestable réussite dans l’adaptation française et modernisation à la un Soir De Pluie de Blues Trottoir!

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Dance Me to The end Of Love est plus rapide que par Leonard Cohen et moins fragile et plus gaie, moins enrouée de chagrin que la version de Madeleine Peyroux par laquelle elle la découvrit, ajoutant une Bonne batterie balais ragtime et en note finale du piano un gimmick de Salt Peanusts de Dizzy Gillespie et Charlie Parker repris par le piano sur les premières marches de la Boite de Jazz de Michel Jonasz.

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Why don't you do right fut composé par Joe McCoy en 1936 et interprété d'abord par Lil Green (1941) (http://www.youtube.com/watch?v=oavQY5V0xpg ). Mais c'est la version de Peggy Lee avec l'orchestre de Benny Goodman (http://www.youtube.com/watch?v=jdqvX-n25gs) qui popularisera la chanson auprès du grand public blanc en 1943. Carole Boyer aime les chansons et interprètes à son image: à la fois fortes et fragiles! Et François Hoernel y ajoute une touche décalée de piano entre Monk et Tristano dans son solo

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Ce sont ses musiciens qui proposèrent à Carole Boyer de reprendre Roxanne de Police vers une version plus féminine et intimiste, moins égosillée et plus sensible avec Pascal Beck, une bonne basse funky, passé du reggae à un tango! Cette version fit couler beaucoup d’encre

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Il y a aussi une composition originale, Silencio que lui a donné le compositeur Péruivien Lucha De Milla Leon lors d’une peña (rassemblement de danse et musiques latines comme en Amérique du Sud) et que carole Boyer et ses musiciens ont jazzyfiée.

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Autre standard latin «Amado Mio», chanson écrite par Doris Fisher sur une musique d'Allan Roberts et interprétée la première fois en 1946 pour le film en noir et blanc Gilda. Mimée en playback par Rita Hayworth et chantée en anglais par Anita Kert Ellis,. Grace Jones reprend la chanson en 1989 dans son album Bulletproof Heart. Cette reprise sera rééditée pour constituée son second single en 1990. Un spécial "Brazilian Mix" d'"Amado Mio" a été produit pour assurer la promotion du single, et est disponible dans la version CD de Bulletproof Heart resortie en 2004. La chanson ne rencontra pas le succès escompté en Europe, en dépit de nombreuses interprétations en live pour la promouvoir. Aux États-Unis, elle partage la face A du disque avec "Crack Attack", et devient un incontournable de la danse latine. Puis Pink Martini le reprit à son tour, la version préférée de Carole Boyer. Mais elle choisit de la reprendre en espagnol comme Luz Casal en en changeant un peu le texte, et avec un arrangement plus jazz et avec un scat.

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Le voyage se termine au Portugal avec un fado Portugais de Christina Branco, Abalara repris par carole Boyer plus Jazz, sans mandole mais sur fond de mer digitale. Mais les marins du fado ne partaient pas en vacance, mais pour de longs mois avec Vasco De Gama pour explorer le Nouveau Monde, d’où la Saudade.

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Merci à Carole Boyer et ses musiciens de faire revivre ses chansons, et d’y rajouter leur touche personnelle, ce qui est l’essence même du Jazz!

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Pour découvrir ce répertoire en Live, le prochain Concert de Carole Boyer sera le 18 juillet à 20 h au Café de l’Opéra du Rhin de Strasbourg, en plein air sur ses marches en cas de beau temps!

Jean Daniel BURKHARDT

mardi, juin 4 2013

KAYO THE REVOLUTION WAS NOT TELEVISED A TRIBUTE TO GIL SCOTT HERON

Chanteur Afro américain, né en 1949 après des études de Lettres à l’Université et avoir un peu enseigné, Gil Scott Heron avait trouvé plus utile ou plus gratifiant de devenir un poète et chanteur de Soul pour servir la cause des ghettos noirs.et décédé l’an dernier le 27 avril.

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Après Cesaria Evora et Etta James,

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Kayo L’Albatros lui rend hommage avec une soirée la semaine dernière (dont son premier set Soul de Gil Scott Heron fut à mon sens le meilleur (mais j’aime la Soul, même pour la danser seul et ébahi, imaginant que cette Âme noire et le sentiment qu’elle m’inspire est une femme universelle).

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On a pu y entendre que Gil Scott Heron était un bon chanteur de Soul Music, quoique non doté d’une voix extraordinaire comme un un Otis Redding ou un Marvin Gaye, il choisit la justesse d’un chant simple et efficace portant ses mots de poète. Je ne connaissais pas notamment «Lady Day & John Coltrane », hommage à deux grands jazzmen annonçait un peu Jamiroquai qui reprit « The Bottle", avant et mieux! Peut-être en ce sens que l’âme de la Soul, le chant porte avec mélodicité et talent le flot des mots en en faisant de la musique.

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L’album de Kayo est fait de samples de Gil Scott Heron. Dès « The Revolution Was Not Televised” (j’avoue ne connaître de Gil Scott Heron que ce « Revolution Will Not Be Televised», proche du slam et scandé d’abord enregistré sur fond de percussions sur son premier album un peu à la manière des Last Poets, puis plus funky par un « Full Band » et encore par le remix de Smoove « The Revolution WILL BE Televised » et « The Bottle » que passe souvent Sir Jarvis). Si c’est Gil Scott Heron et Kayo qui nous accueillent en échos, c’est un album instrumental de beats et de claviers soft (Kayo joue du MPC comme d’un clavier) à peine émaillé de courtes interventions vocales. C’est très agréable, ça coule et fond.

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The Beginning (The First Minutes Of a New Day) est plus basé sur les voix (mais pas celle de Gil Scott Heron, au premier plan de la version originale) ré harmonisées sur le clavier, autour d’une flûte, avec le côté asiatique d’Onra dont il passa « The Anthem » (mélange de beats et de musique Vietnamienne) à la fin de son premier set. Comme dans le dub, Kayo apporte comme beatmaker à la musique de Gil Scott Heron ce qui ne s’y trouvait pas.

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« A Sign Of The Ages » de Gil Scott Heron montrait la mélancolie du chanteur Soul. Kayo ne prend que la première phrase titre et l’échotise le bégaie sur un piano et une basse, des beats et un orgue sur fon de « Wake up Wake Wake up » de Marvin Gaye dans «Sexual Healing ».

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Peace Go With You Brother (Part 1) (), extrait de l’album « Winter In America » révèle la belle voix de basse à la Barry White en intro (reprise par Kayo) qui ensuite prolonge les claviers flottants, planants qui y prennent la première place jusqu’à la phrase la phrase « Peace Go With You Brother ». La seconde partie se concentre sur la voix comme des chœurs à elles toute seule et les claviers s’enflent comme des cordes.

Pour « Song For Bobby Smith », Kayo se détache du vocal dont il ne garde que le début à la Barry White et quelques phrases puis prolonge, exhume le clavier augmenté d’un rythme brazil obsédant sur un bon beat.

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D’« A Toast For The People” (de l’album « From South Africa To South Carolina », Kayo n’a gardé que quelques vocalises en écho, quelques écho de flûtes pour l’ethnique, transposées sur des beats compressé plus drum’n’bass à la Moonstarrr et ajouté les « Everybody Clap Your Hands » du Hip Hop, puis en final reprend les claviers. Mais en enlevant la voix, il prend quelques éléments choisis, rendant un hommage personnel au musicien Gil Scott Heron, au mélodiste plus qu’au poète et les emmène ailleurs, où Gil Scott Heron n’était pas allé.

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A partir de « The Prisoner » (extrait de « Pieces Of A Man »), il ne garde de la voix qu’un clameur, que le piano de base et le trouble, ne garde l’envoie en orbite du thème, en satellite, dans les étoiles sur des rayons lasers ajoutés. Version ou échappatoire interstellaire.

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«Combinationshttp://www.youtube.com/watch?v=5lPs67Q4EBM » (de l’album «Real Eyes ») est porté ailleurs par d’autres voix, d’autres choristes absentes de l’original, un clavier revisité. En écoutant les deux en même temps superposé, la version de Kayo semble trouver d’autres ornements aux joyaux de Gil Scott Heron. D’autres Combinaisons pourrait-on dire!

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«Did You Hear What They Said » )sublime encore l’arrangement, en isole la flûte et la basse sur un nouveau beat surfant sur des claviers cordes, un piano rythmique, un gimmick couplé à des Ya Yaw Hip Hop. Puis soudain tout se ramasse dans une acidité nouvelle pour le final Blaxploitation urbain claquant sa surprise.

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Enfin, Kayo isole d’Essex la clameur free jazz du saxophone à la Karma de Pharoah Sanders, la prolonge, trouve d’autres voix à la Sun Ra ou « Black Gold Of The Sun » de Nuyorican Soul remixé par 4 hero, d’autres échos hip hop et stellaires!

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A écouter les deux en même temps, les originaux semblent presque ringards, trop bavards, les versions de Kayo plus immédiates, plus mélodiques, comme la saveur originelle qu’on n’eût pas remarquée derrière la voix, le texte absent, le cadre mais cette substantifique moelle de Soul moelleuse est relookée pour les modernités actuelles et futures. Kayo a enlevé le prêché prêcha qui datait un peu pour caparaçonner l’esprit de la forme façon puzzle ou collage. En ce sens au moins c’est une réussite! Pour le reste, on peut toujours réécouter Gil Scott Heron d’une autre oreille renouvelée après cela.

Jean Daniel BURKHARDT

lundi, mai 20 2013

DJ MARRTIN : DIRTY DEZER De La Dérive

Je ne sais rien de DJ Marrrtin sauf qu’il fait partie de Stéréophonik que je ne crois pas avoir écouté !

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Mais j’ai bien aimé son Mix samedi au Mudd pour sa culture Salsa et Funky, pas qu’Hip Hop et il m’a donné son disque « Dirty Dezer De La Dérive » de 2002, que j’ai écouté et voilà ce que j’en ai pensé :

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Et d’abord Qu’est qu’un « Dérive ?! » j’ai meux compris dans cette définition la dérive subie en société que la technique et la « durée de l’exercice continu de cette expérience » ! Mais j’ai adÔré le début, l’ouverture à la Jazzmatazz ou Jazzliberatorz !

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« Curry Korma Paradis » mélange dans un plat asiatique (korma) sur un rythme drum’n’bass trip hop (plus que le Karma Coma de Massive Attack ?) et une basse bien Blaxploitation sur des cuivres de Jazz Latin Mambo un petit krar Éthiopien ou cordes d’un sitar indien.

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« Once Again" plonge dans une bonne Blaxploitation bien Funky compressé d'effets/remixé/rerythmé, sensualisé d'un grain de voix par la sensuelle déesse Soul Disco Black de l'affiche du 28 février au Ptit Bazar de la Pochette? Évidemment pour lui ou vous ça date de 2002 et vous l'avez trop passé/remixé/ marre depuis 11 ans mais pour moi qui n'ai jamais écouté Stéréophonik ni lui ça me va bien! DJ Marrrtin est aussi le créateur de "Funky Bijou"i C'est encore mieux comme BO imaginaire que ce qu'ont fait Franckie Chops localement en se mettant à 10 ou m'emmène plus loin dans un meilleur véhicule de nostalgies aux cultures musicales hybrides!

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"Mélancolie En Sous Sol" a encore un bon rythme, bon clavier, petite flûte, flottement entre la voix et une guitare à la Shaft d'Isaac Hayes d'Isaac hayes, "Lonnie's Love Theme", mais c'est beau aussi comme Underground Vibes de DJ Cam (sous sols urbains ou naturels, entre les deux!) Et j'adÖre le dernier sample Funky Tropical qui nous fait sortir de la mélancolie, du Sous Sol ou de sous la terre pour danser le Mambo façon Dolce Vita à la PLaya comme dans un vieux film!

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"Rdv A Riverpoint" fait vraiment BO de film comme interlude de Concept Album, un mar(rr?)tin qui n'a pas de mère et qui donne rdv à 21 h à Riverpoint à un autre pas rassuré. Mais il a une voix à la Clint Eastwood dans "Le Non, La Brute Et Le Truand" ou son attitude impassible. Riverpoint ce serait à Chicago, pas un point de rivière dans un western en plein DeserT! Plutôt Polar Urbain donc!

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"Super Valca 2037" laisse espérer qu'en 2037 (si c'est une date et pas un numéro de série automobile ou un ville Tchèque) il y aura encore de la bonne Blaxploitation comme ça dans le Super volcan que sera devenu le monde, avec des Beats sur fond de harpe égrenée et d'horrificques vibraphones marimbesques d'ossements humains et tournoiements de Mongols de série B (mais à cette soirée, quand j'ai parlé des Tartares à une Asiaticoréenne pour sa robes aux sequins bling bling tintinnabulant joliment elle a cru que je la traitais de steack tartare, de mongols de mongolienne, quelle déréliction culturelle!) ou orchestrés par un Hodeir de pacotille comme dans "Les Statues Meurent Aussi" de Chris Marker pour nous donner les sueurs froides d'un exotisme redouté avec tout le confort moderne de la civilisation occidentale colonialiste de base, s'il reste encore alors une partie sauvage, tribale du monde épargnée par la mondialisation urbaine US du Rock Tech Rap&Lectro. en tous cas les éléments ethniques sont bien intégrés aux rythmiques Blaxploitation, la Jungle Birmane naturelle ou d'Amazonie reprenant ses droits en envahissant les mégalopoles urbaines!

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On en arrive "Au milieu du Dirty Dezer", mirage sur des claviers Ethiopiques orientaux hantés par une flûte 70ies sur une batterie dramatique au balais Jazz à la Mulattu Astatké traversés par les vents comme "Ene Alantchi Alnoren", puis un saxophone solotant. Car Dj Marrtin a le respect des instruments, leur laisse l'espace nécessaire pour s'exprimer entre les beats et le résout ou lui répond à l'unisson par quelques scratchs chantants sur une bonne basse groove. Oui c'est mixé, samplé mais JOUE quand même, ce qui est même pour un Dj la preuve d'un vrai amoureux de la musique ou d'un musicien! Le thème se termine par un extrait de film, virgule dramatique "On est au milieu du désert et il nous faut marcher un peu avant que le soleil ne nous tape sur le crâne!" BEL ENCHAÎNEMENT en effet! Car il vient APRÈS son illustration sonore en mirage, pas AVANT, donc déroute!

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Du désert, on arrive au "RUFF"Do Brazil"NECK" sur une clave Batucada Dubstep sur fond de Blaxploitation avec de bons claviers à la Sergio Mendès, un sifflet samba, des cuivres 70ies à la Banda Black Rio et ce solo de clavier comme un signal laser 70ies qui nous arriverait brouillé de l'espace temps!

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On passe par la "Junkadelic Soul Ave." Junkadelic Music c'est le label pour un Funky Délice qui donne à vous en rendre Junky de se promener sur cette Soul Avenue en audiorama Cadillac. On y verrait passer entre les cordes des indiennes en sari façon Bollywood alors qu'on va à Hollywood. On y entendrait même ramené du Brésil un hautbois "A Felicidade" de Vinicius de Moraès Antonio Carlos Jobim dans "Orfeo Negro" entre deux scratches chantant à l'unisson sur une belle orchestration avec voix à la Michel Legrand ou Jobim XXIème.

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Suit un joli message de "Haut Parleur" sur fond de funk Blaxploitation. On ne comprend pas tout au message du répondeur de ce frère ou soeur perdu au rendez-vous manqué mais cette petite scorie poIétique du réel moderne est charmante. On a tous des copines comme ça ou on aimerait bien avoir de tels messages. Je crois que Dj Moonstarrr (tiens chez lui aussi y a trois r) avait aussi utilisé un de ses albums comme répondeur!

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On peut rencontrer "Meet Hercule (at 3 PM)" sur un air Blaxploitation mais quel Hercule? Le Titan?

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Histoire de pas rester seul "Avec Loulou on a refait du scramtch" invite Grandmaster Junkaz Lou. Déjà Grandmaster Flash, j'aimais bien jusqu'à "Rapper's Delight festif, " The Message" conscient mais après... Je le préfère en scratch sans m et tout seul, moins Hip Hop Yo Yo mais le backing Funky, le clavier, la cuica à la Banda Black Rio sont bons! Ayant plutôt une culture Jazz Rock Funk (jusqu'à fin 70s 80 disons) qu' Hip Hop &Lectro, j'accorde souvent plus d'importance aux éléments ou samples live de ce type qu'à l'aspect rythmique contrairement à la jeunesse actuelle, à la culture qu'aux machines.

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Dans "End Theme Epilogue" la Fumée est Noire (élection d'un pape un mardi à 17 h 20? jean Paul II peut-être vu le ton suranné du speaker ou Tchernobyl)! celui qui nous dit "Écoutez plutôt" fait penser à Stéphane Berne dans sa hâte maniérée! On y retrouve encore le suspense du beat broken dramatique inventé par Gainsbourg pour le Requiem Pour Un Con dans le Pacha.

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En fin "C'est ça qui est bizarre" (que ça continue après la fin?) montre la maîtrise de dj Marrrtin en VJ audio à nous réinventer un film sur des dialogues d'une affaire publique (Jurassic Park? James Bond?), ou privée (Espionnage industriel), voire légale (on parle de garde d'un enfant, une femme qui lui manque "C'EST çA QU'EST BIZARRE" il ne sait pas encore) sur fond de beats, de BO, de crécelles exotiques et d'oiseaux électriques.

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Bref le Dirty Dezer à réécouter 10 heures en boucle vaut mieux que le DEZER urbain indéfini, industriel, dortoir ou cité ghetto aux Etats Unis de la pochette qui pourrait être partout, car on peut en partir en car pour La Dérive et les déserts avec les Merry Pranksters. CQFD la définition du début! C'est le trip qui compte, pas le moyen, et on voyage loin!

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi, janvier 23 2013

SAMY THIEBAUT : CLEAR FIRE SORT LE 24 JANVIER

Le jeudi 24 Janvier sort CLEAR FIRE sur le label Gaya, second album du saxophoniste ténor Samy Thièbaut! Après avoir mêlé avec Upanishad Experriences, mêlant Poésies de Baudelaire et Niezsche lues par Jackie Berroyer et Jazz en 2010.

On y retrouve le saxophone Coltranien de Samy Thièbaut sur une rythmique à la Miles Davis (Sylvain Romano basse, Adrien Chicot piano, Philippe Soirat batterie, julien Alour trompette), l’élément vocal et poétique étant assuré cette fois par un chanteur scatteur extraordinaire : Mèta qui rappelle les vocaleses de.... Le compositeur Samy Thièbaut aime les titres en miroir, en diptyque, comme ce False Memories suivi d’un Postlude qui ne vous laissera que de VRAIS souvenirs| !

Samy Thièbaut a aussi le goût des Suites musicales incluant des pièces courtes comme cette Ruthmos Suite ( Panta, Ruthmos plus long et Reï très court) qui nous le révèle plus Coltranien sur une rythme entre Olé et A Love Supreme, avec toujours une belle complicité avec Mèta au chant, plus proche de la complicité qui unissait Paroah Sanders à Leon Thomas dans Karma.

Autre diptyque de Samy Thièbaut sur Clear Fire, Les Yeux de N., introduits par un prélude, à la manière de L’Ecole Française reprise par les Frères Belmondo. Mèta y court comme ce feu clair qui donne son nom à l’album. Sa voix de chamane y passe du grave diphonique mongol aux aigues yodelés des pygmées d’Afrique pour créer ensuite une autre mélodie bouleversante sur la trompette de Julien Alour, jeune frère de la saxophoniste Sophie qui rappelle un peu Booker Little.

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Autre qualité qui saute aux yeux et à l’oreille sur le disque de Samy Thièbaut, un sens de l’harmonie et des proportions presque architectural qui place au centre l’instrumental isolé Strange Dance sans Mèta qui rappelle la période Hard Bop de John Coltrane avec Miles puis l’envol de Giant Steps avec un solo d'Adrien Chicot au piano.

Autre suite de Samy Thièbaut, Cultes, avec Aulos (du nom d’un chalumeau musical grec antique joué par l'aulide) où Mèta entonne un chœur à lui tout seul, suivi d’un solo classique d’Adrien Chicot au piano, et de Dionysiaque encore admirablement scatté par Mèta dont l’ubiquité n’a d’égale que la variété mélodique.

Daïmon était chez Socrate une divinité intérieure inspirant le jugement. Celui de Mèta, porté par Adrien Chicot au Wurlitzer vient d’Afrique au Brésil sur un saxophone de Samy Thièbaut à la Wayne Shorter.

Mais Samy Thièbaut sait aussi Phusis composer une Ballade Instrumentale à l'innocence harmonique bouleversante.

Puis dans Some Other Song, Samy Thièbaut chante une autre chanson du Brésil, Bossa Nova à la Stan Getz.

Enfin, on entend Mèta chanter enfin des mots d’une voix inouïe de maturité Rock avec la raucité comme d'une vie de clopes Riders On The Storm de Jim Morrison pour les Doors avec Alexandre Freiman à la guitare électrique.

Samy Thièbaut sera en concert au new Morning à Paris le 21 février et je passerai l'album demain 24 Janvier dans JAZZOLOGY sur Radio Judaïca à 21 h !

Jean Daniel BURKHARDT

mardi, novembre 20 2012

FAWZY AL-AIEIDY : RADIO BAGDAD

Fawzy Al-Aiedy est né comme Simbad le marin à Bassora en Irak « entre deux pluies », mais fête son anniversaire le jour de son arrivée en France à Paris en 1971. Vous avez pu le croiser à Paris, Strasbourg où il vit depuis deux ans ou ailleurs, car ses concerts l’ont mené bien loin d’ici dans le monde entier, ou le voir dans le film L’autre Dumas!

« Radio Bagdad » est son nouveau disque, déjà Nominé aux Django D'Or, sorti il y a un mois, et s’il avait déjà été pionnier de la World Music avant Peter Gabriel à la fin des années 70s, est le plus moderne qu’il ait enregistré, car il y a confronté sa culture orientale classique à une rythmique très actuelle : le bassiste très groove Gilles Coquard et son frère Edouard à la batterie (plutôt musicien de flamenco) et le guitariste Baroque Romuald Ballet Baz en plus de son percussionniste égyptien habituel Adel Shams El Din aux percussions orientales.

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Fawzy a découvert la poésie arabe classique, comme française (Rimbaud) en Iraq et l’a souvent chantée dans ses précédents albums, selon la tradition la tradition orientale de poésie chantée, et elle est encore présente ici par Djaria, poème d’amour d’Abou Nawas qui ouvre l’album où il fait toutes les voix (j’ai cru à des choristes féminines, mais c’est sa voix de l’aigu au grave!) avec Jasser Haj Youssef à la viole d’amour.

Leyla est un autre poème de l’auteur préislamique Imru Al Qays (500-525) de cette histoire de Leyla & Mejnun (les Roméo et Juliette irakiens, mais lui va se consoler mystiquement dans le désert en devenant le « fou de Layla »), dans une version déjà très moderne grâce au guitariste serbe Nenad Gajin (ex No Smoking Orchestra, actuel University Of Gnawa) et l’accordéoniste David Ventitucci imprimant un rythme reggae oriental final et finit en français.

Plus électrique et moderne et surprenant encore est Blues Oriental où Fawzy chante en français le texte écrit sur son exil « entre Aladdin et Verlaine » pour lui par Claude Lemesle (parolier de Joe Dassin), charmé par la mélodie de sa chanson Fragui (également sur cet album) en huitième position. Porté par ce groove entraînant on pense presque à Khaled !

Compositeur de textes, Fawzy ne l’a jamais été autant que sur ce disque (en arabe, certes, mais traduits dans le livret). », En Irak, Fawzy a appris le cor anglais avant l’oud. Il lui en est resté un intérêt pour la musique occidental et en talent de souffleur sur ce bois qu’il utilise dans Matar, accompagné de Paul Mindy aux percussions Brésiliennes.

Grand voyageur, Fawzy a écrit Casablanca sur un rythme Gnawa Marocain pour remercier l’organisateur d’un festival de musique dans cette ville. Gilles Coquard excelle à faire groover la transe Gnawa où François Lazarevitch ajoute sa flûte.

Fragui profite du bon groove de Gilles Coquard à l’arrière du temps et de l’accordéon de Dazvid Ventitucci dans les interstices laissés à l’improvisation par la rythmique orientale. On croirait parfois entendre l’accordéon comme un harmonium pakistanais portatif dans ce contexte. Elle est finalement très différente de Blues Oriental.

Revenant au répertoire oriental mais moderne, Fawzy retrouve Madjnun et Layla dans Nassam Aleyna Al Hawa de RAhbani pour Fairuz avec un bon solo de guitare flamenco.

Inta reprend la mélodie de Blues Oriental de façon plus émouvante et dépouillée pour aborder le thème du racisme et des questions incessantes que celui qui vient d’ailleurs doit subir en France. C’est aussi pour aborder des thèmes plus actuels que Fawzy a décidé d’écrire lui-même certains de ses textes.

La poésie contemporaine est présente par Darawich (inspiré des Derviches Tourneurs) d’Edouard Tabaray sur une bonne rythmique orientale et groovy.

Fawzy évoque le désert dans Arabia mais après l’introduction vocale, François Lazarevitch lui prête des accents d’oasis celtiques grâce à ses cornemuses sur des guitares flamenco.

Le classique Irakien Dana Dina avait déjà été enregistré par Fawzy mais bénéficie d’unn arrangement plus moderne et est chanté d’une voix plus grave évoquant presque celle d’ Abed Azrié.

Enfin, ne ratez pas la dernière Gazelle au solo électrique de Nenad Gajin (qui finalement commença la musique inspiré par Jeff Beck) et le final galopant !

On l’a compris, Fawzy Al-Ayeidy ce citoyen du monde ouvre la musique à tous ses vents ! Il sera en show case gratuit à Harmonia Mundi Samedi 24 novembre à 16 h !

Jean Daniel BURKHARDT

lundi, novembre 5 2012

DON VALDES : EVAZION STREET ALBUM REGGAE (Chronique et précisions de Don Valdès)

Depuis plus de dix ans, Don Valdès écume les Sound Systems avec Life & Creation. Il livre "EVAZION" ici le premier de trois Street albums Roots Reggae!

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« Ecoute » utilise bien le sample en intro « d'un artiste très connu sur cette même instru qui a fait le hit sur cette chanson , un classique du reggae jamaïquain :

"fade away" par junior byles, pour ma version , elle est remaniée un peu plus groovy hip-hop», j’ai toujours aimé le flow Soul de Valdès, le message social en ces temps de crise et de jeunesse indignée des ghettos, sa voix est plus sereine sur ce clavier bien rebondissant et la basse bien groovy!

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« Bun Vampire » (« bun c'est l'abréviation jamaïquaine (la patois) de BURN en fait ..on pourrait BURN VAMPIRE... ils aiment brûler les vampires les jamaïquains//// » me rappelle un dub de Scratch qui s’appelle Dracula! Mais ici c’est les vampires du Reggae Bizness. Oui c’est vrai que le mouvement reggae commence à cultiver le même hédonisme débile que la techno. J’apprécie le sound system de Don Valdès « Life & Creation » car ils ont fait des recherches en spiritualité Rasta, m’ont appris des choses sur Marcus Garvey et fait découvrir Count Ossie. c’est leur vie, ils ont une action positive et lucide, donnent la parole aux jeunes MCs ! Pour eux c’est une façon de vivre, un engagement, comme pour Bob et Tosh, pas juste une mode, un genre festif à consommer entre rhum et ganja en se frottant à une nana!

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J’aime bien le côté festif d’ « Africa Dream » et ces rires d’enfants, ces trompettes du Festival Reggae Bash (j’ai encore une cassette avec Sizzla) ou ailleurs, ce collectif à la woodstock, Bien de savoir que nos racines sont africaines même ici, et de le chanter Ragga Lover sur un reggae bondissant. Belle mélodie et bon fond de cuivres ! J’apprécie aussi l’idée de cette joie enfantine urbaine que nous avons perdue !

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Le titre éponyme nous rappelle pourquoi nous rêvons d’ »Evazion » : ces préjugés et le fric qui pourrit tout dans ce systHaine, ce à quoi il nous force professionnellement, évoqué dans ce titre plus lourd à la basse rappelant « Rock My Boat » ( de Bob Marley & The Wailers avec les Upsetters de Lee Scratch perry et « Duppy Conqueror ». Mais c’est aussi une chanson d’espoir car « Hold Tight », «adressée à shaolin sound, «Hold Tight" étant le surnom du gars qui a produit l'instru de «cette chanson, un peu plus naturelle, un peu hors reggae , très bruit de cascade, d'eau, de vent , d'arbre...etc »

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Yeah Man, « Real Rocking Style » me rappelle que je kiffe Studio One et plus le reggae roots qui got soul à la Toots& Maytals (jcrois c’est ça l’orgue au début) que les vocaux ragga braillards comme tu sais, mais là c’est bien sympa et j’adore le trombone à l’unisson à la roland Alfonso Skatalites, le break pull up, la reprise, le solo trombone! Bon mélange d’éléments intéressants dans le backing et trombone citant 54 42 (http://www.youtube.com/watch?v=yjg6flu3zuc&feature=related ) de Toots justement. Mais en fait « On peut «reconnaître dans une des parties la mélodie du chant de Willy williams sur "armagedon time" la plus connue qu'on retrouve sur (la compile) Jamaïcain History ».

Oui je connais cette compilation, empruntée à la Bibliothèque (mais elle était rayée à la période où j’avais invité Don Valdès et Liberate Sound System (premier nom à l’époque de « Life & Creation ») à leur arrivée à Strasbourg début 2000s, car j’y connaissais pas grand-chose en reggae sorti de Bob Marley! Oui ça doit être ça, ce clavier et trombone en fond qui m’a tapé dans l’oreille, mais je PENSAIS que c’était du Toots & The Maytals!

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Avec « Johnny Trop Bad » et dans cet album, Don Valdès est arrivé à cette Soul des arrangements à la Studio One mais avec un message actuel, quoique Hooligans (http://www.youtube.com/watch?v=caJF78Kjqt8) ou l’ original « Johnny Too Bad » des Slickers repris par Jimmy Cliff plus rapide! Bonne traduction et bien de pas lui jeter la pierre, c’est la misère et le systHaine. Ouais ici il a un cran d’arrêt, et aux States carrément des guns!

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Le « Droit a L’ Amour » est celui qu’il faut revendiquer entre quartiers ghettos et riches, ce monde où nous devrions êtres rois mais on n’apprend pas le respect des autres et de la planète aux enfants, l’amour universel entre nations. L’esprit Reggae prolonge le peace & love, Jah. Beau texte et j’aime bien l’orgue enveloppant et la basse groove.

« C’est un son NU ROOTS, nouveau reggae... oui texte intemporel, un vieux pour moi mais l'occasion de le sortir. Oui une vision très biblique, très "idyllique" tous des rois... mais finalement après nous suivent des nations...si tu regarde apres ta descendance, sur des centaines d'années, tu es "père" ...roi d'un peuple....sans la connotation ROI avec chef dictateur.... »

« Cette France » bénéficie d’une excellente la guitare funky reggae et d’une bonne basse. Cette indifférence aux sdf, ces hlms sont choquants, cette France est une insulte à ses propres principes dans les banlieues. Et c’est entre autres les ventes d’armes dont elle n’a pas besoin qui a mis la Grèce en faillite. Valdès a cette tolérance de ne pas tout rejeter, de croire qu’une solution est possible de l’intérieur, d’Avancer ! Belle mélodie, beau texte !

« Exemple: Strasbourg qui fait poussé pleins de nouvelles "moyennes" tours près des quais UGC , bientôt a Kehl, qui en fait son leitmotiv....c'est une instrumentale produite par un belge dans le reggae...j'apprécie oui ce texte plus réaliste moins terre à terre...moins "spirit"... » Sans parler de la nouvelle loi interdisant de boire dans la rue sous peine d'amende!

J’adore dans «Let Reggae Music Free » la guitare Jazzy à la Ernest Ranglin Jazzy au début, après aussi, ce feeling Jazzy. Le Reggae, si on le considère dans sa globalité historique de Musique Jamaïcaine intègrant Nyabinghi, Ska, Rocksteady, Reggae, Dub, Rabadub, Ragga est libre d’improviser comme le Jazz et doit le rester !

« Je chante cette chanson sur un riddim NU ROOTS plus récent mais pour le street album je l'ai placé sur un classique de MAX ROMEO 'chase the devil

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J’adore dans « Merci Papa Jah » les cuivres Nyabinghi ska à l’unisson qui improvise justement, vraiment bien si c’est des samples, je veux dire la voix bien placée, et le petit saxo. On dirait la version NY Ska roots roots de Pass The Dutchie par Musical Youth, mais c'est « une instru encore classique du reggae...le "far east riddim" ..d'ailleurs de Roland Alphonso je crois mais ou bien d'autres en chanté dessus! »

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Pour Valdès, le Reggae est Spiritualité aussi. Tiens ils ont aussi le sabbat le vendredi chez les Rastas ? Comme les Juifs ? Je ne savais pas ! Je ne suis pas Juif en fait mais cette célébration religieuse ressemble à celle du sabbat juif dans le repas ! Bon Bob parlait de la Bible et d’un passage sur la ganja aussi mais tout de même! En fait chaque titre répond au précédent comme un Concept album, mais philosophique.

« Ne Plus Laisser Faire » a une bonne basse guitare orgue rabadub style à la Scratch, bonne voix de Revolushan Cool ! Oui la Culture souffre d’être considérée comme produit, filière, industrie et non comme art. Sarko avait voulu faire un CNM (Centre National de Musique) et vendre le package à Universal, Disney & Co ! Hollande va au moins organiser des états généraux avec les artistes, labels, salle de concerts concernés ! (cf dernier Mondomix, gratuit chez Harmonia Mundi) « Oui la culture souffre...les artistes sont aussi dans les rues...mais voilà ce texte est constat de tout ce qui est caché finalement qu'on subit mais qu'on encaisse avec courage....oui Revolushan complète parfaitement... production d'un pote de Paname...remixée dans un véritable vrai bon studio... »

J’adÔre le clavier psyché du « Ghost Riddim » Science Fiction sur «Cœur Liberté » et les clashs électro apocalyptiques! Là encore c’est la solution au Ne Plus Laisser Faire! « c'est un ancien du groupe Reunity (un jeune), qui se met à produire, il accompagne Kulcha K notamment ..et ma proposé cette instru...mais d'autres prods arrivent...il évolue très vite.. Son son s’améliore..... »

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« Love » est un bon message sur bon riddim Méditation bien Nyabinghi dans la percussion, et bon message d’amour universel dans le flow. Cette révolte n’est pas vaine, car Valdès donne les solutions aussi idéalistes mais possibles, pour une alternative à la violence! J’aime sa voix et l’idée de « la vision que nous possédons tous à part entière », contraire de la dictature, solution collective ! « Encore une prod "mystique" réalisée par Holdtight shaolin sound (son nom de riddim/beatmaker est Loorius) »

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Le début de «Respecte Ton Prochain » fait plus Funk que Reggae mais j’adore et la basse aussi. Bon ça fait vraiment penser à « Jeune Homme Motives Toi » sur la seconde Mixtape « Street Album » de Development Unity Crew (http://www.myspace.com/developmentunitycrew) )) mais en mieux que l’original car arrangements plus roots, bon orgue et fin collective. Une autre partie du travail de Valdès et Life & Creation est d’offrir sous ce nom de Development Unity Crew leur Sound System en soutien aux jeunes chanteurs Ragga de la région pour poser leurs textes sur du bon son (ils en ont sorti une troisième depuis, la Touchdown Mixtape le mois dernier.

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J’adore la flûte indienne fakir ou clavier au début d’ « Alléluia Time» et le saxo à l’unisson, vraiment bonne impro. J’oubliais que Valdès et Life & Creation connaissaient toutes les Religions du Livre, preuve en est Promesses de Justice, la première Mixtape de Life & Creation, entrecoupée de lectures d’extraits spirituels ou politiques de la Torah, de la Bible, du Coran ou des spiritualités du monde, même de Aung San Suu Kyi que je ne connaissais pas alors). Bon changement de Rythme puis sirènes ! « Ce titre fut réalisé par des gars avec du petit matos mais amoureux du son, les dancehall Holliganz...pas évident a compose pour eux (sans ordi juste machine)...mais ils ont mis l’ambiance dans le mix. »

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« Arrêter » termine quand même l’album sur une note d’urgence, de conscience, « arrêter de tout casser » avec Mr Phan contre l’idéologie Gangsta Ragga et pour la Paix, contre commerce des armes et la guerre sur bonne basse et cuivres ! « C’est une vielle chanson que je me devais de faire connaître.. mister phan n'est plus sur la place.. mais voilà, un son entraînant et dénonçant....sur une instru française des années 2006.... » Merci Valdès, passé un bon moment avec ton album ! C’est ce que t’as fait de mieux, par la richesse de styles et d’influences en restant dans le Reggae ou la musique Jamaïcaine, donc on s’ennuie pas à écouter toujours la même chose. « Oui comme dit j’ai utilisé beaucoup de classiques mais on m’a dit de faire plaisir au public reggae en leur redonnant ce goût des classiques avec mon expérience sound system...Un projet perso avec musiciens et musique exclusive viendra plus tard... a la suite des ces 3 street albums qui sortent. et donnent une idée de ma passion et mon petit "talent" de chanteur... Prends soin de toi... ».

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Don Valdès a déjà publié le premier extrait de l'album Hip Hop Ragga "Evolution":

"Je vous fait partager le titre "Strasbourg de Nuit'" cette fois ci en intégralité, qui sera présent sur le chapitre 2 "EVOLUTION", prochain street album Hip Hop & Ragga qui sera disponible mi novembre sur les plateformes musicales digitales....

Il s'agit d'une dédicace à Strasbourg à ma manière....

INTRUMENTAL by LOORIUS/HOLDIGHT SHAOLIN SOUND

Big up

Jean Daniel BURKHARDT et « précisions de Don Valdès »

mercredi, octobre 10 2012

KOUYATE NEERMAN : SKYCRAPERS & DEITIES

Le griot Lansiné Kouyaté (http://www.youtube.com/watch?v=k1Fx8sNQmQo) est un joueur de balafon Centre Africain qui a joué avec Salif Keita, David Neerman un vibraphoniste modifié européen par des effets électriques ou saturés. Accompagnés d’Alain Simouni à la basse et David Aknin (Limousine) à la batterie, ils forment un quartet original entre Jazz, World et urbanité Fusion Rock Funk qui a sorti après « Kangala » et son« « Kanga Dub » en 2008 ( son second album « Skyscraopers & Deities ».

Kalo Dié commence sur la basse d’Antoine Simouni et le Beat Broken de David Aknin. Le vibraphone de Neerman a quelque chose d’Ethiopique de Mulattu Aqstaqué, le balafon de Lansiné Kouyaté d’Asiatique ou des gongs Indonésiens du Kapaci Suling. Mais quand il s’électrifie d’effets de distorsions saturées à la Konono N°1, Neerman devient la guitare électrique, le fender rhodes modifié du quartet. Ils ont en effet choisi de ne pas modifier le balafon électriquement mais le vibraphone, ce qui ne veut pas dire que le jeu en soit moins moderne.

La batterie broken beat fut inventée par le batteur de Serge Gainsbourg pour son « Requiem Pour Un Con » dans le Film Le Pacha avec Jean Gabin que Kouyaté et Neerman reprennent très naturellement à leur façon en instrumental. Là encore, c’est Neerman et son vibraphone modifié qui se fait clavier et chanteur oriental à voix aigre et inquiétante, puis s’envole en des rêves vaporeux

Sans effets « Diètou » bénéficie d’une couleur plus Africaine par le concours de la kora de Ballake Sissoko en guest sur un motif mandingue à la Cheick Tiddiane Seick.

On entre par une déflagration électrique « Au Commissariat », où les batteries de Neerman et celles de David Aknin redoublent de coups sur les synthés saturés de Neerman pour un passage à tabac rythmique sur le balafon.

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Dans « Toumbéré », Neerman a des échos lointains de clameurs et de Blues Touareg, suivi par la basse et la batterie sur le balafon jusqu’à son solo véloce grinçant au fond des lames.

Sur la basse synthétiseur d’Antoine Simouni s’envolent les « Phalènes ». Le balafon trouve dans cet environnement modifié de nouvelles couleurs à défaut d’électricité, n’a pas toujours la première place, passe du rythmique au mélodique. Le vibraphone tremble d’électricité dans les nuages, les étoiles, les nuées, lui trace un ciel d’orage. Les deux piano percussions se mêlent parfois à s’y méprendre.

Les mots éponymes de « Skyscrapers & Deities » (Gratte ciels et Divinités) sont dus au poète Trinidadien du Spasm Band Anthony Jackson dans « Haiti » venant poser ses mots sur le fond mandingue du balafon et de la kora. Les gratte-ciels seraient-ils les nouvelles divinités urbaines, nouvelles tours de Babels, nouveaux totems d’industries fossiles de l’humanité/ animalité dans les distorsions de plus en plus saturées d’électricités, les souffles de Neerman, réinventant les mystères naturels pour les nouvelles jungles des mégalopoles urbaines.



Plus apaisé / asiatique, mais au titre tout aussi halluciné, « Un Soleil Noir Sur Son Déclin » laisse d’abord à entendre les deux pianos percussions sans effets, vibraphone sur balafon en une descente déclinante en mode mandingue dans la nuit sur la synthé basse orientale. Alors que certains racistes craignent sa suprématie, que reste-t-il du peuple noir quand il veut fuir l’Afrique et la misère, quand on ne l’ a pas expulsé dans cette dissémination mondiale globalisée ? Mais soudain la batterie d’Aknin, l’électricité de Neerman sur la basse groove réveillent la danse et le funk, l’Afrique éternelle et future des Musiques noires à travers le monde. Et si le Déclin d’un Soleil Noir était passage de l’ombre à la lumière du dancefloor global, dans la boule à facettes universelle?

« Hawagis » reprend le chemin de l’Ethiopie avec le vibraphone saturé de Neerman sur un rythme digne de Mulattu sur lequel Kouyaté pose son balafon.

Enfin, « Djely » termine gaiement sur un mode Mandingueaprès ces quelques titres plus hallucinés électriques, prposant le balafon et les échos du vibraphone conversant enfin seuls

Lansiné Kouyaté, David Neerman, Aknin et Antoine Simouni seront en concert (http://www.youtube.com/watch?v=k8JFtvUKEbM ) à guichets fermés au Cheval Blanc de Schiltigheim le Mardi 16 octobre mais je passerai leur album dans Jazzology jeudi 11 octobre à 21 h !

Demain Vendredi, ne ratez pas la sortie au Moodoï se la Nouvelle Touchdown Mixtape lors d’une Release Party ambiancée Reggae Ragga!

A la semaine prochaine avec à 10 h le Trio Kroke dans Terres Tribales et Jeudi le dernier album de John Mc Laughlin, rien que ça !

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi, octobre 3 2012

SHAI MAESTRO CONFESSION DEMAIN A 21 h DANS JAZZOLOGY: CHRONIQUE!

Le Jazz est devenu une musique universelle qui se pratique dans le monde entier même en Israël, et plus que jamais des générations spontanées de jeunes musiciens « sidemen » émérites de gloires plus anciennes et confirmées montent leur propre trio ou groupes. C’est le cas du pianiste israélien Shai Maestro qui après avoir accompagné à 19 ans le contrebassiste israélien Avishaï Cohen (http://www.youtube.com/watch?v=PEhz_0yTavE&feature=related) (privilégiant d’abord le Jazz Américain aux Etats-Unis avec Chick Coréa , puis sous son propre nom, et retrouvant depuis deux albums ses racines israéliennes en chantant du ladino ou ses propres compositions. Après avoir prouvé sa maîtrise des standards Bop ou Hard BopHard Bop Shai Maestro sort six ans plus tard son premier album (http://www.youtube.com/watch?v=a0xPZ3eJ9tQ) « Confession » (http://www.qobuz.com/interprete/shai-maestro-trio/telechargement-ecoute-albums ) chez Laborie Jazz, accompagné de Jorge Roeder à la contrebasse (Roy Haynes, Gary Burton.) à la contrebasse et Ziv Ravitz(Lee Konitz, Esperanza Spalding.) à la batterie.. Et dès ce premier album, Shai Maestro enrichit le répertoire du Jazz de compositions originales variées entre influences classiques, Jazz très moderne à la Esbjorn Svensson Trio, orientalisme festif et mélancolie contemplative cinématographique !

« Confession” commence l’album en solo sur une note introductive mélancolique classique puis “Sleeping Giant” révèle la belle complicité du trio rappelant celui inaugural du trio Jazz piano basse batterie de Bill Evans (piano), Scott La Faro (contrebasse) et Paul Motian (batterie). La rythmique moderne assurée Jorge Roeder à la contrebasse rappelle à l’archet Dan berglund, contrebassiste Hendrixien et Ziv Ravitz à la batterie par ses effets drum’n’bass celle d’Esbjorn Svensson, tandis que Shai Maestro intercale déjà des traits rapides ou orientalisant.

“Brave Ones” est plus pop dans son piano à la EST sur la batterie, suivant la ligne dans sa course imperturbable dans le frétillement des cymbales, s’arrête quand la rythmique se fait plus groove sur la contrebasse, puis repart à la Keith Jarrett, s’allège au fond des touches. Chacun de ces compositions semble raconter son histoire sans paroles dans une dramaturgie dont l’intensité plus ou moins présente et passant d’un instrumentiste à l’autre semble le personnage.

Painting est une musique composée par Shai Maestro pour des peintures de Vilislava Boyadjieva animées en 2 D par David Wegmann Serin, commence très lentement sur une planète, puis focus sur un immeuble, entrée dans une chambre où un personnage aveugle à la Modigliani est assis sur un lit. Sur la contrebasse à l’archet aux résonances baroques, orientalisantes ou asiatiques, il sort par la fenêtre et grimpe sur le toit pointu. Une femme, en robe blanche, aveugle comme lui est dans la lune, il veut la rejoindre mais tombe sur la batterie assourdie. Le piano va larguer les amarres, mais se retient sur la basse. Elle le rattrape, et c’est lui qui va sur la lune tandis qu’elle va dormir dans le lit de la chambre.

Silent Voice est plus rythmé et dramatique sur la basse et la batterie dansante sur des rythmes festifs orientaux où le piano fait chanter silencieusement le fond des touches. On pense à Yaron Herman. La contrebasse passe de l’ancrage ethnique au Mingusien, au groove, puis la danse reprend à pleine voix.

Angelo commence sur un rythme de batterie original, valse émouvante à l’ancienne où l’on croit le voir danser mélancoliquement avec un certain Ellingtonisme oriental et des ralentis sur les cymbales.

Lethal Athlete est un jeu de mots amusant à l’ère du dopage, sur une batterie plus martiale et une basse groovy. On pense à Brad Mehldau ou Jean Michel Pilc, ou Malcolm Braff pour la touche Africaine autour d’une mélodie amusant.

« The Flying Shepherd » est le thème le plus rapide de l’album, suit l’envol de cet agneau dans le ciel à la Tristano en plus oriental, propulsé par la turbine de la turbine de la batterie et la basse qui groove à une vitesse faramineuse, s’arrête puis reprend avec un côté Monkien

Kalimankou Denkou est la seule reprise de l’album, un traditionnel de Krassimir Kuyrkchiyski, et l’album se termine avec « One for AC » (probablement Avishaï Cohen) plus rythmique et orientalisant, avec une chanson cachée où piano et basse joue l’intériorité d’une kora en impro libre.

Ces compositions de Shai Maestro sont exactement ce qu’on attendrait d’un Jazz Israélien en trio, avec cette touche orientalisante et festive, cette mélancolie parfois.

Shai Maestro se produira à guichets fermés au Cheval Blanc de Schiltigheim le lundi 15 octobre mais vous pourrez entendre cet album demain jeudi 4 octobre à 21 h dans mon émission Jazzology!

Jean Daniel BURKHARDT

lundi, octobre 1 2012

THOMAS SCHOEFFLER JR : Daddy’s Not Going Home

Depuis quelques années, un étrange hillbilly, d’abord imberbe, depuis barbu, hante les bars, places, festivals et tavernes de Strasbourg, leur donnant à s’y méprendre un air d’Etats-Unis tant il joue de la guitare Country, chante et martèle le sol d’une clochette en vrai hillbilly country blues à la Chris Isaak. Pourtant, nul destin unique ne l’a mené des fleuves boueux à l’Ill et au Rhin, car Thomas Schoeffler JR est né ici ! Mais il a si bien intégré les styles et le répertoire de Johnny Cash , Hank Williams ou Bob Dylan et tant d’autres que c’est à s’y méprendre! Et mieux encore, son deuxième album, « Daddy’s Not Going Home », comme le premier, offre hormis deux reprises des compositions originales à la manière de ses idoles ou crée le sien!

Le premier album était acoustique, celui-ci un peu plus électrique, mais toujours en solo. Dès «Day By Day » on retrouve la voix plus aigue partant plus loin sur le bourdonnement progressif d’une guitare électrique s’approchant du riff de « La Grange » piqué à John Lee Hooker et son « Boom Boom » () qui ne leur en voulait pas car « ils font du bon Rock’N’Roll ». La voix se fait de plus en plus aigue après et les riffs reprennent en Rock Métal en cascades jusqu’à la fin. On a presque envie de le remettre tout de suite, s’arrêter à ce premier titre pour en apprécier la progression, le chemin parcouru!

« How Long This Day Wil lt Last” commence plus lent mais retrouve l’harmonica le jeu de guitare skiffle sur un air rappelant le populaire irlandais « Dirty Old Town » écrite par Ewan MacColl en 1949, rendue internationalement populaire par les Spinners, les Dublinershttp://www.dailymotion.com... puis par les Pogues. Cette chanson fut écrite en référence à Salford, ville du Lancashire, en Angleterre, la ville où l’ auteur angry young man Ewan MacColl a été élevé comme mIke Grove, chanteur des Spinners. Lorsqu'il écrivit cette chanson, les autorités locales furent d'abord mécontentes que Salford y soit publiquement surnommée « sale vieille ville » (c'était pourtant un surnom connu de tous les Anglais). À la suite de nombreuses critiques, un passage fut modifié par l'auteur, ainsi la phrase « smelled a Spring on the Salford wind » devint « smelled a spring on the smoky wind ». Puis la guitare se fait de plus en plus picking électrique et proche des prestations des prestations solo de Thomas Schoeffler Jr, dont le talent est de composer des chansons qui nous en rappellent d’autres mais en restant originales. « A Girl In Your Car » (http://www.youtube.com/watch?v=FyOC8XY6i1Q) (Chuck Berry et Little Richard furent arrêtés avec une fille dans leur voiture!) rappelle “God He Knows My Name” du premier album dans le riff et la mélodie de départ et le « It’s all right Ma» de Dylan joué avec The Band puis enregistré sur “Bring It all Back Home” (le premier album un peu électrique de Dylan, après qu’il eût failli se faire lyncher par les folkeux pour avoir électrifié sa guitare!), mais Thomas Schoeffler y met l’énergie du premier Dylan en solo guitare et harmonica (mais chante et en joue mieux que lui) de “Freewheeling Bob Dylan» et la voix dans l’aigu d’un Hillbilly yodelant à la Elvis sur de bons ralentissements de guitare qui magnifient les fins des chansons de cet album.

« Daniel’s Fall » est plus apaisé et Country, rappelle un peu « Buckets Of Rain » de Dylan dans les accords, où il y a plus longtemps le Dylan du drame social « Ballad Of Hollis Brown » (http://www.youtube.com/watch?v=htEaLr08dBY&feature=related), mais avec le côté plus lumineux de la fin (le type se suicide en tuant femme et enfants mais d’autres naissent dans le monde) et l’ouverture à « On Too Many Mornings » (http://www.youtube.com/watch?v=Zjsr7q3F8EU) sur le même « The Times They Are A Changing », avec là encore un bon solo d’harmonica.

« Larry Cheek » revient à l’électrique, cette rappelle un peu dans son tempo la « Suzy Q » des Creedence Clearwater Revival de John Forgety ou la « Maggie’s Farm » de Dylan, mais en solo à la Hugo Race, fondateur des Bad Seeds de Nick Cave, gardant les qualités de l’acoustique, ne laisse pas l’ampli et la distorsion, les effets faire le boulot à sa place mais emporte la chanson dans une nappe sonore slide avec un côté Jimmy Page période Yardirds dans la rythmique adouci par l’harmonica.

« I’ve Lost Everything I Had » le dit avec joie à la Tex Ritter hoquetant et hululant “Rye Whikey” sur les accords indianisants en plus rapide du «2 000 Man » des Stones (sur Satanic Majesties Requests, leur essai d’album psyché à la suite du Sergeant Pepper des Beatles, mais plutôt raté à part « She’s Like A Rainbow »).

Après une intro Country Blues d’une note à la Ry Cooder qui quitta tout de même les Stones après « Sister Morphine » pour apprendre le sitar avec Ravi Shankar, rare ouverture d’esprit aux Etats-Unis) dans Paris Texas de Wim Wenders reprenant « Dark was The Night, Cold Was The Ground » du Bluesman Blind Lemon Jefferson en 1927, « Whatever You Do » est un autre bon Boogie Rock solitaiere poussant vers l’électricité rugissante en gardant l’authenticité du premier album. Il reste le meilleur compositeur de Country Blues Rock local.

L’éponyme « Daddy’s Not Goin’ Home » est une jolie mélodie de rupture (comme “Don’t Think Twice, It’s All Right” de Dylan) avec de beaux échos d’électricité comme venus de loin, peut-être la chanson où l’on voit le plus comme le nouveau Thomas Schoeffler envahit l’ancien d’un écho poussé plus loin. Il y a aussi un côté Wilco (pour moi le meilleur groupe New Country aux Etats-Unis pour « Sky Blue Sky en 2008 mais je ne les ai pas suivis depuis (http://www.youtube.com/watch?v=otz5V3RnG1Q)) avec cette nostalgie qui sied aux films de David Lynch.

« No More My Lord » est une reprise d’un vieux spiritual noir « No More Lawd » enregistré par Allan Lomax, commencé tout d’abord a cappella d’une voix bouleversante puis continué sur un train d’enfer avec guitare et harmonica.

« On The Next Day » est une autre histoire de femme et d’alcool sur une bonne guitare slide avec un bon riff que Thomas Schoeffler Jr sait faire durer en intensité comme un bon bluesman.

« Alone & Forsaken » est une reprise d’Hank Williams (que Thomas Schoeffler Jr connaît mieux que moi, et qui mourut dans un camion d’un mélange d’alcool et de médicaments). Mais Thomas Schoeffler a rajouté au récitatif respecté un riff d’harmonica introductif et repris irrésistible puis l’énergie de la guitare et l’apaisement final.

« There’s No One To Greet Me » est un dernier thème apaisé et solaire acoustique puis électrique à kla Ry Cooder puis chanté avec cet accent irlandais américain qu’il sait bien imiter puis ça part en Boogie Rock !

Et je suis sûr qu’il s’en trouvera pour le féliciter, à commencer par moi et son public nombreux ou ceux qui le découvriront.

Jean Daniel BURKHARDT

mercredi, septembre 26 2012

EDOUARD FERLET: THINK BACH!

Demain dans Jazzology à 21 h je vous présenterai le nouvel album du pianiste Edouard Ferlet « Think Back » à paraître le 1er octobre sur le label Mélisse où il reprend en solo Jean Sébastien Bach en des compositions très originales, très différentes de ce qu'avait pu en faire Jacques Loussier!

Dès « analecta » (morceaux choisis) (d’après le prélude en ré majeur du clavier bien tempéré BW 850), Edouard Ferlet applique au thème une rythmique Jazz contemporaine de piano intérieur rythmique, puis alterne cette rythmique avec une improvisation sur le thème rappelant Glenn Gould, emporte Bach ailleurs et nous le fait entendre différemment.

Partant « à la suite de jean », Edouard Ferlet quitte les suites pour clavier bien tempéré pour la suite pour violoncelle BW 1007. L’interprétation se fige en son milieu, comme à la recherche du thème dans un irisé Debussyste puis le retrouve.

Dans « verso » (d’après le prélude en do mineur du clavier bien tempéré BW 847), edouard Ferlet coiffe par un jeu stride Bach d’un chapeau melon à la Willie Smith The Lion, lui prête une modernité contemporaine à la Schönberg. On pense aussi à un autre pianiste qui mêla Jazz et Bach : Lennie Tristano dans les années 50s. Ecoutons ce Verso, autre côté de Bach.

Edouard Ferlet reste ainsi à la "lisière" du bois du prélude en do mineur pour luth BW 999, Ferlet se rapproche à peine de Bach comme pour ne pas le réveiller, n’en garde qu’une ligne de base sur laquelle il improvise délicatement et tourne autour de lui.

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Aspiré par un « souffle magnétique » (d’après la suite française n° 4 en mi bémol majeur pour clavier BW 815) , Ferlet utilise des effets électro acoustiques des cordes intérieures du piano rappelant un theremin, joue de résonances à la John Cage, approfondit de plus en plus la matière sonore, plonge en Bach, attiré par ce souffle Magnétique et trouve des résonances raclées de guimbarde à la Wang Li où l’obsession mélodique hypnotique d’un Philippe Glass.

L’un des airs les plus connus de Bach, le choral de la cantate Jésus que ma joie demeure BW 147 devient ainsi « Que ma tristesse demeure » et commence en effet tristement à la Bill Evans, puis nous emporte comme Keith Jarrett à Köln ou bach nous eût peut être emporté dans es improvisations, nous ne le saurons jamais!

Le déséquilibre se fait rythmique, d’ailleurs caraîbes, comme ce « lapsus » ( d’après le prélude en ré mineur du clavier bien tempéré BW 851) latinisant Bach en biguine Gasconcubine dirait Bernard Lubat, ou le cubanisant à la Chucho Valdès, emmenant Bach aux colonies sur la caravelle de Christophe Colomb!

Edouard Ferlet prend en "diagonale" la variation goldberg n° 25 BW 988), tourne autour d’elle puis la retrouve...

La dernière « réplique » d’Edouard ferlet de ou à Bach ( à son prélude en ré bémol du clavier bien tempéré BW 848) l’imagine encore après un début en furie rythmique à la Keith Jarrett rencontrant Glenn Gould, puis partant comme un fan de Bach sur les chemins de l’Est et des Balkans qu’il parcourut parfois, et jusqu’en Turquie rencontrer des influences orientalisantes à la Bojan Z.

Bref le jazzman Edouard Ferlet rejoint Jean Sébastien Bach lpar l’improvisation, ouvre son répertoire aux nouvelles techniques pianistiques et le fait voyager en des territoires inouïs. Gageons que JSB qui ne manquait pas d'humourni de folie eût apprécié !

Jean Daniel BURKHARDT

lundi, septembre 17 2012

FRANCK VAILLANT BENZINE : SKITS FOR THE EARS

Avec “Skits for the ears” (skit comme sketches mais musicaux, avec les musiciens, instruments et textures sonores comme personnages), le batteur Franck Vaillant (qu’on a pu entendre avec Lo’Jo pendant des années, plus récemment avec Print et avec son groupe « Magnetic Benzine ») et son nouveau Benzine étend les possibilités de l’improvisation Jazz à l’électronique, mais aussi à des rencontres vivantes avec des musiciens(ne) de Rocking Chair (Airelle Besson), Olivier Py au saxophone (Caroline) Cyril Atef (M, Bumcello, Congopunq), « Magik » Malik Mezzadri (M, Julien Lourau) et aux autres cultures par les musiques traditionnelles (asiatique chinoise avec Guo Gan et sa vièle erhu, orientale avec la palestinienne Kamylia Jubran à la voix et à l’oud), bref tous azimuts grâce à des compositions ouvertes à tous les vents du monde et du futur! Franck Vaillant est sur ce projet à la batterie, batterie électronique, mais aussi composition, programmation et ce qu’il appelle « textures » sonores, rejoint le XXI ème siècle et les possibilités offertes à l’instrumentiste Jazz par les nouvelles technologies comme Max Roach en son temps.

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"J.Z. KO" commence avec la trompettiste Airelle Besson (connue sur le projet Caroline, groupe avec lequel Franck Vaillant a peut-être appris et expérimenté une façon de jouer plus brute et minimaliste, Rock et propice à l'électronique) qui évoque le dernier Miles période Techno Funk Hip Hop, doublée par l’ingénieur du son Philippe Tessier du Cros et le « Choral du 101 ». Franck Vaillant ajoute ou entoure le tout de ses cymbales et beats drum’n’bass dubstep, parfois organiques comme des gravillons foulés ou électroniques comme des dérapages contrôlés mais toujours à l’écoute et en interaction avec ses invités, encadrant la musique plus que s’y arrogeant la première place.

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"Musette" est partagé avec Olivier Py au saxophone (membre de plusieurs groupes improvisés sur Chief Inspector notamment qui a joué avec Franck Vaillant dans le groupe [Caroline de Sarah Murcia)|http://www.youtube.com/watch?v=0pgabMUEFcs] posant son souffle à l’innocence harmonique confondante sur les textures, percussions marimbas et gongs modifiés façon dub du batteur construisant autour de lui la richesse d’un univers sonore mutant, mais aussi des claviers glissants, balinais frappé par les vagues de la modernité. Philippe Tessier Du Cros est encore crédité au saxophone! Le rapport avec la Musette ? Peut être le thème, ou la gibecière jouant l’auberge espagnole aux trésors d’où Franck Vaillant sait tirer ce que l’on ne soupçonnait pas.

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"C’est Cool d’être entre amis" pourrait être la devise, le principe fédérateur du disque. Autour de la vièle erhu de Guo Gan se construit peu à peu une mélodie bouleversante de claviers et même de voix à l’unisson que vient rejoindre Airelle Besson sur la batterie électronique cliquetante. Philippe Tessier Du Cros est encore crédité à la trompette et à la vièle erhu, alors soit il est multi instrumentiste, mais peut-être est ce au titre de traitement sonore du son live au mixage.

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Lors d’un « Vil Interlude », le saxophone se fait souffle pur, sirène de docks, sifflement peuplant les constructions industrielles, textures composées samplées de Franck Vaillant. Une version électronique des scories laissées par Print au hasard improvisé !

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Dans "The Foogoo Way", Cyril Atef (qui avait été pionnier de ce genre de disques avec Julien Lourau en fondant dès 1996 avec Julien Lourau le groupe éphémère Olympic Gramofonoù il rencontra Vincent Sègal, son complice violoncelliste de Bumcello) vocaliste récite d’une voix acide puis murmurée un texte de William Burroughs sur le chemin fugueur rappelant les expériences sur le vif de Camisetas (groupe éphémère composé de Médéric Collignon, Maxime Delpierre, Frédéric Chiffoleau et Jim Black) avec, discret puis de plus en plus présent, Magic Malik Mezzadri de son chant féminin ou enfantin si particulier (comme sur Gambit de Julien Lourau ou le dernier Bumcello "Lychee Queen" avant la séparation) faisant penser aux musiques de films d’Eric Serra pour Le Grand Bleu et autres Luc Besson. Franck Vaillant entoure le tout de l’espace d’un fender rhodes ou tintinnabule cloches et gongs dans la musique des sphères.

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Le temps d’une minute d’escale interlude, Vaillant montre avec "Barel’s from Belize" que même seul il crée et construit un univers de cloches et de gongs, de programmations, de flûtes synthétiques, BO imaginaire ou réminiscence d’un voyage à Bélize (sur la photo du livret il est sur une plage de palmiers dont les différentes latitudes brouillent l’emplacement). C’est peut-être plus beau ainsi avec ce mystère non résolu. Ce qui frappe c’est, pour un rythmicien à la base, la richesse mélodique de ces thèmes qui feraient de bonnes musiques de films.

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Guo Gan revient dans Blink sur un rythme de batterie plus martial et textures inquiétantes. Ce nouvel opus n’est pas seulement, comme le précédent, rencontre du Jazz plus ou moins Rock et de la chanteuse Coréenne Soobin Park, mais plus proche de laz démarche Dub Ethnnique ouverte au monde d’un Jah Wobble.

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Autre solo, "Soleil Gris" frappe et avance sur la terre raclée comme du gravier, un tamis, en un fracas organique aux éclats de cymbales ou de tôle (le soleil,), puis sample une envolée de saxo tournoyant jusqu’au silence résonnant coupant le disque en deux en son milieu.

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Après ce silence surgit "Mlk Mlk" d’un bruit, les cordes d’un oud, la voix profonde la chanteuse Palestinienne Kamilya Jubran. L’oud et le dub se mêlent en un mystère commun, moderne.

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Pour Wha Waltz, Franck Vaillant retrouve Sylvain Cathala, saxophoniste de son groupe de Jazz Print le temps d’un interlude terminé en sonnerie de téléphone absente.

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Taz at Twelve retrouve Airelle Besson et Olivier Py improvisant librement dans un environnement plus électronique du Simmons SDSV, première batterie synthétisée à des samples vocaux tirées de films ou de la radio.

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Pulsvoices fait penser avec ses voix pulsées par la batterie aux expériences de Frédéric Galliano & the African Divas ou celle de Nguyen Lê et Paolo Fresu avec des chœurs de l'Ile De Pâques dans Homescape (lui aussi enregistré avec très peu de moyens à domicile) sur "Mali Iwa".

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Autre voyage cinématographique, Journey from Dangriga ( capitale de Stan Creek au Belize) invitant en écho Airelle Besson et Olivier Py à souffler de concert ou lors d’un concert (on croit entendre le public, comme Ibrahim Maalouf sur son album Diachronism) puis Teissier Du Cros les évapore comme en un rêve, ou Los Mariachis de Mingus dans Tijuana Moods. Là encore, il est émouvant de voir à partir de ces battements volcaniques et beats durs se construire peu à peu une bribe de mélodie et de la suivre jusqu’à la fin.

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Soladit en solo n’est pas si solide ni seule, commence avec suspense et rebondit en micro percussions en claves, mais livre l’un des plus belles et bouleversantes mélodies du disque rappelant un vieux Gospel des années 20s ou Le Train qu’entends siffler Richard Anthony au loin, embellie de cordes synthétiques tissées à la Wax Tailor et d’une flûte solitaire, encouragée de samples vocaux

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Enfin, c’est en dernier lieu que Franck Vaillant, après avoir servi ses guests nous offre enfin Mon préféré de l’album, réinjecte la clavé et les gongs balinais, des percussions liquuides et des balafons et même une guitare et invite Guo Gan et sa vièle erhu dans la richesse de la texture sonore.

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En un mot, Franck Vaillant offre avec ce disque un futur possible au Jazz à la fois individuellement, grâce aux progrès techniques, et collectivement en le partageant avec des musiciens d’ici et d’ailleurs. Un avenir mondial et non globalisé, mutant et futuriste mais naturel.

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Je passerai l'album dans mon émission JAZZOLOGY jeudi 20 septembre à 21 h sur avec une interview téléphonique de Franck Vaillant! Il se produira au Triton (11 Rue Bis Rue Du Coq Français, Les Lilas, près de Paris) en Trio (THIISATRIO) avec Pierre De Bethmann (piano) et Bruno Chevillon (contrebasse)!

Jean Daniel BURKHARDT

mardi, mai 29 2012

PLACE KLEZMER AMERIKA ! Nouvel Album AMERIKA§ Concert Jeudi au Fossé Des Treize !

Place Klezmer est un duo Klezmer fanfare de poche formé par Yves Béraud (alors accordéoniste de Senem Diyici, voix) et Jean Lucas (tromboniste Jazz de La Poche A Sons, GrOOf, Ovale et Bernica Octet et voix). Ils présenteront jeudi 31 MAI au public leur nouvel album «Amerika !» au Fossé Des Treize à 20 h 30 ! Entrée : 8 € (plein tarif) et 5,5 € (tarif réduit : demandeurs d’emploi, moins de 12 ans, cartes d’étudiant…) Nombre de places limité, réservation conseillée au 06 71 65 19 07 ou par mail (placeklezmer@free.fr)

Tout cet album se compose de courtes pièces émouvantes ou comiques comme les stations d’un train Pogonisia Bessarabia Turquie Ciganistan Amerika avec des retours et des détours.

L’album s’ouvre avec « Gasn Nign », un klezmer traditionnel, première course folle et émouvante de l’accordéon sous la mélodie du trombone.

Dans « A Glezele Vayn », autre traditionnel, c’est l’accordéon qui prend la mélodie à la tzigane et le trombone qui improvise, puis ils se partagent l’accordéon les aigues le trombone les basses.

Sur le classique klezmer « Ot Azoy » (C’est comme ça) connu pour les versions longue durée des Epstein Brothers, ici c’est comme pour chaque titre une miniature, un court métrage furtif, mais qui garde, ramassé, l’enthousiasme vocal collectif grâce aux deux instrumentistes donne de la voix.

Plus court encore (moins d’une minute), « Die reize Nuch Amerika » d’Abe Schwartz rappelle l’exode des juifs d’Europe Centrale et de la plus mélancolique « Pogonisia » qui suit et avec eux de leur musique klezmer vers l Amerika éponyme comme les Grecs du film d’Elia Kazan qui engagea la clarinettiste virtuose « Roi Du KLezmer » Naftule Brandwein venu de Pomeranie auteur du suivant « « Gobîte (Nifty’s Freilach ) ».

L’album est aussi fait de retours cycliques ou clins d’oeils des mêmes thèmes. La musique Klezmer a la particularité d’être gaie ET triste à la fois, successivement sur le même titre, ou par alternance comme dans ce retour mélancolique de « Gasn Nign »,en accordéon solo à la mode tzigane de banquet de mariage.

Mais le BalkAmerika Express Russie USA repart pour une « Bessarabian Breakdown » (dépression de l’exilé de Bessarabie au Etats Unis ?)

L’Express Orient de Place Klezmer le suit aussi d’Orient en Asie par la Turquie avec « Ghiouzel Hassap ». Yves Béraud accompagna longtemps la chanteuse turque Senem Diyici, puis repart vers les Tziganes avec « Honga Ciganeska » de Naftule Brandwein. Dans les pogroms, Tziganes et Juifs également exclus ont pu se côtoyer comme dans « Train De Vie ».

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Le second « Reize Nuch Amerika » inaugure une plage de titres plus contemporains utilisant des effets Free Jazz dans l’accordéon rythmique qui semble un soufflet d’ harmonium pakistanais obsessionnel, prolongé par l’intro du souffle rythmique du trombone dans « Mandilakos ». Yves Béraud découvrit le rebetiko grec en 1993 et le pratique avec Maliètés avec qui il joue les musiques de la Mer Egée (en concert vendredi 8 juin à L’Espace Culturel Django Reinhardt) et l’ Electrik Grand Ensemble De La Méditerranée (aux Nuits Européennes en octobre)

Avant qu’on ait eu le temps de se lasser de ces procédés peu conventionnels, Jean Lucas retrouve l’émotion du plein jeu du trombone dans « Dibuk Ser ».

Le duo festif se retrouve pour une « Zeydn’s Tans » de Dave Tarras, clarinettiste rival plus sage de Naftule Brandwein, harangue de ses cris le martial « Der Diduk» de Joseph Chemiavsky et repart sans poser pied à terre pour la Yougoslavie chevaucher comme des enfants les chevaux de bois une «Sirba ( ?) « Sarba Maracinei » de joseph Moskowitz, et termine par un dernier « Reize nuch Amerika », contemporain, Rock où le trombone sous effets semble une guitare électrique Rock à la Krarkauer Klezmer Madness sur un accordéon dub, ou vice versa l’un dans l’autre. Comment font-ils ? A voir sur scène Jeudi !

Bref, Place KLezmer, fanfare de poche itinérante ça joue, ça rit, ça ricane et ça grince en modernisant le genre d’effets inouïs à petites doses et gorgées!

Jean Daniel BURKHARDT

samedi, mai 26 2012

POLAROID 3 : REBIRTH OF JOY NOUVEAU 4 TITRES

Polaroïd 3 sort un clip et 4 titrees « Rebith Of Joy » : 2 chansons du premier album ONE réarrangées pour le trio (Christine Clément voix, Christophe Imbs claviers, Francesco Rees batterie) et deux nouvelles packagées dans une magnifique pochette où un volcan pourpre pleut ou tisse son magma vers les nuages d'un ciel d'aurore citronnée, peut-être eux même tissés par la terre noire dans l'ombre en un cycle éternel, inspirées par les relents d’apocalypse et l’espoir de nouvelle naissance de l’apocalypse programmée.

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La première reprise «You Must Go On » de Christine Clément, est plus inquiétante, oppressante, plus ramassées sans la basse électrique funky Rock de Vincent Posty sur la première version mais dont on commençait à se lasser un peu du gimmick quoique efficace.

Le rôle rythmique est recentré sur les basses des claviers de Christophe Imbs alternant avec une danse liquide plus aigue, des tourbillons New Wave Electro de plus en plus stridents et insectisants jusqu’au climax de la batterie et de la voix pour la au milieu des insectes crieurs jusqu’au final. Elle permet de l’entendre autrement, de mesurer le chemin parcouru et d’éprouver le nouveau son du trio.

Plus calme « The Suburbs Of a Secret », autre reprise bénéfice d’effets lointains acidulés magnifique sur la voix lui donnant un côté plus électro et contemporain, une distance et des nuances inouïes, quelque chose de mouvant et robotique sur la batterie tribale de Francesco Rees. Les seuls effets qu’on connaissait jusque là à Christine Clément étaient ses propres vocalises. Les nappes montantes de vagues wave du clavier sont magnifiques, de l’orgue presque liturgiques au bruitisme sonore de plus en plus cataclysmique!

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Christine Clément a aussi composé deux nouveaux titres : « A World Is Dead » nous fait entendre le nouveau style inédit du groupe : plus new wave et pop, avec une touche d electro, commençant d’une voix plus grave, rauque, à la Blondie puis retrouvant la petite fille de « Cachette » ou un côté Princesse à la Kate Bush ou Yasmine Vegas dans les inflexions puis poussant jusqu’au cri à la Lisa Gerhardt sur la sirène du clavier. L’accélération de la batterie de Francesco Rees est remarquable, et le clavier, l’ambiance générale fait penser à Joy Division ou aux groupes New Wave de Manchester.

« Not Here, Not There », l'autre nouveauté, vaut la peine d’avoir attendu. Après un rythme introductif rappelant un peu « You Must Go On » sur une batterie New Wave Rock entre New Order et Killing Joke, la mélodie du refrain ressemble à « Eyes Without A Face » (http://www.youtube.com/watch?v=z065qOCwuY8) de Billy Idol, avec le charme de la mélancolie féminin en plus, avec quelque chose de Folk Pop dans le début et des claviers aux sons inouïs de l’orgue au Japonisant 80ies ou Balinais, puis le talk over de Christine Clément fait penser à Front 242 en moins violent, rappelle un peu son autre groupe « To Catch A Crab ». Le refrain est une surprise mélodique par rapport à la strophe. D’un point de vue Pop New Wave, c’est peut-être la chanson la plus réussie du groupe jusque là en terme d'énergie et d'émotion mêlées, celle où l’on perçoit le plus à la fois l’ancrage pop wave et la distance prise avec lui pour un traitement plus contemporain!

Jean Daniel BURKHARDT

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